Nerfs de la guerre! Nerfs de la Paix

Les commémorations du même évènement peuvent prendre des aspects bien différents. Ce 11 novembre 2022 en est tout un symbole. Revenant de la cérémonie organisée par la commune de Calonne-Ricouart, j’ai assisté à l’essentiel de la cérémonie de la ville de Bruay-la-Buissière.

Le contraste est saisissant! Bruay-la-Buissière – 21 000 habitants, Calonne-Ricouart – 6 000 habitants sont aux antipodes « cérémoniels ».

A Calonne-Ricouart, les enfants sont au centre de l’évènement. Hormis le maire, ils sont « la parole » de l’évènement: discours, pages de mémoire, création de textes, poésie… Les jeunes de tout âge sont « devant ». En première ligne! Les adultes, parents, enseignants musiciens, politiques sont en retrait dans un cercle protecteur et admirateur. Les jeunes se sont appropriés la cérémonie: ils sont « la cérémonie ».

Plus tard, j’arrive à Labuissière où se déroulait la même cérémonie pour le même « office républicain » de mémoire. Sur le chemin, je croise de nombreux parents et enfants. La cérémonie était-elle achevée? Non et de loin! Je comprend vite. En tentant de m’approcher du « monument au morts », centre de l’évènement, je tente, mais n’arrive pas à me faufiler. Si les participants sont peu nombreux, leur rassemblement est compact. Impénétrable. Qu’importe! Je contourne l’église. Ici, beaucoup moins de monde mais la cérémonie est presque invisible: nous sommes « derrière ». Derrière le monument, l’harmonie de Labuissière. Derrière encore, un groupe d’élèves « dissipés » avec un professeur. La jeunesse est reléguée « en fond de cour ». Leur impatience et leur ennui sont compréhensibles. Il ne sont pas incorporés et participatifs. A cet endroit, les discours ne parviennent pas. La sono est malingre et tournée vers le mur des « officiels » qui consolide l’ouvrage en première ligne sur l’autre front.

L’équipe du maire de Bruay-la-Buissière, Ludovic Pajeot nous avait habitué à plus d’innovation dans sa communication. Ainsi, sont ressorties les vieille méthodes qui ont participé à plomber « l’ancien régime »…

Si l’argent est le nerf de la guerre, la communication doit être le nerf de la paix.

Nos enfants seront les nerfs des guerres futures. Nos enfants seront les nerfs de la Paix espérée. Nulle pédagogie ne prend racines sans volonté de l’enfant, sans participation de l’enfant. Sans prise de conscience.

Etienne Lallement 13 novembre 2022

« Plus jamais ça! »

Plus jamais ça! L’horreur devait guérir l’occident des velléités de la guerre. De toutes guerres! Et pourtant!

La folie meurtrière est-elle une gravure génétique dans le génome humain?

Comment des « milliers » peuvent s’immoler sur l’autel des sacrifices au profit de quelques-uns! L’idée de mourir pour des idées est-elle le fruit d’une éducation? pire d’un endoctrinement? Ne meurt-on que pour choisir une servitude que nous appelons abusivement « Liberté »?

Nous n’avons qu’une liberté, c’est celle de choisir nos chaînes.

Les enfants de nos enfants ne s’ouvriront à un nouveau principe de liberté qu’aux mamelles du respect mutuel de tous envers tous. La condition est de mettre déjà en eux une soif de liberté emprunte d’égalité et de fraternité. D’équité!

En ce 11 novembre 2022, il nous semble percevoir un frémissement dans ce sens dans les commémorations de l’Armistice 1918. Les adultes se mobilisent, les enseignants se motivent et motivent, les jeunes adhèrent et participent: c’est de bonne augure.

Mais de longs et pénibles efforts sont encore nécessaires.

La guerre est en Europe! La frontière ukrainienne est à 1 800 km de Calonne-Ricouart ! 2 heures d’avion!

Dans l’esprit de l’Homme du 21ème siècle et à fortiori dans celui de nos enfants, le « patriotisme » n’a plus beaucoup de signification. Alors? Mourir pour la Patrie n’a pas de sens!

Qui se culpabilise quand il achète le dernier « machin à la mode »? Peu importe si la production « à l’étranger » est le fruit de l’exploitation de l’homme par l’homme! De l’enfant par l’homme!

J’étais à Calonne-Ricouart en ce 11 novembre et j’ai pu percevoir dans les paroles d’enfants, dans les propos du maire, ce frémissement qui donne espoir. Il reste, désormais, à mobiliser.

A défaut d’éthique, l’être humain a forgé des morales! Les morales nous donnent des lois. L’éthique nous donne du coeur.

Etienne Lallement 12 novembre 2022

De ces livres qui nous font du bien…02

De la Banque-de-France peut-il émerger une fable initiatique, une onction philosophique, une immolation libératrice? Purificatrice?

L’œuvre de Yannick Haenel dégangue.

412 pages libératrices de préjugés.

Banquier as-tu du coeur? Mieux! Notre banquier peut être un poète! Pire: un philosophe! Non de ceux qui débitent les citations comme ils respirent, mais de ceux qui vivent de leurs propres pensées. De leurs rêves. De leurs utopies. Charger un « jeune diplômé » des dossiers de surendettement dans le béthunois était une gageure, un défis, une façon de se libérer d’une « patate brûlante » dont personne ne veut.

Mais, ici, une seule étincelle met le feu aux poudres de la conscience prédisposée. Mais, n’est-ce qu’un roman?

Pourquoi planter le décor à Béthune? L’auteur avait été sollicité pour participer à une « mise-en-œuvres » au sein des anciens bureaux de la Banque-de-France devenus lieu de culture: « Lab-Labanque », église désacralisée de l’argent-dieu.

De ce façonnage, de cette arrivée dans la gare dont les abords « avait l’allure d’une ville fantôme », dans « ce pays de pauvres », allait se libérer « un livre ». L’auteur écrit lui-même dès les premières pages: « En toute occasion, j’attends ce trouble qui déclenche les romans. ». « Troubles », il y eu. De cette première impression, venant crever le rempart des préjugés, viennent s’immiscer et prendre une place majeure « les Compagnons d’Emmaüs » et surtout les « Charitables ».

La Charité peut-elle être une vertu cardinale des prêtres de l’argent-divin immolant, juste ce qu’il faut, « le pauvre », surtout surendetté? Le pauvre sans dette est une calamité pour le secteur bancaire. Le pouvoir sur autrui vient de ce qu’il doit.

Ce livre concentre pensées philosophiques, sociales, psychologiques, passionnelles, charnelles, économiques, politiques… avec juste un zest d’érotisme.

Un dosage subtile qui m’a passionné, moi qui ne lit jamais de roman à moins qu’un ami me l’offre!

Merci Marco!

Yannick Harnel : « Le Trésorier-payeur » collection « Infini » chez Gallimard

Postface:

Ce livre m’a donc été offert par mon ami Marco après qu’il eut écouté l’émission de France-Inter et les échanges de l’auteur Yannick Haenel avec l’animatrice Laure Adler. Heureusement, je n’avais pas écouté l’émission avant la lecture. Cela aurait bridé mon intellect et limité mon imagination. Si vous avez décidé de lire le livre, n’écoutez pas. Si vous hésitez de lire, alors écoutez à vos risques et périls.

L’Heure Bleue – France-Inter – Laure Adler – Yannick Haenel

Que les gens heureux se lèvent et proclament leur bonheur à la face du monde!

Echos aux vœux pour 2022 émanant de Jacques, Jean-Marie, Patrick, Françoise, Hélène, Bernard, Eliane, Marie-Hélène, Stephan, Lisette, Mireille, Annie, Guillaume, Jean-Claude, Dominique et tous les autres… Gylna portait l’ultime estocade votive dans les dernières heures de janvier. Je ne retiens les prénoms que des derniers messages arrivés, de ceux qui déployaient quelques lignes. Le plus prolifique des quelques trois-cent-cinquante correspondants, nous gratifiait de deux pages! Vous comprendrez qu’il m’est impossible de répondre à tous individuellement.

En fait, il faut dire que ,de plus en plus, les messages se limitent à des animations sur les réseaux sociaux aussi chatoyantes qu’exubérantes en explosions pétaradantes. Nous avons même reçu le même feux d’artifice vingt sept fois! Record de ce début d’année! Par contre, nous n’avons reçu qu’une seule fois un feu d’artifice sous forme d’éclosions accélérées de fleurs. Merci Annie.

« Artifices » serait-il le mot le plus caractérisant de notre civilisation en 2022?

Par habitude, pudeur, discrétion, par peur même, chacun d’entre vous utilise le support de son choix, Messenger, WhatsApp, mail ou téléphone avec ou sans vidéo délaissant l’espace dévolu sur le blog. Rien de ce genre dans la boite aux lettres désespérément vide au portail de la maison. Mais que deviennent les éditeurs de cartes-postales et nos amis les facteurs en cette période d’intenses échanges? Sont-ce des victimes collatérales de plus d’un progrès galopant?

La verve épistolaire déployée me confirme une fâcheuse tendance à la « déprime« . « Déprime » amorcé depuis quelques années et toujours en accélération. En macération! Force est de constater que notre époque se complait de « copier/coller », noyant trop souvent la pensée individuelle en un marécage glauque générateur de remugles indifférenciés. A respirer ces effluves, la tête me tourne. Le nauséeux étouffe la fragrance. Mais soyons conscient qu’un seul fruit pourri rend insupportable le panier tout entier. Dix fruits sains ne sauveront pas la réputation du même panier.

Le nœud du drame est là. Le bonheur est moins contagieux, moins évident, moins communiquant que le malheur et la haine?

Et pourquoi donc?

Dans la course effrénée de la vie, les « optimistes » sont l’essentiel du « peloton » de nos correspondants. En toute discrétion. En trop de discrétion. Par gêne? Par peur? Mais la question doit se poser: optimisme sincère ou optimisme « forcés »?  Émile Coué de la Châtaigneraie a toujours des adeptes!

Si ma propre missive initiale a pu paraître « pessimiste« , mon alerte se limite à l’état d’esprit de mes contemporains et non à la vie. La vie est la vie. La vie est vie. Depuis la nuit des temps, sans faillir!

D’Auvergne, sous la plume d’un Jacques et de sa muse Maryvonne, mes propos sont qualifiés de « jouissifs » et de « parler vrai« . « Jouissifs » flatte mon ego. « Parler vrai » m’interpelle. Un autre Jacques me remercie d' »écrire tout haut ce que nous sommes nombreux à penser confusément, sans savoir le formuler, ou plutôt sans vouloir le clamer avec honnêteté aussi clairement. ».

Pour vivre heureux, faut-il vivre caché? L’être heureux n’a-t-il pas le droit de témoigner de son bonheur, de rayonner? La peur de perdre « notre petit bonheur » nous fait-elle nous ceindre de sombres remparts? La crainte de l’autre ou la volonté de l’ignorer ne nous transforment-t-elles pas en tortues promptes à se caparaçonner? Lenteur et prudence du timoré font de lui le gibier de prédilection du prédateur.

Paradoxe supplémentaire, s’il en fallait, le bonheur rend parfois honteux celui qui le possède.

Jean-Marie se sent tel un « être pestiféré dans sa retraite [qui] observe avec une épouvantable lucidité ce qui se passe dans mon cher pays. La rancœur qui suinte de tout côté […] . Un monde complètement dingue, anthologie de la maladie mentale […] Je ne désespère malgré tout pas de l’Homme. ».

Ces derniers propos peuvent résumer l’amplitude de l’ensemble de vos messages. J’y reviendrai en conclusion.

« Souffre que je ne réponde pas pareillement. Je vous embrasse « fraternellement » et ce mot résonne chez moi car il émane d’un lieu où l’écho est infini.« … […] « Que cela ne nous empêche pas d’espérer. »

« Ne réponde pas pareillement« !. Bien heureusement! Il appartient à chacun de s’exprimer selon sa personnalité. Fi de plagier le correspondant ou de copier une forme épistolaire qui nous est étrangère. Dans toute correspondance, soyons « nous-même ». La volubilité n’est pas toujours signe de « qualité » d’écriture ni, surtout même, signe de « sincérité ». Dans les échanges, la sincérité prime surtout. Sur tout! Trois lignes peuvent l’emporter sur trente page. (Laissez ici l’ignoble que je suis battre sa « coulpe » sans rougir). Le mot « fraternité » me réjouit venant « d’un ami fidèle ». L’efficience de ce mot ou plutôt de la réalité qu’il est censée représenter possède la capacité de changer la face du monde. Mais… notre époque le voit s’atrophier comme « peau de chagrin » chez les « Cassandres ». Les beuglements démago-politiques de tout bord semblent vouloir sa perte alors même qu’ils en revendiquent les valeurs! Hypocrisie! « Narcisse et Ego » sont le couple infernal de notre époque hypermédiatisée. Même les hérauts de la « fraternité sacralisée » dont nous sommes sont gangrénés. « Alerte! On ENTRE en profane…« 

Plus optimiste, l’une d’entre-vous, perçois « des signes de partage, amour, amitié, lumière, espérance« . Tout n’est donc pas perdu si nous sommes capables de « percevoir » des qualités universelles qui ne pourront vivre, survivre que si nous les portons comme des réalités de vie. De nos vies!

Un couple de nos amis nous souhaite « Une santé en inox!« . Toute expression de la vie, philosophique, mentale, sentimentale, professionnelles ou religieuse ne peut s’épanouir qu’adossée à la « bonne santé »! L’équilibre philosophique, mental, sentimental, professionnel ou religieux doit concourir au « capital santé » et à la vitalité qui permettra de faire face à la maladie. Cette « quête d’équilibre » doit être une priorité de l’éducation.

D’autres envois sont plus concis, mais tout aussi vivifiant: « Santé! Santé! Santé! Que 2022 soit explosif« . Nous prenons cet appel au sens le plus positif. Cette Annie n’a rien d’une terroriste mais prône « l‘explosion de bonheur, de paix et d’amour!« 

Un couple de « nordistes », envisage pour nous « des rencontres, des découvertes, amour et bonheur partagé.« . Voilà sans doute des composants essentiels de la « recherche d’équilibre« . Vivre par l’autre au travers de l’autre. L’équilibre personnel ne peut se concevoir que dans la quête d’osmose dans l’environnement humain. Là aussi, il faudra aller à l’encontre des « vociférateurs-semeurs-d’angoisse » qui prêchent l’ostracisme, la xénophobie et le repli identitaire.

Une amie « très chère » du midi scrute dans le retro « les êtres chers, les amis véritables » qui nous laissent désormais continuer la vie sans eux. Du moins physiquement…[« A d’autres dimensions Domi!« ] En effet, « l’année (2021) a creusé des trous irréparables. ». Faisant fi des réseaux sociaux elle prend le temps d’écrire à chacun des « amis triés sur le volet« . Les mots « Je vous aime, vous me manquez! mettent un point d’orgue à notre émotion en ce temps de convenances polies, impersonnelles ou intéressées. Elle suspend son trait par « Vivons le mieux du monde! Paix! Amour!« . Qu’ajouter de plus vibrant?

J’en terminerai avec les citations avec Guillaume qui souhaite de « s’épanouir pleinement, croquer la vie à pleine dents. Il ne tient qu’à nous de faire de 2022 une merveilleuse année. L’important, c’est qu’il y ait le moral!« . Conclut-il.

En conclusion, laissez-moi vous présenter mes « intuitions », tentatives explicatives de cette désespérance insidieuse « qui crève les écrans ». Ecrans qui masquent les chausse-trappes qui piègent

notre chemin…

En 70 ans de ma propre vie, j’ai pu constater une nette progression de la qualité de vie. Dans les années 50/60, période de reconstruction d’après-guerre, des bidons-villes cernaient nos métropoles urbaines. Très peu de familles disposaient de téléphones, de télévision, de toilettes dans les habitations, de salle de bain….Réfrigérateurs, machines à laver le linge, à laver la vaisselle étaient les vedettes du salon des arts ménagers et alimentaient les scoop de l’information mais pénétraient doucement, très doucement les demeures françaises les plus aisées. Les Français consommaient essentiellement « français ». Les informations étaient contrôlées par le pouvoir. Le pouvoir envoyait nos pères, nos frères, en Algérie pour une guerre qui n’en portait pas le nom mais qui endeuilla bon nombre de familles. [près de 25 000 morts, dont 15 500 au combat ou par attentat, 65 000 blessés et 485 disparus]. Combien de combattants rentrèrent traumatisés?

Puis tout s’accéléra dans les années 70. Les progrès de la technologie partirent en flèche, laissant à la traîne l’éducation qui n’avait pas le temps de s’adapter. Les offres de consommation explosèrent en quantité. Les produits disparaissaient noyés sous les rêves entretenus, noyautés par les chaînes de la commercialisation.

La vie devenait l’art d’assouvir ses rêves matériels! A tout prix!

Ce tableau – ci dessous – n’a pas de valeurs absolues. Imaginons que le « temps » s’écoule de la gauche vers la droite sur une période équivalant à la vie moyenne d’un humain (France). La ligne brisée représente l’évolution de la « qualité de vie ressentie » au sens le plus large du terme. La ligne rouge est l’évolution « lissée » de la qualité de vie ressentie sur la totalité de la vie de cet humain.

Ce graphique ne possède pas de valeurs absolues, ni en abscisse, ni en ordonnée.

Flèche « C »: le jeune enfant dans toute son innocence découvre la vie et ne peut la valoriser qu’au contact de ses parents et de ses éducateurs. L' »ambiance » de la prime jeunesse conditionnera à vie.

Dès l’adolescence, l’esprit critique fera surface avec ses angoisses et ses révoltes. Le conditionnement de « l’être » sera encore l’effet de l’environnement humain dont le cercle ne cessera pas de s’étendre. Puis, rapidement, notre culture de communication à outrance amplifiera l’ouverture aux « mondes conditionnés ». De plus en plus conditionnés!

L’âge adulte (pic 1 du graphique). A ce stade, ayant vécu une période de « progrès », le jeune adulte constatera une régression dans sa perception de la vie. Cette perception étant « dans l’air du temps », c’est la majorité d’une génération qui méconnaitra progressivement l’espérance et se réfugiera dans les soins palliatifs de la surconsommation tout azimut. L’inanité sera loi.

L’âge adulte (pics 2, 4, 6 du graphique). Ayant atteint un point critique de la descente aux enfers, cette génération « donnera un coup de pied au fond de la piscine » qui lui permettra de remonter en direction de la surface. (flèches A et B).

Depuis la nuit des temps, « l’esprit religieux », « la foi » tenaient lieu de coup de pied. Il faudra désormais suppléer à sa défection pour trouver une nouvelle énergie. Une nouvelle « spiritualité »? Sous quelle forme?

Toute la vie de « l’individu » et, par delà, de la « collectivité » sera faite de « hauts et de bas ».

Actuellement, nous nous sentons en régression. L’évolution « des valeurs » nous alerte, nous angoisse. Il ne s’agit qu’une courte vue de l’esprit car nous réfléchissons à l’aune de notre seule existence très limitée dans le temps. A notre insu, le progrès de l’Humanité est en marche. Cela se paiera par la chute plus ou moins prononcée de notre civilisation. Les Egyptiens, les Grecs, les Mayas, les Romains…Ces civilisations ont plus ou moins disparues mais nous en sommes les héritiers « culturels ». Héritiers d’une spiritualité désenfumée. Les pyramides, leurs temples, les momies, les œuvres d’art et les écrits même ne sont qu’épiphénomènes. L’héritage est immatériel et intemporel. A nous de l’enrichir pour que, peu à peu, très lentement mais sûrement, en transmettant notre expérience, l’Humanité érige une « Ethique », un « art de vivre ensemble », une « science du bonheur ».

A l’échelle de la Vie, nous ne pouvons qu’avoir confiance.

A notre petite échelle temporelle, le désespoir ne peut-être que de mise, à moins que …

Que les êtres heureux se lèvent et proclament leur bonheur à la face du monde!

Et nous verrons bien qui sont les plus nombreux!

Béatrice & Etienne Lallement – janvier/février 2022 – Saint-Joseph – Heureux en l’Ile de La Martinique

Cet article fait référence à nos vœux pour 2022:

Dérive lente mais continue…

J’écrivais ce texte il y a huit ans alors que nous vivions en Inde. Je ne peux malheureusement que confirmer mes assertions de l’époque.

« Quelle est la première partie de la politique ? L’éducation. La seconde ? L’éducation. Et la troisième ? L’éducation. » Le Peuple, Jules Michelet, éd. Paulin, 1846, chap. IX , « La politique identique à l’éducation », p. 310

Est-ce qu’un jour, nos « politiques » auront le courage de donner la priorité des priorités à « l’éducation ». Mais le malheur veut que chacun d’entre-nous donne au mot « éducation » sa propre signification et veut la transformer en assise de son pouvoir et de sa raison. Elle devient donc une atteinte à la liberté et, en même temps, le parent pauvre de la République. Les débordements actuels en tout genre, sont les fruits d’une éducation galvaudée prisonnière d’intérêts partisans. Nous paierons, et nos enfants encore plus, les dividendes de la politique de la terre brûlée. La politique du court terme. La politique du « après moi le déluge ». Et pendant ce temps, le Monde avance sans nous. Quand la presse indienne parle de la France, c’est pour parler d’un pays en guerre en Afrique ou des aventures sentimentales du président de la République. Ne serons-nous que cela aux yeux du Monde?

Les civilisations s’écroulent… l’Occident sera-t-il capable de résister à la fatalité? Sommes nous au crépuscule d’hommes devenus fous? Le soleil se couche à l’Ouest.

Etienne Lallement – le 2 février 2014 – Chennai – Tamil Nadu – Inde

Oyé!Oyé!Oyé! Braves gens!

Voici revenu le temps des saltimbanques!

Sonnez pipeaux! Résonnez musettes!

Embouchés sont les appeaux! L’heure des leurres a sonné!

Pipelets et pipelettes ont aiguisé la fourche vipérine, la fourche de leurs langages!

Pic! Nic! Douille! C’est toi qui sera l’andouille!

Mais…!

Mais peut-on en vouloir au chaland de baver? Les bateleurs proposent à la vente tout ce que nous « voulons » vouloir, tout ce que nous avons appris à vouloir. Inculqués sommes nous de besoins impératifs que nous proclamons « Notre Liberté!« .

La liberté « chérie » tant clamée, tant réclamée n’est qu’un amuse-bouche, un amuse-oreilles à géométrie variable. Un drapeau sans hampe.

Faut-il être fou, tellement fou, pour se présenter devant les électeurs aussi peu restent-ils? Réaliser, avoir conscience qu’il faudra renier, mentir avec conviction… Réaliser, avoir conscience qu’il faudra se renier, se mentir, se trahir soi-même…

Urne funèbre! Urne si peu pleine, tu emportes la morale et la sagesse. La victoire est à ce prix. Victoire à la Pyrrhus!

Le candidat est inconscient! Dès la victoire ses ennemis resteront ses ennemis. Les opportunes amitiés complices érigeront des autels pour brûler leur idole d’un instant. Holocauste de la désillusion, de la consolation! La victoire porte en elle des relents de souffre et de marais putrides.

Alors pourquoi briguer?

Le pouvoir illusoire qui n’appartient en rien à qui crève l’écran?

La gloire éphémère?

Le plaisir masochiste?

L’instinct du sacrifice, le besoin d’être martyr?

LA FOLIE! peut-être. La Folie sans doute!

La démocratie donne aux fous le pouvoir d’élire l’un des leurs. Le sage au seuil du bureau de vote, hésite… La sagesse n’est pas l’apanage des harangueurs. La force des gigolos dressés sur leurs ergots, sur leur « ego » tarabiscotés, est la crédulité et l’ignorance des oreilles conditionnées.

La perte de confiance et l’égocentrisme de chacun génèrent l’abstention. L’intérêt personnel efface l’intérêt collectif. L’abstention conforte l’extrémisme. L’extrémisme engraisse la tyrannie.

L’Histoire se répète inlassablement, inexorablement.

Empire d’Egypte, empire de Chine, empires d’Amériques, empire de Rome…les civilisations s’écroulent!

Notre « Occident » n’échappera pas à la règle.

Nul n’échappe à son destin qui coupe la branche où il a construit son nid… L’imbécile réduit en copeau la culture qu’il n’a pas reçu et qu’il n’avait pas envi de recevoir: il fut tant engraissé à la malbouffe intellectuelle et spirituelle.

France! Ivre galère!
Tes rameurs rêvent de paradis artificiels!
Tes matelots rêvent d’enlacements stellaires!
Mais ne forniquent sous le ciel
Qu’aux ventres de sordides prostituées inhumaines.


L’équipage courbé aux caprices du vent et ceux du capitaine,
Ploie et se redresse. Gare à qui glisse et s’affale.

Hurle le ban!
comme autant de tempêtes, autant de haine!
Mais à quoi sert, au front de la rafale
De hurler, d’invectiver les cieux, brandir un poing vengeur!

L’union face au péril devrait être la loi.
L’alliance, l’alliage de tous serait de bon aloi.
Nenni! Voici qu’émerge une floppée de barreurs.

Fusent les solutions! Contradictoires!

« Virons de bord », dit l’un! « Droit devant »! dit l’autre
Apparaissent les faux apôtres!
« Affalons! », « Hissons! », « Aux chaloupes! »,

Les cris, les hystéries, font croire à la victoire.
Mais « le vent
fripon » déserte la poupe.


La dérive!

Les clans s’affrontent. La vague emporte le raz d’eau.

La dérive!

Qu’importe! Se pourfendent les prétendus sauveurs!

Et se brisent un peu plus le radeau!

Personne ne sait qui suivre à cette heure

A défaut de projet, tous se battent « contre »…

Sans conviction. Leur conviction s’est jetée par dessus-bord

Depuis bien longtemps.

Par dessus les ego recroquevillés, souffle la tempête…



Etienne Lallement – 12 septembre 2021 – Saint-Joseph – La Martinique

Valérie…

Valérie a 31 ans.

Valérie est morte du Covid.

Dans l’indifférence .

Sa mort viendra gonfler des statistiques d’un petit chiffre.

« Petit chiffre » viendra éclabousser l’écran de nos infos, aggloméré à d’autres petits chiffres. Par milliers.

Et pendant ce temps…

Les « Egos » continuent de s’exprimer, de s’escrimer dans des duels sans mort. Sans mort d' »Egos ».

« Le virus n’existe pas! » colportent les uns!

Les « contres » fustigent les « partisans ». Les « opposants » condamnent. Les « pours » lancent des anathèmes.

La rue, les écrans exhibent des troupeaux bêlants, accrochés fermement à une idée. Le panurgisme rassure . Une idée fédère. Peu importe l’idée après tout. Les manipulateurs exultent dans l’ombre. La sacro-sainte « Liberté » qui écorche les bouches, roule dans le caniveau. Tout se sait sur chacun d’entre nous et ce n’est pas un « pass » qui entamera une liberté illusoire. Toutes les cartes de notre portefeuilles nous trahissent. La carte Vital – mais peut-on faire l’impasse sur l’intérêt d’une telle carte – permet de tout connaître, dans les moindres détails, sur notre état de santé. Physique et mental. Le simple fichier des « contraventions aux infractions routières » est une mine de renseignements. La nouvelle carte nationale d’identité comporte un QR-Code.

Extrait d’un article tiré de la Revue « Numerama » – sous la plume de Julien Lausson – daté du 23 octobre 2019.

« C’est ce qu’on appelle le « data mining » : l’exploration de données. Par ailleurs, Bercy mobilise d’autres sources : impôt sur le revenu, contrôle fiscal, taxe d’habitation, consultation des moyens de paiement automatisés, recouvrement contentieux de l’impôt direct, documentation cadastrale, etc. Des données issues de bases privées, d’organismes sociaux et d’autres administrations peuvent aussi servir.« 

Il s’agirait de ne pas se tromper de combat. Il est vrai que le « combat à idée simple et unique » est plus fédérateur.

Et pendant que nous polémiquons, des Valérie meurent par dizaines dans l’indifférence!

Etienne Lallement – le 21 août 2021 – Saint-Joseph – La Martinique

Folie virale…

Un ami vient de perdre une nièce.

Mourir de maladie, d’un virus. Soit!

Que la bêtise humaine s’en mêle révolte! Mais qui se révolte?

« Il n’est de pire aveugle que celui qui ne veut pas voir! »

Qui reconnaîtra son erreur parmi tant d’autres? Celui qui crie a souvent tord et les décibels lui servent d’arguments et rassurent les moutons dressés à l’obéissance aux aboiements des chiens. Tout autant coupable, celui qui se tait. Tout autant coupables ceux qui accordent leur haine à la haine des moutons aveuglés, des moutons apeurés broutant des herbes putrides des prés intoxiquant!

Par intérêts personnels, l’humain est prédateur. L’humain est pusillanime. L’humain reste indifférent.

L’intérêt collectif a-t-il encore un sens?

Etre « Humain » a-t-il encore un sens?

Etienne Lallement – 19 août 2021

La nouvelle du décès à peine parvenue, nous entendions et avons réécouté cette chanson de Jean Ferrat. Décidemment, le hasard n’existe pas. Titre de l’album: « Dans la jungle ou le zoo ».

Naguère et aujourd’hui…

74 000 Indiens ont été tués en France pendant la première guerre mondiale.
74 000 Indiens ont été tués en France pendant la première guerre mondiale.

Je suis né au « beau » milieu du XXème siècle. L’Europe sortait à peine d’un demi-siècle de deux guerres mondiales sur son sol. Les tonnerres des combats s’estompaient vers l’Est. Vers le Sud. Malgré cela les tombeaux français avalaient toujours et encore…

L’éducation – dite « nationale« , nous vouait au culte du « héros de 14-18« , du héros « de 39-45« .

Je vivais dans un pays de « héros« ! A leur exemple, je devais, s’il le fallait, « mourir pour la Patrie » comme le firent mes pères! Je m’époumonais en Novembre et Mai, un bouquet de fleurs à la main au pieds du monuments aux morts de ma commune suivant docilement et fièrement mon instituteur.:

"Nous entrerons dans la carrière,
 Quand nos aînés n'y seront plus ;
 Nous y trouverons leur poussière
 Et la trace de leurs vertus. (Bis)
 Bien moins jaloux de leur survivre
 Que de partager leur cercueil
 Nous aurons le sublime orgueil
 De les venger ou de les suivre."

De tout temps, les enfants entonnent des hymnes dont ils ne saisissent pas les significations profondes.

Cette image « héroïque » s’est bien écornée depuis. Pire! Pire encore!

Dans les deux guerres « intramuros« , « la fine fleur » de la jeunesse bien portante de notre pays est poussée au front portée par la drogue de discours anesthésiants. La conviction s’inocule. L’émotion porte à la violence.

"Entendez-vous dans les campagnes
 Mugir ces féroces soldats ?
 Ils viennent jusque dans vos bras
 Égorger vos fils, vos compagnes"

On s’en laisse conter! Et gare aux rebelles!

 » C’est nous qu’on ose méditer
 De rendre à l’antique esclavage ! »

Les généraux prouvaient leur utilité et leur talent de maîtres-boucher . Gagner quelques dix kilomètres dans la Somme valait bien 1,2 millions de morts, disparus ou blessés en 1916! Les dirigeants sauvaient leur Patrie. Sauvaient leur patrimoine. Les médailles fleurissaient les poitrines turgescentes.

Les familles pleuraient leurs héros. « Trop tôt disparus« .

Et la leçon? Quelle leçon?

« Ouvrez le ban! Sonnerie aux morts! » La jeunesse a le privilège de mourir à la guerre, de mourir pour des Idées. Les idées de qui? Pour les idées d’autres dont le seul fait d’armes est de financer les monuments aux morts, frapper des médailles, rassurer les veuves et les mères éplorées! Les champs d’horreurs se muent en champs d’honneur. « Des monuments à leur gloire éternelle » osèrent les chevilleurs de la jeunesse. L’Honneur est sauf! Fermez le ban!

La vie continue! Chacun retourne à sa besogne et ses soucis « personnels ». A ses « propres » préoccupations. Les noms s’estompent sur les monuments et les tombes, comme « Liberté, Egalité et Fraternité » s’effacent du fronton des écoles de la République, s’effacent des cœurs, s’effacent des âmes!

2020 : « Nous sommes en guerre! ».

Un virus nous déclare la guerre au nez et à la barbe des généraux devenus bien inutiles et trop occupés à une guerre sans Champs d’Honneur! Sans gloire pour eux! Les places étant vacantes, les étoiles de la médecine et de la pharmacie crèvent les écrans et s’engouffrent dans la brèche et rivalisent de stratégies improvisées, hétéroclites, contradictoire. Les industriels de la pharmacie produisent à la hâte des munitions antivirales. Les armées ont changé de professions. Les néo-généraux de cette guerre sont, ici aussi, planqués derrière les fantassins en blouses blanches. Les remparts innocents des émirs de la molécule seront couverts de gloire et de reconnaissance, voire de décorations pour bravoure au front.

Au front de cette guerre, chaque mort est une défaite! Les statistiques font des ravages dans les esprits! Les avalanches de discours nous font douter de notre intelligence, de notre capacité de discernement.

Les réactions de tout un chacun prouvent que le « patriotisme » est d’un autre âge. Désormais, l’idée même de la mort effraie nos dirigeants. La multiplicité des médias s’affronte et façonne. La démagogie règne en maître. La démagogie sème illusions et angoisses. Les totalitarismes fourbissent leurs armes de séduction, « blanchissent » leurs uniformes. « L’heure est venue!« . Le malheur de tous fait le bonheur de quelques uns. Quelque soit les candidats, quelque soit l’époque, toutes les guerres sont des affrontements d' »EGO- SUM« ! Moi, Je suis. J’existe, je m’impose et je dicte. Les uns cherchent la Gloire, les autres la fortune. Les partisans de la gloire s’illusionnent. Les adeptes de la fortune continuent de tisser leurs stratégies « inhumaines ».

Les marionnettes politiciennes s’illusionnent encore sur leurs pouvoirs. Sur leur liberté!

Les Hommes disparaissent, les mentalités demeurent.

L’EGO-SUM a ruiné l’Egypte. L’EGO-SUM a réduit à néant l’Empire Romain. L’EGO-SUM a détruit l’Empire Chinois et de petits royaumes. L’EGO-SUM de quelques-uns étouffe notre civilisation. « Mais après tout, après nous le déluge! » diront-ils. L’important c’est d’être et d’exister pour les autres à son propre bénéfice. Pour Soi. L’EGO-SUM n’est pas l’exclusivité d’une strate de population, nous sommes tous concernés.

Notre époque voit de nouveaux « communautarismes » fleurir et se renforcer dans de nouvelles formes de patriotismes « sectaires« . Les agrégats humains se diversifient dans des attractivités aux émergences « sauvages« . La désagrégation des grands courants religieux et politiques, une perte générale de confiance génèrent et amplifient les « angoisses« .

L’instinct de survie crée une « féodalité » du XXIème siècle. Contre ses peurs, l’humain bâtit des murailles et s’y enferme avec ceux qui « attisent » sa sympathie. Contre l’angoisse, pour se libérer, il choisit la plus inexpugnable des forteresses et s’y incarcère.

Pourtant, « l’œil » est au coeur des remparts et poursuivra le bâtisseur jusqu’au seuil de la tombe qu’il atteindra cahin-caha.

Etienne Lallement – le 28 mars – 2021

Les photos de cet article ont été prises au mémorial militaire indien de Neuve-Chapelle dans le Pas-de-Calais par Jean-Guy Degroote.

pour voir plus d’illustrations sur le mémorial indien: https://flic.kr/s/aHsk4FWBTE

pour en connaître plus sur l’engagement des troupes militaires indiennes pendant le première guerre mondiale:

https://www.centenaire.org/fr/espace-scientifique/pays-belligerants/lengagement-militaire-indien-pendant-la-grande-guerre

pour mémoire : https://sydrach357.com/2013/08/12/france-inde-naguere/