Chemine-toi, toi-même…

L’œil était dans la tombe et regardait Sylvain. Mais Sylvain refuse la tombe des morts. Sylvain refuse la tombe des vivants: l’inhumation en terre trop connue. Vivre, revivre hors des chantiers battus, rebattus, trop battus, combattus pour des victoires qui ne seraient, qui ne seront que des Verdun. Des Hiroshima. Des mangeoires à souvenirs et nostalgie. Sans bonheur.

Ici, c’est la narration d’une résurrection-en-pérégrinité par la reconstruction « Sur les chemins noirs » d’une diagonale en « Hex-agonie ». A lire, le chemin parait facile. Qui sait écouter ce qu’il lit, découvre un chemin initiatique qui part de la chute imbécile, jusqu’au réveil humble et triomphant, car il s’agit bien d’une victoire. Adam retrouve le chemin d’Eden. Ce mettre en chemin, c’est prendre du recul face à la vie de nos « Temps Modernes » en ayant l’honnêteté de porter à ces temps critiquables et critiqués, le témoignage de la richesse du progrès, d’un certain progrès, et de porter témoignage de la misère des ébranlements fruits de la démesure des ambitions des « Apprentis-sorciers » qui régulent la « Société ». La nôtre.

Sylvain Tesson garde ses distances et gagne la clairvoyance du chemineau-philosophe. Son regard est sans concession et quelque peu désabusé face au « monde ». Peu importe que ce monde qui est le sien, coure à sa perte, sa perte d’identité, Sylvain Tesson a appris à vivre « presque » sans lui pour parcourir le « chemine-toi, toi-même ».

Le bonheur est sur le chemin: merci la vie d’avoir sauvé Sylvain Tesson.

Etienne Lallement – 21 septembre 2019

PS: La lecture en novembre 2011 de « Dans les forêts de Sibérie » de Sylvain Tesson m’avait enthousiasmé.

Problème de Foi…

Notre civilisation occidentale a un problème de foi. De mauvaise-foi. De très mauvaise-foi érigée en art de vivre.

Si nos politiciens brillent dans l’art de la mauvaise-foi, ils ont fait école. Et quelle école !

Embusqués dans les casemates sécurisantes des réseaux sociaux, des milliers, voire des millions de « snipers » tirent à qui mieux-mieux sur leurs semblables, nettoyant le terrain où fleurissent, désormais, les plus sombres extrémismes. Paradoxe. Ils fertilisent le terrain de leurs ennemis. Mais sont-ils réellement ennemis ? La lâcheté des uns fait le terreau des autres. Les uns ont besoin des autres. Les uns et les autres, chaque jour, de plus en plus nombreux, se reproduisent en voulant s’éliminer en d’odieuses copulations barbares.  Ceux qui crient depuis leurs sinistres donjons contre le fanatisme et l’hypocrisie en sont les funestes ferments. Leur ignorance leur tient lieu de culture.

Un antidote parmi d’autres, mais non des moindres, serait de combattre l’ignorance…mais l’éducation se doit de libérer. Mais, qui souhaite la liberté de tous ? Qui souhaite l’éclosion du libre-arbitre ?

D’aucuns croient que la liberté ne libèrera que des démons préjudiciables à leurs propres intérêts.

L’expérience du temps présent prouve que la volonté d’étouffer ne vainc aucun démon. La priorité du « produire-consommer » marque ses limites. Son inhumanité.

Privé de connaissances, privé de savoirs, l’humain a besoin d’un rêve. Mieux, d’un projet. La récompense « post-mortem » a fait son temps, a atteint ses limites. Désormais, les « être-de-pensée » veulent confondre « rêve » et « réalité ». Ils ont, sans doute, raison, mais n’ont pas été préparés à la « réalité » : ils veulent posséder. Ils ne sont, eux-mêmes, que possédés par les objets de leurs désirs. Les prises de conscience, les virages, les (ré)Orientations sont les objets prioritaires de plusieurs générations à venir. Il nous faut assumer, accepter que les humains provoqueront, encore, quelques cataclysmes dont nous ignorons tout : formes et intensités.

Ainsi va l’Histoire à cette différence près que 2,6 milliards d’humains peuplaient la planète l’année de ma naissance. Plus de 7,6 milliards en 2019. Selon la Base de données démographiques de l’ONU, nos petits-enfants pourraient être de 11 à 16 milliards en 2100. Un poids de plus en plus lourd sur l’avenir de la terre. Pourtant, je ne crois pas à un « matricide-suicidaire d’œuvre humaine.

De 1347 à 1352, la Peste Noire fait 34 millions de morts. 30 à 50 % de la population européenne.

La Première Guerre Mondiale fait 18 millions de morts. La grippe espagnole tue 50 millions de personnes.

La Seconde Guerre Mondiale fait périr de 50 à 85 millions d’êtres humains.

L’Humanité a su surmonter ces épreuves. Tous avaient des raisons de désespérer. Notre époque est en plus mauvais état mental et spirituel alors que le contexte « vital » n’a jamais été aussi favorable. Nous ne pouvons pas considérer la Vie à l’échelle temporelle de notre vie personnelle.

Le recul temporel nous permet d’évaluer les progrès de l’Humanité. Bien sûr, des progrès dans les relations humaines sont perfectibles : Liberté, Equité, Fraternité sont encore nos parents pauvres, mais sont de notre responsabilité. Responsabilité modeste, certes, mais responsabilité incontournable, indispensable.

Nous sommes responsables d’un avenir que nous ne connaîtrons pas. Il nous faut semer. D’autres récolteront comme nous récoltons les semailles de ceux qui nous ont précédés.

J’ai confiance.

Etienne Lallement

29 mai 2019

Pour 2019, des Vœux pour traverser le pont des années futures…

« Ce que je raconte, c’est l’histoire des deux prochains siècles. Je décris ce qui viendra, ce qui ne peut manquer de venir : l’avènement du nihilisme. […] Toute notre civilisation se meut depuis longtemps déjà, dans une attente torturante qui croît de lustre en lustre et qui mène à une catastrophe ; inquiète, violente, précipitée, elle est un fleuve qui veut arriver à son terme, elle ne réfléchit plus, elle redoute de réfléchir. ». Voilà ce qu’écrit Friedrich Nietzsche peu avant 1890.  

Notre civilisation sent l’impasse. Sent le déclin. Sent la mort. Notre civilisation n’instruit, ni n’éduque : elle formate. Produire et consommer forment la spirale sans issue de notre monde occidental. Mais…

L’inexorable alternance du temps devrait, sinon nous rassurer, du moins nous avertir, des aléas de l’Histoire, pointer du doigt les séismes précurseurs de la chute de l’empire. Notre empire. L’Histoire et philosophie peinent à respirer. Etouffent, privées d’oxygène et d’attraits pour le « commun des mortels ». Mais…

Nous immolons, dans un même holocauste, Dieu(x) et la raison, sur l’autel de nos envies primaires. Sans cesse, tel Adam et Eve, nous décrochons les fruits de l’arbre de la connaissance, négligeant les fruits du vrai-savoir qui feraient de nous des Êtres-de-Savoir. Des Êtres transcendants. La technique n’est qu’une marche du progrès. Pas une finalité. La technique pour la technique génère l’angoisse, puisque sans fin. L’angoisse fomente le séisme.

Séismes : toute l’Histoire de l’Humanité n’en est que successions… et le Monde continue de vivre. L’autodafé mémoriel est l’héritage pour qui sonne l’alarme. Ces possibles leçons sont brûlées au brasier de l’oubli. Nos trous de mémoire sont un immense trou noir. Malgré cela, au fond du désespoir, l’œil regarde la horde des Caïn qui pour le fuir se divertissent, se gavent de chimères en guise de consolation des angoisses métaphysiques. Mais..

« Je ne pense pas donc j’existe. ». Mais…

L’animal, toujours à l’affût, surgit de l’Homme. L’animalité irraisonnée crée, dans un sursaut de colère et de désespoir, le séisme. Le séisme anarchique dépassé, car lui aussi « impasse », accouche du totalitarisme. Le totalitarisme change l’anarchiste en soldat docile. 1789 accouche de Napoléon…

Voilà, direz-vous, un triste tableau pour des vœux ? Mais le tableau n’est que la projection des illusions. De l’Illusion !

Nous sous-estimons les forces sismiques humaines. Elles peuvent, elles ont bien souvent, au fil des siècles, généré des cataclysmes. L’Être-Humain, peu-à-peu, transforme ces forces indomptées en énergies nouvelles, efficaces. Il est des champs à explorer où des forces, actuellement anarchiques, pourront muter, lentement, en énergies transcendantes : « Ordo ab chaos ».

Faire que l’essence, la Quinte-Essence (?), vienne épouser la substance de l’étant…  

Alors se déchirera le voile des illusions…de l’Illusion. ἀλήθεια !

Acceptons les aléas de la vie, mais sans nous y abandonner car nous devons participer à l’évolution, à la révolution sans même être convaincu, ni de nos capacités, ni de notre bon-droit, ni de nos droits, mais convaincu que cela est notre Devoir. Comme l’écrivait le poète germanique, Friedrich Hölderlin :

« Là où croît le péril,

Croît aussi ce qui sauve. »

Nous pouvons douter de tout, sauf de la marche sur laquelle nous prenons appui pour douter de tout. Faisons de 2019 un pont à bâtir, un tremplin qu’il faudra bientôt quitter.

Etienne Lallement – 26 décembre 2018

Friedrich Nietzsche : https://www.editions-ellipses.fr/PDF/9782729871529_extrait.pdf

Friedrich Hölderlin (1770-1843) https://fr.wikipedia.org/wiki/Friedrich_H%C3%B6lderlin

11 novembre…

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Aujourd’hui 11 novembre…

Aujourd’hui 11 novembre 2018, je ne célèbre, ni ne chante l’Armistice.

Encore moins une victoire.

Aujourd’hui, je pleure cette part de l’humain qui fait de lui, de nous, de moi des assassins en puissance. Il suffit que l’un dise à l’autre « tue ! » pour que l’autre, que nous, que moi devenions des assassins. Si je n’y prends garde, cet assassin, ce sera moi. Si je me rebelle, je deviendrai, sur ordre, le traître, fustigé, honni par un cheptel conditionné qui deviendra mon bourreau. Pour l’exemple.

11 novembre 1918. Une illusion de paix. Pas la Paix. Armistice n’est que suspension des hostilités.

11 novembre 1918. Celle qui se fait appeler « Humanité » enterre une seule et petite tête de l’hydre.

Elle l’enterre avec ses racines.

Depuis, la guerre est plus que l’affaire de quatre années. Elle s’éternise. Elle se déplace. Elle rampe. Elle explose. Elle ravage. Nulle parcelle de terre n’est à l’abri de la folie guerrière. Celle qui se fait appeler « Humanité » pille et détruit. Se fait complice, donc coupable. La violence revient vers des champs qui se croit désormais épargnés parce qu’il ont, un jours, connu l’horreur et l’honneur, vers des champs funèbres devenus des terres fertiles pour l’ivraie, des terreaux de la haine et de l’asservissement. Dans une presque indifférence qui n’est qu’impuissance.

Elle revient car nous portons en nous une part de cruauté qui résonne et s’éveille au son des clairons. Clairons qui légalise le meurtre. Clairons qui autorise la cruauté. Clairons qui glorifie la mort. Clairons qui réveille en chacun de nous notre part d’ombre, notre part d’enfer.  L’humain n’est qu’une part de l’Être. L’Être est abîme. Un néant où s’engouffrent, aspirés, l’humain et l’inhumain qui se fondent et se confondent.

Le vainqueur érige sa volonté en loi. Le puissant impose sa volonté en « Vérité ».

Vainqueurs et vaincus sont guidés par la peur. L’angoisse mène le monde. L’ignorance est « matrice » de l’angoisse. Le vainqueur impose au vaincu l’ignorance. Le vainqueur ne veut pas connaître, ne rien connaître que sa loi…

L’inconnaissance rassure. L’inconnaissance conforte. L’inconnaissance soumet.

Les vérités, pas plus que « La Vérité », ne sont des dictas, mais une révélation. Une révélation n’est ni un enseignement, ni un conditionnement, mais le lent mûrissement d’un travail personnel. Plus les humains se regroupent, plus ils s’agglomèrent pour ne pas avoir à penser. Plus ils deviennent inhumains, asservis. Ils s’asservissent croyant se libérer. Ils s’asservissent pour gagner du temps. Temps qu’ils s’ingénieront à perdre pour se libérer de l’essentiel. Nous nous asservissons à la distraction, au futile, au dérisoire.

Il nous appartient de choisir entre les plats préparés des faiseurs de « prêt-à-penser » ou prendre le temps de cultiver et cuisiner notre Être avec des condiments que nous aurons choisis sur le marché de l’existence. Comment apprendre à choisir ?

Nous devons cesser de nous unir « pour-ne-pas-penser » ou penser comme la masse. Nous devons cesser de nous unir pour diluer, nier nos responsabilités. Éternel combat du droit et du devoir ou le devoir est souvent vaincu et le droit vainqueur. Revendications !

Démocratie. Illusion de pouvoir. Nous élisons des « chefs »…Des chefs ? Tous le croient. Illusions de l’autorité. Ces chefs ne sont que boucs émissaires, bêtes de somme, taureaux d’holocauste…

La démocratie permet à la masse électrice de désigner pour des raisons inconnues, obscures ou inavouables, dans la douleur ou la joie artificielle d’un soir, permet de désigner des ânes bâtés de ses propres incompétences et incuries. A tout-va et tout propos, la masse bat les flancs de la monture en omettant de battre sa propre coulpe. A une demande de masse, tout un chacun exige une réponse individuelle. Mission impossible.

Ainsi va le monde. Ainsi va notre « petit-monde » qui eût à choisir entre la dictature d’un chef, voire d’un tyran-et-sa-cour et l’illusion de la dictature du prolétariat. Les unes ou les autres ne sont que dictatures. Toutes sont fragiles. Toutes génèrent de l’angoisse. L’angoisse, la violence.

N’y aurait-il de débouchées que violentes ? La violence doit-elle répondre à la violence ? Les révolutions ont démontré qu’elles débouchaient sur d’autres dictatures.

L’angoisse mène le monde. L’ignorance l’asservit.

Pour être Libre, l’Être Humain doit connaître et savoir.

L’Être Humain ne peut se sauver qu’individuellement. Pour se sauver individuellement, l’Être Humain doit être libre ou en voie de libération.

Pour être Libre, l’Etre Humain doit connaître et savoir.

Seul, le bien a besoin d’être défendu par la force. Force, mais non-violence. L’Être Humain se défend, se défendra par la mise sur la voie et la liberté de connaître ce qui il est dans son individualité. Non pas l’image de lui que d’aucun lui impose, mais celle qu’il n’aura de cesse de chercher en lui plutôt que de courir des chimères rassurantes…éphémères.

Que le voile se déchire: Aléthéia

Etienne Lallement – 11 novembre 2018

https://sydrach357.com/2013/08/12/france-inde-naguere/

Sa vie fut belle

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Je ne l’aurai pas acheté. Il m’a été offert. J’y ai puisé un plaisir certain. L’auteur « mondain » et parfois « demi-mondain » sacrifiait au culte de la culture jusque l’excès.      Jean d’Ormesson agace certains – et même beaucoup – sans doute par une primesautière aisance verbale gavée de connaissances. Jean d’Ormesson ne sait pas. Il connaît. Il pousse à l’extrême sa feinte fausse modestie qui humilie ceux qui babillent un « cultirissime » savoir, mais excite son complice, le folliculaire en panne de paillettes. Il aime ça, le bougre ! Tendre humour vache !

Jean a fait du « d’Ormesson » toute sa vie, sans le savoir, sauf, peut-être, les dernières années où il « sur-jouait » son rôle. Pour les attardés de la télé-réalité – triste réalité – et les académiciens ou savants « cultivés », parmi ceux qui connaissent – les plus nombreux – et ceux qui savent – les plus humbles – les feux des médias incendient plus qu’ils n’éclairent.

Presque 400 pages d’introduction historique pour, enfin, attaquer le vif du sujet : « …du destin des hommes, de leurs passions, de leur éternel désir, de leurs folies et des règles qu’ils s’imposent pour tenter de vivre ensemble». (page 384)

Pour narrer l’histoire de sa propre vie et introduire « la Vie » il égrène 1 198 noms d’illustres ou discrets personnages qui l’ont marqué au cœur et à l’esprit. Il égrène 467 lieux qu’il fréquenta par la vie, par l’étude, par le rêve. Il porte témoignages pour celles et ceux qui forgèrent ce qu’il est devenu. Il se reconnait « des maîtres » et leur rend hommage : les Hommes les plus illustres sont les fruits de découvreurs. D’Initiateurs. C’est un témoignage d’Histoire vécue sur la scène, côté cours, côté jardin, ou sous les feux de la rampe. Acteur, il fût. Visions non objectives sans doute mais re-visionnées, dans cette dernière révérence, par le petit bout de la lorgnette. Attention, les chapitres sont longs et difficiles à scinder. Tout en lisant. Il faut au lecteur savoir suspendre sa lecture sinon la lassitude ou, pire, la somnolence le guette.

Un juge « sur-moi » bricolé renvoie Jean face à Jean. Monsieur se flagelle, fier de son humilité et de son humble outrecuidance envers lui-même comme envers les autres. Mais, je reste persuadé que l’homme « d’Ormesson » est honnête. Il se pique de tout et de rien – ou presque – et « c’est là son moindre défaut ».

Etienne Lallement [6 juillet 2018]

« Je dirai malgré tout que cette vie fût belle »         496 pages, 140 x 205 mm

Collection Blanche, Gallimard
Parution : 01-01-2016

Genre : Mémoires et autobiographies Catégorie > Sous-catégorie : Littérature française > Mémoires et autobiographies
Époque : XXe-XXIe siècle
ISBN : 9782070178292 – Gencode : 9782070178292 – Code distributeur : A17829

Sans gloire…et pourtant…

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Ceux-là ne sont pas ceux-ci : ni Hallyday, ni d’Ormesson, ni Depardieu, ni Macron, ni Trump, ni Miss France ou Monde, ni Mélanchon, ni Lepen père, fille ou nièce, ni même François pape, ni Finkielkraut, ni Ricard, Ni Lenoir… Ils ne sont ni, ni, ni, ni…*

Mais ils sont !

Ceux-là sont parmi nous… et nous ne les connaissons pas, ces petits, ces sans-grades, ces sans-couverture-médiatique, qui œuvrent dans le silence, la discrétion. L’humilité.

Terriblement efficaces !

Pour ceux-ci, les vedettes, les idoles, les « unes », nous élevons, des temples, des autels, des tabernacles. Gare à l’idole qui redescend sur terre !  Il ne nous est permis de les adorer que du parvis des « gentils ». Il nous faut porter notre écot à la construction des mythes : pour pouvoir rêver, il faut savoir, pouvoir payer. Sacrifices. Il nous faut des rêves et des boucs-émissaires pour oublier nos propres incompétences souvent supposées et transférer le poids de nos propres peurs. Pour assouvir nos colères, filles de notre impuissance.

Ceux-là rêvent aussi. Cela connaissent aussi la peur. Mais, chez eux, pas de paralysie.

De l’action !

Heureusement ceux-là sont nombreux. Insuffisants, mais nombreux. Et l’espoir vient de ce nombre et de leurs convictions.

Ils œuvrent dans le silence, car c’est dans leur nature. Ils œuvrent dans la discrétion pour ne pas déranger les aveugles-voyants qui ne veulent pas voir. Ceux qui ont mille autres choses à faire… « enfin, on ne peut quand même pas porter toute la misère du monde ! », « mais que fait le gouvernement, j’ai voté pour que ces problèmes soient résolus », « mais que fait le dieu que je prie tous les jours pour le monde qu’il a créé ? »…

« Je râle donc j’existe. Être spectateur-détracteur est ma manière de vivre. ».

Inaction !

« Bla, bla, bla… » et à force de discours, toujours plus de discours, le monde s’enferre, s’englue dans le mensonge, l’hypocrisie, l’ignorance, le fanatisme et la paupérisation.

Pour ceux-là, pas de ségrégation, ni d’ostracisme, ni de rancunes, ni, ni, ni…

Mais ils sont. Efficaces pour tous !

Ils agissent pour les autres, pour eux. Et pour ceux qui ne font rien, ou si peu, que des actes insignifiants mais « déculpabilisant » pour les spectateurs de la vie.

Ceux-là méritent notre respect et notre considération. Pas notre condescendance. Pas notre récupération et notre utilisation de leurs actes en parures démagogico-médiatiques.

Ils veilleront, travailleront le jour, la nuit de Noël, la nuit du Réveillon, tous les jours fériés et par eux nos journées et nos nuits seront plus sûres. Plus belles.

« Les anges d’aujourd’hui sont ceux qui s’intéressent aux autres avant de s’intéresser à eux-mêmes. »

Etienne Lallement –

Réflexion en flânant parmi les stands lors d’une course pour la sensibilisation aux problèmes causés par la maladie d’Alzheimer dans la commune du Robert, île de La Martinique. Si je me suis arrêté, entre-autres, au stand des « Ailes des Anges », mon analyse ne s’arrête pas aux seules associations présentes ce soir-là, mais à toutes celles dont la vocation est « le service désintéressé aux autres ».
  • Le choix de noms est sans parti-pris, piochés sur les couvertures des revues, livres et journaux jonchant ma table de salon.

Liens:

Les Ailes des Anges

France Alzheimer

Internet a réveillé tous les corbeaux de France

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Un « anonyme » protégé par les remparts des réseaux sociaux a lancé des accusations graves à l’encontre de la représentante de l’Etat Français dans les îles de Saint-Martin et Saint-Barth. Il accuse de « désertion face à ses responsabilités, fuite avant l’arrivée du cyclone Irma. ». L’information originelle venait d’un article du journal « Libération » qui précisait que « la Sous-Préfète et son équipe étaient en état de choc ». Qui n’a jamais connu un tel cataclysme ne peut comprendre ce que l’on peut ressentir face à du « jamais vu, jamais affronté ». Nous ne sommes gouvernés, ni encadrés par des surhommes ou des « Superwoman ». Un titre, un grade n’ont jamais immunisé quiconque de la peur, de la maladie, du doute, de moments de faiblesse.

Derrière ce post accusateur sur Facebook, des réactions en chaîne. Quantité de propos orduriers et sexistes accompagnés de désir de voir mourir la fonctionnaire dans des propos non-édulcorés. J’ai voulu retrouvé ce post, mais il a disparu de Facebook. Mais le mal est fait. Le venin se propage. Je comprends la colère des iliens pour qui rien ne va assez vite, mais pas celle des « planqués d’internet » qui tirent depuis leur fauteuil en ne bougeant que les doigts qui frappent leur clavier.

Cette situation dramatique devrait nous solidariser : elle nous divise. Et les politiques ne montrent pas l’exemple ! Le malheur est une valeur spéculative. Les naufragés d’Irma ont besoin de secours et d’assistance tant matériel que psychologique. Mais les « snipers » veillent. Mais les « snipers » tirent à vue.

Vous les « planqués d’internet » quittez vos écrans, allez sur les terrains ! Brillez par vos actes ! Pour l’instant vous ne brillez que de l’incandescence de votre lâcheté. J’écris « incandescence », car votre lâcheté vous brûle et vous consume de l’intérieur. Vous êtes en souffrance, mais il est d’autres remèdes que de faire souffrir les autres ou de souhaiter leur mort.

A lire les déferlantes nauséabondes, je ne peux que constater qu’elles se nourrissent du « conditionnel » : la conjugaison de l’ignorance et du mensonge. Définitivement, je hais le « conditionnel ». Je bénis le ministre qui supprimerait de nos manuels scolaires ce temps ignoble.  Car le « conditionnel » devient vérité quand je veux tuer mon chien. Tuer celui que je désigne comme mon ennemi.

Ne conjuguons qu’à « l’affirmatif », même à « l’accusatif », mais à « l’accusatif avéré ».

Parti ces vomissements de haine, quelqu’un a osé écrire : « C’est un « fake », c’est une fausse information. ». La réponse fût : « Prouve-le ! ».

Le pire du pire : c’est à l’accusé de prouver son innocence et non l’accusateur d’étayer ses propos !!!

Malheureusement les fausses-mauvaises nouvelles sont les plus véloces et les plus rediffusées sur la toile.

Etienne Lallement