A Jean-Philippe Thoze

 

 

Une ouvrière de Jean-Philippe Thoze

Jardin de Balata –

A Jean-Philippe Thoze.

Tu as coulé des lacs agités de couleurs sur la pente des mornes,

Brossé de vivantes ondulations

Comme autant de vagues pour rejoindre la mer,

Et s’y fondre.

Comme autant de sursauts pour rejoindre le ciel,

Et s’y fondre.

S’y confondre et s’y distinguer.

Tu as creusé le ciel du jardin de tes rêves

Tu travaillais pour le ciel,

Aidais le doigt du créateur à parachever son œuvre.

Tu as porté ici-bas la table de nature, ici-bas la table, l’autel des résurrections.

Que les cyclones s’écartent de ta terre tombale !

A peine expires tu que déjà tu Respires

Tu deviens, par-delà l’au-delà, l’esprit gardien des jardins de ta cathédrale.

La nature exhalera l’encens de ses dévotions vers toi qui l’a tant aimée,

Tant adorée.

Alors que nous pleurons, le chant crépusculaire des hamadryades célèbre par son souffle ta venue.

Elles écarteront les chérubins et leur épée,

Ouvriront pour toi, en grand, les portes d’Eden.

Là-haut, un travail à ta mesure et tes rêves t’attend.

De tes doigts,

Ici-bas, fais couler sur la pente des mornes un peu des essences éternelles

Qui désormais se plient à ta loi.

 

Le Paradis est une œuvre inachevée : pour toi, le travail est éternel.


Etienne Lallement

5 décembre 2017


Internet a réveillé tous les corbeaux de France

P1360616-001

Un « anonyme » protégé par les remparts des réseaux sociaux a lancé des accusations graves à l’encontre de la représentante de l’Etat Français dans les îles de Saint-Martin et Saint-Barth. Il accuse de « désertion face à ses responsabilités, fuite avant l’arrivée du cyclone Irma. ». L’information originelle venait d’un article du journal « Libération » qui précisait que « la Sous-Préfète et son équipe étaient en état de choc ». Qui n’a jamais connu un tel cataclysme ne peut comprendre ce que l’on peut ressentir face à du « jamais vu, jamais affronté ». Nous ne sommes gouvernés, ni encadrés par des surhommes ou des « Superwoman ». Un titre, un grade n’ont jamais immunisé quiconque de la peur, de la maladie, du doute, de moments de faiblesse.

Derrière ce post accusateur sur Facebook, des réactions en chaîne. Quantité de propos orduriers et sexistes accompagnés de désir de voir mourir la fonctionnaire dans des propos non-édulcorés. J’ai voulu retrouvé ce post, mais il a disparu de Facebook. Mais le mal est fait. Le venin se propage. Je comprends la colère des iliens pour qui rien ne va assez vite, mais pas celle des « planqués d’internet » qui tirent depuis leur fauteuil en ne bougeant que les doigts qui frappent leur clavier.

Cette situation dramatique devrait nous solidariser : elle nous divise. Et les politiques ne montrent pas l’exemple ! Le malheur est une valeur spéculative. Les naufragés d’Irma ont besoin de secours et d’assistance tant matériel que psychologique. Mais les « snipers » veillent. Mais les « snipers » tirent à vue.

Vous les « planqués d’internet » quittez vos écrans, allez sur les terrains ! Brillez par vos actes ! Pour l’instant vous ne brillez que de l’incandescence de votre lâcheté. J’écris « incandescence », car votre lâcheté vous brûle et vous consume de l’intérieur. Vous êtes en souffrance, mais il est d’autres remèdes que de faire souffrir les autres ou de souhaiter leur mort.

A lire les déferlantes nauséabondes, je ne peux que constater qu’elles se nourrissent du « conditionnel » : la conjugaison de l’ignorance et du mensonge. Définitivement, je hais le « conditionnel ». Je bénis le ministre qui supprimerait de nos manuels scolaires ce temps ignoble.  Car le « conditionnel » devient vérité quand je veux tuer mon chien. Tuer celui que je désigne comme mon ennemi.

Ne conjuguons qu’à « l’affirmatif », même à « l’accusatif », mais à « l’accusatif avéré ».

Parti ces vomissements de haine, quelqu’un a osé écrire : « C’est un « fake », c’est une fausse information. ». La réponse fût : « Prouve-le ! ».

Le pire du pire : c’est à l’accusé de prouver son innocence et non l’accusateur d’étayer ses propos !!!

Malheureusement les fausses-mauvaises nouvelles sont les plus véloces et les plus rediffusées sur la toile.

Etienne Lallement

Vœux pour 2017…

            Métissons-nous, l’avenir de la France est dans les îles...         p1040319-001

Les îliens, ou mieux les « Archipéliens » chers à Edouard Glissant, ont gardé en eux ce que les Français du « vieux-continent » et les Européens en général, ont jeté un peu trop vite par-dessus bord. Trop vite.

« Le sens du sacré ».

Bien sûr, ce « sacré » reste, ici en Martinique, gorgé de religiosité avec pompes, rites et superstitions. Traditions.

Mais…

La République Française a séparé l’Etat et l’Eglise. Pour les deux parties, cela est très bien. Indispensable. La politique ne peut dicter sa loi au « spirituel », ni aucune « religion » diriger la politique. Par contre, elles doivent réciproquement s’enrichir des valeurs qui sont les fruits de leur réflexion différenciées. Elles doivent de leurs macérations ériger une « éthique », établir les bornes de la « raison ».  A la politique d’établir la loi. Une politique laïque. Vraiment laïque. Une politique de « respect ».

Le Respect doit être la loi première de tout être humain.  Le respect réciproque de l’humain face à l’humain. Le respect de l’humain face à son environnement. Sans « le respect », l’homme court à sa perte.

Mais voilà, pour beaucoup, avoir « jeté » la religion, c’est aussi avoir jeté la spiritualité et limiter, bien souvent, la réflexion au « tangible ». Je consomme, je possède, donc, je suis.

Le respect, lui aussi, a été jeté aux oubliettes et la « peur du gendarme » nous tient lieu de « morale ». La répression est le garde-fou d’une éducation bancale.

Effet pervers.

La nature humaine ayant horreur du vide, nous voyons s’engouffrer dans cette « béantitude », les religions dans ce qu’elles ont de plus extrême. De plus pervers.

Les religions « manipulées » pour répondre à la peur du vide. Les religions se créent pour répondre à ce mal universel : l’angoisse.

La politique manipulée pour répondre à la peur des vides. Les politiques s’inventent pour répondre à ce mal « vieux-continental » : la peur du lendemain.

Perversion des perversions. Religieux et politiques se retrouvent en une même stratégie et un même but : créer l’angoisse et se présenter comme remède à cette peur existentielle. Prendre le pouvoir par la peur.  Le peuple, nourri depuis longtemps de promesses et de « lendemains qui chantent » a perdu la « foi » en quoique – qui que – ce soit. Privé de vision, chacun se saisit de la main tendue qui attise ses instincts, ses secrets les plus pervers, ses peurs : personne n’y échappe. Vous, moi allons vers la solution qui guérit l’émotion. L’émotion étouffe l’« Idéal ». L’émotion à répétition détruit l’éducation qui, elle, bâtit sur le long-terme.

La machine s’est emballée. Désormais, les apprentis-sorciers ne peuvent plus maîtriser leur « création ». Leurs partisans, leurs fidèles veulent du concret, de « l’immédiat ». Le colmatage, au jour le jour, tient lieu de réponses. Qui crie le plus fort, a le plus de poids, obtient gain de cause. Les voix les plus discrètes sont vite étouffées. Et pourtant…

Faudra-t-il qu’un magicien apparaisse demain pour stopper cette ronde folle ? Cette ronde apparemment sans fin ? Faudra-t-il un nouveau « culte » ? La chute de notre civilisation, la table rase de notre « être », est-elle la solution ? La fin d’un monde ? La fin du Monde ?

Alors que faire ?

Toutes les civilisations qui ont disparu portaient en germe les « qualités » dont se nourrissent, en arrière plan, les civilisations existantes qui les ignorent ou veulent les ignorer. C’est-à-dire que des ruines de notre existence, germeront les valeurs à venir. Alors pourquoi ne pas explorer le « présent » ? Il ne suffit pas de s’indigner, de se révolter sur les « réseaux sociaux » comme, naguère, « on » l’a fait souvent au bistrot du coin. Il nous faudra « oser », savoir se révolter, savoir dire « non ». Nous sommes responsables de la situation qui est la nôtre. Nous ne votons plus ou si nous votons c’est pour déléguer à « autrui » la responsabilité de nos incompétences, de nos indifférences. Nous récoltons les fruits de nos semailles ou de nos jachères.

Alors pourquoi « métissons-nous » ?

Nous avons, par-delà les océans, la chance de partager des cultures, des richesses, des « états d’esprit » différents qui nous permettent de partager « ce-que-nous-sommes » et de pouvoir créer ensemble dans le respect de nos différences. Le pouvoir de cette « relation » est immense et nous permettent d’inventer « l’improbable ». Se métisser, ce n’est pas se renier, ni se soumettre. C’est créer du « sang-neuf » d’une union fraternelle de trésors réciproques à préserver. A respecter.

Ce métissage, à terme, sera le lot de l’Humanité tout entière.

Les peuples devront savoir dépasser leurs propres rites, leurs propres traditions sans les renier. Passer du « mien » au « nôtre » et du « nôtre » à l’universel.  Abandonner les sempiternelles « on-a-toujours-fait-comme-ça » pour des « nous-allons-bâtir-ensembles ». Le « Progrès » de l’Humanité est à ce prix.

Ah ! J’oubliais : Heureuse Année ! Bonheur dans nos têtes et dans nos corps ! Notre bonne année et notre bonne santé ne se feront pas sans efforts. Alors, bon courage!

Il est plus important de travailler que d’espérer. Alors,

Osons !

p1030883-004

 

 

Incandescences et harmonies

 

p1030871

Le soleil s’incline vers l’horizon. Le Carbet lui renvoie de toute sa hauteur, un scintillement de verts tropiques.

Certains s’alanguissent encore sur la plage du Coin comblés de caresses éoliennes. Les tables du Petibonum se garnissent peu-à-peu. Les verres se servent gouleyant de rhum, jus de goyave, de bière ou d’eau pétillante. Les soifs s’étanchent. La fraîcheur, toute relative, s’installe.

Le brouhaha du restaurant se tamise lorsque s’élèvent les sonorités des premiers pincements, des premiers frottements, du premier souffle.

Le Quintette Classique de Martinique a osé planter ses notes dans ce lieu improbable habitué aux sonos tonitruantes de véhicules surwattés.  

Mais l’harmonie crée le respect. Quelques insensibles au sacré s’éloignent. Quelques sourds vaquent à leurs « n’importe quoi ». L’atmosphère les soumet bientôt, les uns et les autres, à la sourdine. Une mère éloigne son enfant turbulent. Si peu bruyant. Peut-être, encore, un Mozart qu’on assassine!

Pourquoi ne pas tenter de faire taire la mer qui, dans notre dos, sacs et ressacs,   bouillonne sur le sable gris? Le soleil poursuit sa déclinaison. Il trace un sillon d’argent sur l’onde désormais sombre et vient taquiner le sable gris.

Aujourd’hui, l’oreille l’emporte sur l’œil. Dans une quasi indifférence, l’incendie céleste dégueule sa lave incandescente vers le flot caribéen.

L’attention est ailleurs. De grands classiques s’engouffrent en nos oreilles et réveillent notre mémoire autant collective qu’intime.  Certains fredonnent, certains frissonnent. Émotions

Carl Flesch est annoncé. « C’est qui, celui-là? ». La réponse vient. La musique suit. Haendel, Mozart et d’autres. Le toit de tuiles et de bois fait merveille et nous renvoie un son très digne. Et voilà bientôt Carmen qui danse entre les tables à la poursuite de son toréador. Prenons garde! Mais l’invisible, bientôt, disparaît et d’autres lui succèdent. Le temps est suspendu. Le soleil a plongé. La nuit règne. Quelques notes de Noël signent la révérence du Quintette Classique de Martinique.

Ils ont osé. Ils ont gagné un challenge loin d’être gagné d’avance. Ils ont osé réconcilier la musique et le quotidien. La musique et la vie. Ils ont osé briser les hermétismes.

Bravo!

Etienne LALLEMENT    –    28 novembre 2016

p1030867

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je retournerai à Absalon

p1030817

J’y suis presque par hasard, sans idée préconçue. Je cherche une union avec une nature explosive. Chancelant dans les pas de Marc, usant des racines aux entrelacs rhizomiques glissants et aériens sorties de l’humus détrempé comme autant d’étapes de mes pas incertains, je progresse, je grimpe et dévale parmi les géants. Dix fois je tombe et me relève. mes yeux se lèvent plus qu’ils ne se baissent au détriment de mon équilibre. Je néglige mes pas.

Je ne sais pas que des ombres nous entourent. La folle végétation échappée du chaos primordial, garde en elle, telles des hamadryades, l’esprit de Césaire, l’esprit de Breton, l’esprit de Lam qui, un jour diluvien de 1941, laissèrent leur trace, s’imbibèrent des ombres, des pluies et des lumières de cet Eden ou ne règne la folie que pour le profane aveugle.

J’y retournerai avec quelques lectures dans la tête, quelques livres dans la besace et, pourquoi pas, quelques âmes en réceptivité et amour des ondes sacrées de la sylve caribéenne.

C’est sûr, je retournerai à Absalon.

Etienne Lallement le 22 novembre 2016

Césaire- Lam, Picasso : Poésie et peinture en forêt d’Absalon

Macabou – La Martinique

P1330474

Pour qui sait percevoir, l’ombre des Kalinagos enveloppe, et pour toujours, la terre de Macabou. Éradiqués par l’arme blanche, les amérindiens migrateurs ont su ancrer leurs fantômes face au vent caraïbe.

Le chemin est rugueux. C’est un chemin de croix de fer.  Il mène à la chapelle des gens de mer . C’est un chemin de pierres tombales. Il mène à l’horizon où frissonnent les vagues. Les stations sont autant de sépulcres décharnés où chacun enterre ses amertumes, ses regrets, ses colères ou ses rêves. Ici point de décor, pas de Véronique, ni de Simon de Cyrène.  A chacun d’y apporter une partie ou tout de lui-même pour y revivre ou s’enterrer.

En symbole de la vie qui s’arrête un jour, une montre gît sur la pierre où la croix épouse un rayon de soleil. L’ ombre du crucifié nous alerte de la fuite éperdue des heures. Quelques lumières divines se sont éteintes sous les assauts conjoints des embruns et du vent. Leur cylindre de verre nous rappelle qu’une flamme, il y a peu, se dressait dans un effort ultime pour tenter d’échapper à la mèche, à la cire, au monde des vivants.  Comme pour faire écho aux dalles bétonnées des stations chrétiennes, des tumlus de pierres dressent leur caillasse en équilibre précaire.  Le païen défit-il le chrétien. Le païen s’unit-il au chrétien dans une cérémonie commune, une synergie des fois.

Après avoir gravi le modeste golgotha, nous dévalons. La chemin est malaisé, mais les quelques risques valent la chandelle. Nous plongeons dans la végétation, nous nous écartons des cactus,  évitons les mancenilliers, bientôt un sous-bois de campêches nous recueille et nous protège et s’écarte soudain pour laisser s’arrondir sous le soleil de midi la grande anse Macabou au sable blond. Au loin, des hennissements parcourent la plage, nous rappelant que l’humanité est à deux pas. Les cavaliers disparaissent sous la frondaison. Le silence reprend tout son royaume troublé seulement du clapoti des ondes ondulant sur la plage. Un cimetière de conques. Le calcaire des coquillages désertés craque sous nos pieds. L’ardeur du soleil nous repousse sous les branchages. Quelques centaines de mètres à l’ombre végétale et de nouveau l’aride savane nous prend sur son sentier. Au loin, la petite chapelle ou patenotrent les marins, leurs femmes et leur famille crane sur son tertre écrasé de chaleur. Un honorable crabe, troublé par nos pas dans son sommeil de mi-journée,  s’enfuit dans la verdure grasse.

Chapelle et croix

Égratignent  le ciel.

Les embruns, de la foi,

Élèvent larmes et kyrielles

Vers les agneaux de nuages qui paissent dans l’azur

L’océan est le seul bénitier

Digne

De l’homme de la mer !

 

Etienne Lallement

7 juillet 2016

 

Jardin de Balata – La Martinique

P1280357

La mer, ici, n’est souvent qu’un souvenir diaphane perdue dans les vapeurs océanes ou la brume au long cours. Quelquefois, par chance, depuis les ponts de cordes jetés d’arbre en arbre, nous la devinons rompre son lien d’azur avec le ciel, mais, bientôt, nous la percevons estomper ses nuances comme par pudeur sous la caresse d’un soleil timide. Quelquefois, quelques rares fois, quand l’astre s’embrase, alors elle se libère de ses voiles arachnéens et s’offre alanguie, jamais indécente, au caresses du rivage.

Le coeur de Balata palpite à nos pieds. Les palmes protectrices, accrochées à leur stipes, déclinent leur verdure . Les cascades saguines des flamboyants incendient les parterres monochromes où l’homme s’affaire. Il lui faut, ici, composer sans trahir. Il lui faut, ici, aimer. Il lui faut, ici, communier. Il lui faut, ici, se laisser dominer par l’amante nature et par quelques savantes parades et cours assidues l’amener à s’offrir dans toute sa splendeur.

La nature est inconstante. Son humeur versatile. Chaque jour, le spectacle diffère. Chaque jour, elle souffle chaque fleur comme autant de paraisons.

Inlassablement, l’homme hésite, invente… et la nature crée. L’homme pourrait créer, mais encore il ignore ou veut ignorer sa qualité divine et tâtonne des esquisses au fusain du vivant.

Les parterres chatoient et ondulent sous les baisers du vent.

Les roses de porcelaine s’étirent et s’inclinent. Les Alpinias éclairent notre passage à la flamme pourpre de leurs bractées.

Les Anthurium turgescent épanouissent leur aile lustrée blanche, rose ou rouge dans le sillage des souffles.

Le Russelia s’épanche en pluie de corail, en hémorragie végétale.

Les Oiseaux du paradis tendent et ouvre leur bec pour un concert sans voix, un hymne des couleurs.

La curie des fiers Balisiers tend vers le ciel ses calices d’or ou de pourpre et recueille la rosée du matin ou quelques larmes des sanglots du ciel.

La famille des Bromelias prend ses quartiers d’été, accrochée à quelques souches stériles. Les colibris sont ses hôtes et se désaltèrent en son coeur.

La reine de Malaisie habillée de rubis et couronnée d’or s’incline, humblement, sur notre passage tandis que les éphémères Hibiscus entonnent un hymne au soleil de leur trompette de soie qui décline le spectre de l’or au sang.

Le Bougainvillée nous aguiche par ses couleurs, nous rebute par ses épines, nous console par un feu d’artifices.

Le Jasmin nous captive de l’essence enivrante de ses étoiles terrestres.

Les Nénuphars s’épanouissent au bain tels des nymphes antiques.

La canne d’eau salue notre départ de son mouchoir de dentelle.

 

A l’ombre du Carbet, la lave végétale

Bouillonne

Accouche d’un Eden aux essences vitales.

Ici, Jean-Philippe Thoze

Esquisse et ose

Et brouillonne…

La Vie

 

Etienne Lallement

Le 1 juillet 2016