De l’hiver à l’été : quelques riches lectures!

2 avril 2026. Arrivage de la FNAC ce matin….

L’Humanité a de multiples facettes capable du meilleurs comme du pire! Elle transpire sa réalité dans les sillons de ses écrivains. A nous de distinguer le futile de l’essentiel, de démêler le mauvais du bon!

Pour lever un coin du voile et ce qui a motivé mes achats au travers du petit écran qui est parfois une fenêtre grande ouverte sur l’oxygène de la vie :

« SUCCESS de Raphaël Liogier » : https://www.france.tv/…/8240520-a-l-epreuve-de-la…

« Les 22 clés de l’alphabet hébraïque » de Frank Lalou : https://www.france.tv/…/8287143-histoires-l-alphabet…

Les auteurs – très différents, deux convertis, l’un à l’Islam, le second au judaïsme – ont en commun, la passion. Passion Ô combien dévorante dans des directions bien différentes.

Le premier se révolte contre « *la société contemporaine absorbée par l’exhibition , y compris celle de notre bonheur et de nos engagements […] Il est alors urgent de réintroduire un sens spirituel, une vision inspirante de la grandeur humaine et du monde.« .

Le second nous apprend l’importance vitale de la respiration qui guide la spatule sur le chemin « *initiatique de l’ordre alphabétique.[…] La richesse symbolique des lettres hébraïques, s’enracinant dans plus de 3 000 ans d’histoire, apporte des éléments nous aidant à mieux poser les grandes questions philosophiques : les commencements, le principe de la séparation, la nécessité de l éthique, la permanence et l’impermanence.

Il va me falloir patienter…ou transgresser et choisir l’errance tout azimut!

En effet, auparavant, je dois terminer le « Corpus Hermeticum« , « La Table d’Emeraude » et « les Noces Alchymiques de Christian Rosenkreutz » et quelques autres… (avant dernier arrivage de la FNAC!)

Je pense en avoir jusqu’aux vacances…à moins que!

Etienne Lallement, le 2 avril 2026


*les phrases en italique sont tirées des quatrièmes de couverture de chacun des livres.

Pour en savoir encore plus – chez chez les éditeurs ou distributeurs:

« Les 22 clés de l’alphabet hébraïque de Frank Lalou » « :

https://www.editionsddb.fr/product/100577/les-22-cles-de-l-alphabet-hebraique/

Tourisme éclair en Septentrion!

La gageure: ouvrir une fenêtre sur la région de mon enfance à mes amis Mireille et Marc en cinq jours!

Fraichement débarqués en gare de Lille-Europe, ils viennent de quitter, cinq heures plus tôt, Marseille. Il ont, en tête, la caricature qui caractérise les régions « qu’on n’a jamais visités« , affublées de « on-dit » souvent dénigrants. Il me faut compenser la perte de dix degrés – au moins – par la chaleur de mon accueil. Il pleut.

La chanson d’Enrico Macias se « ritournelle » dans ma tête : « Les gens du Nord ont dans le coeur le soleil qu’ils n’ont pas dehors »! Suis-je rayonnant ou triste comme la pluie qui bat de pavé? Je compose. La pluie a ses charmes. La bannir serait trahir mes racines.

Lille vient de nettoyer trois jours de « sa » Braderie. Elle a débarrassé les places publiques des valves mytilicoles.

Premier repas pour mes amis: moules-frites au restaurant La Chicorée. La salle de restaurant est bondée. Nous sommes invités à déjeuner sur la terrasse. Elle est un piège à courants d’air. La tonnelle résonne des claquettes de la pluie qui gifle le plastique. La caricature se renforce. Heureusement, les trois couches de polaire superposées de mes invités leur permettent de résister. La brasserie a osé inscrire sur son site internet : « Notre terrasse ensoleillée vous attend ! ». Faute de soleil, les Lillois ont de l’humour!

La pluie nous accompagne pour un tour limité du centre-ville. La place du Général De-Gaulle. La Vielle-Bourse rutile malgré le temps maussade: les bouquinistes peinent à protéger leurs trésors de papier.

Nous ressortons sur la place. Un rayon de soleil esquisse une apparition: « Marco! Vite un selfie! « . Malgré ce rayon, c’est Marc aux polos, aujourd’hui!

Départ pour Bruay-La-Buissière.

Deuxième jour: le Louvre-Lens.

Quelle belle et bonne idée d’avoir décidé d’accueillir en terre minière ce surgeon du célèbre musée parisien, même si cette folie coûte « relativement » cher… Le coût d’investissement pour la construction du musée du Louvre-Lens a été de 201 millions d’euros. Ce n’est pas du gaspillage! Loin de là!

  • Si nous comparons avec les armes de guerre: La France a commandé un total de 234 avions Rafale. « Un seul Rafale M (version marine) est estimé à environ 79 millions d’euros. (234 X 79 = plus de 18 milliards d’euros). L’heure de vol du même avion est estimée à environ 20 000 euros ». Ces chiffres ne sont que des estimations « d’experts » (?)« 

Qui ose dire que la « culture » coûte cher? La visite de la Galerie du Temps est gratuite! Cette « gratuité » a étonné mes amis. La déambulation dans « le temple du beau » vaut le déplacement à elle seule! Emerveillement pour tous. La Galerie du Temps va nous prendre, nous captiver, nous emmener pour un voyage international extraordinaire dans le temps et l’espace où chavirent, bientôt, l’Histoire et nos imaginations galopantes.

L’immense salle résonne d’un silence étonnant: de nombreuses classes d’écoliers naviguent d’œuvre en œuvre en chuchotant si besoin, glissant de pas feutrés. Le lieu impose le respect aux plus turbulents.

Pour le déjeuner, retour à La Buissière chez Jean-Claude et Marie-Hélène. Le Tamil-Nadu et La Martinique nous avaient déjà, plusieurs fois réunis. Souvenirs! Souvenirs!

Troisième jour: nous restons à Bruay-La-Buissière et environ.

Août 2022: mon ami Marc m’a offert un livre: « Le Trésorier-payeur » de Yannick Haenel. L’histoire se propage de Béthune à La Buissière: Labanque, Emmaüs, le restaurant face à l’église de La Buissière. La Confrérie des Charitables de Béthune y tient une place majeure. L’auteur, un breton, était venu en 2007 pour participer à l’inauguration de ce qui est devenu un centre de culture dans le chef-lieu d’arrondissement. Au travers de cette œuvre, l’auteur nous pose la question: Comment être anarchiste et travailler dans une banque ? 

Le seul passage antérieur de Mireille et Marc dans la région était pour venir me soutenir lors des funérailles de mon épouse, Béatrice. L’église et les Charitables de La Buissière ont marqué leur mémoire. Un passage devant Labanque à Béthune, une visite du site d’Emmaüs ont complété pour eux le décor de ce roman.

Château de La Buissière

Ici, seul subsiste le donjon. De huit siècles d’aventures, de bonheurs et de drames, il ne reste que ce doigt de pierre dressé vers le ciel en guise de défit au temps. Notre mémoire a besoin de pierres.

Cité des électriciens

Où sont donc les corons de mon enfance? La cité des électriciens a été transformée en petit jardin propret où je ne reconnais pas le Bruay-en Artois « minier ». Mes amis ont du mal à imaginer la réalité d’il y a 60 ans. Les mots me manquent. La confusion mêle à la fois « Bienvenue chez les Ch’tis » et mes explications confuses d’un passé révolu! Quatre voitures de « touristes », dont des Néerlandais, stationnent près de l’entrée. Tout est fermé. Aucune âme qui vive. Aucun accueil. Il est midi. Les quatre véhicules quittent la scène: déceptions et fausses idées d’un passé que d’aucun prétend « historique » et « héroïque »! Une autre fois, j’entraînerai mes amis à Lewarde. Une autre fois…

Château Elby

Petit arrêt devant le château Elby. Ancienne demeure du directeur des mines, l’immeuble fut transformé en la maternité en 1948. J’y poussais mon premier cri en 1951. Laissé à l’abandon pendant plusieurs années, il se transforme actuellement en logements. 24 « nouveaux châtelains » devraient investir les lieux à une date encore indéterminée.

Le soir: une carbonnade flamande « maison » chez Thérèse et Didier.

Quatrième jour : direction Arras

Heureusement, le soleil, quoique timide, était de la partie. Déambulation dans les rue du centre et découverte des places. Ici, je peux faire un guide « honorable ». J’ai trainé mes guêtres de 1967 à 1970 dans le cité d’Adam de La Halle: le centre Baudimont était encore « Le Petit Séminaire d’Arras »! « 1968 » est passé par là…et j’y étais!

Emotion: nous passons devant l’entrée de la Cité Scolaire Gambetta-Carnot où a été assassiné le professeur de lettres Dominique Bernard le 13 octobre 2023. « Plus jamais ça! ».

Le temps de prendre un café et nous voilà partis vers la Carrière Wellington. Mes amis de s’étonner: la guerre 14-18 ne se limite pas à Verdun! Loin s’en faut! Nous avons pu apprécier les qualités de ce « mémorial » de la bataille d’Arras. L’accueil y est chaleureux. Notre guide bilingue est excellente dans sa mission de nous entrainer à 20 mètres sous terre pour nous conter les préparations aux combats et la vie quotidienne des « bidasses » venus de loin. Parmi eux des tunneliers Néozélandais: des bâtisseurs en creux pour de troglodytes guerriers enterrés vivants avant l’assaut.

Avant la descente, nous protégeons nos chefs. La coiffe de rigueur contribue à notre immersion: à la guerre comme à la guerre… »plus jamais ça » n’est-il qu’un vœux pieu?

Nouvelle étape mémorielle : Le Mémorial de Vimy:

Cette enclave de terre Canadienne en France a été abreuvée du sang de 66 000 soldats canadiens tués au combat entre le 9 et le 12 avril 1917 sur l’espace des 3 villages de Vimy, Givenchy-en-Gohelle et Thélus …

« plus jamais ça! » proclamait-on après la guerre……………..1939 prouva que non: le « plus jamais ça » n’était qu’illusion »!!! L’actualité renforce cette preuve. Le pire est-il à venir porté par des technologies létales et destructrices toujours plus performantes? Et sans doute des « décisionnaires toujours de plus en plus irresponsables, de plus en plus fous! »

Notre-Dame-Lorette et l’ Anneau de la Mémoire

La plus grande nécropole de France : 42 000 soldats de la Première Guerre Mondiale y sont enterrés. Sur l’Anneau de la Mémoire sont gravés les noms de 580 000 noms de soldats morts sur le champ de bataille. Les noms s’affichent par ordre alphabétique sans distinction de nationalité ni de grade.

Les Indiens de l’Inde du Sud ont abandonné un lourd tribu et leurs noms sont dispersés parmi les milliers d’autres sur cet Anneau. Dans leur lointain pays : un monument de Chennai en Inde commémore leurs sacrifices.

« Plus jamais ça! »….et pourtant! Selon la Croix Rouge, 120 conflits sont encore recensés à la surface de la terre en 2025!

Cinquième jour: direction Saint-Omer

Un premier arrêt. J’ai un coup de coeur pour la collégiale de Aire-sur-la-Lys.

La cathédrale de Saint-Omer

Beaucoup de souvenirs pour moi. L’abbé Lucien Bello – curé et aussi grand organisateur de voyages – m’avait dès son arrivée à Saint Omer, offert une visite privée et très documentée de « sa cathédrale » qui l’éblouissait. Je partageais vite son éblouissement. Cela le changeait de l’église paroissiale de Montigny-en-Gohelle. Avant d’atterrir, à Saint Omer, il avait officié à Marles les Mines, Bruay-en-Artois [église saint-Joseph], vicaire en la Cathédrale d’Arras, Montigny-en-Gohelle et enfin Saint-Omer. 60 ans de sacerdoce, 21 600 messes célébrées selon ses propres calculs.

Cathédrale de Saint-Omer : détails

  1. les Grandes Orgues
  2. l’Astrolabe

Après les pierres, la bière: visite de la Brasserie Goudale.

Ici encore l’accueil est des plus cordial. Après un petit film contant l’histoire de la marque, visite guidée de la brasserie – familiale et artisanale – qui produit plus de 2 millions d’hectolitres par an et continue de progresser.

J’ai vécu plus de 6 ans en Martinique: tout naturellement, je m’intéresse à la Goudale « G de Goudale Rhum Finish » parfumée au rhum de la Martinique!

Pas de visite sans dégustation avec – bien sûr – modération.

Pour terminer la visite, la boutique propose les produits à des tarifs très avantageux.

Ainsi se termine la visite éclair de mes amis Mireille et Marc…

Les voilà déjà repartis vers Marseille et le Bonne Mère! Dans ma tête se bousculent tout ce que j’aurais pu encore leur faire découvrir! Mes parents et amis viennent aussi grossir la liste des « T’aurais pu »...en effet « J’aurais pu »

Mais ce n’est qu’un au revoir…

Etienne Lallement – le 20 octobre 2025 – Photos Marc Volpes et Etienne Lallement.

pour en savoir plus « cliquer » sur les liens en bleu

Il est temps de passer aux aveux!

Table d’Orientation – MéditerranéeMarseille

Il est temps de passer aux aveux,

Face aux miroirs de la vie

Face au miroir qu’est l’autre,

nous, vagabonds de l’existence!

Nous devons nous avouer faible, face à nous et face aux autres.

Nous devons nous avouer fort, face au autres et face à nous.

Nous ne sommes, ni tout à fait fort,

Nous ne sommes, ni tout à fait faible et

dans les yeux des autres s’agitent les reflets de multiples inconnus:

Images de nous-même que nous voulons méconnaître.

Nous sommes multiple

Nous sommes Un!

Nous sommes des pirates écumeurs de mousseux clapotis éphémères et fragiles

crêtes des vagues de la Vie.

Nous nous saturons d’embruns au lieu de respirer

La Vie!

Même si nous n’avons fait qu’écumer la crête des vagues de l’existence

Nous crions être « sans aveu », mais sommes esclaves de multiples chaines:

nous les avons nous même forgées!

La Liberté nous oblige, avant tout,

à nous connaître nous même.

Cette voie de la Libération,

Je nous souhaite cette Libération pour 2025 et bien au delà,

Jusqu’à ce que la transmutation nous rattrape pour la grande migration.

Etienne Lallement le 20 décembre 2024

De ces « Nanas Fêlées » qui laissent passer la Lumière!

Conversation d’un jour de deuil, de funérailles… Echanges… Découvertes… Tess et moi, nous nous connaissons depuis 70 ans sans nous connaître… Une passion commune: l’Inde! Un lieu qui aurait pu être l’occasion d’une rencontre: le Tamil Nadu, Pondichéry. Béa et moi sommes arrivés quelques mois plus tard.

Tess et Luc racontent:

« vidéo réalisée après un séjour dans un orphelinat de garçons à Pondichéry en Inde du sud en mai 2012. Avec l’association « En Jeux ». 2 membres du groupe « Les Nanas Fêlées » se sont joints à Agnès et Karine, qui s’occupaient des soins prodigués aux enfants lors de la mission. Tess a appris aux enfants une chanson originale de sa composition: « we’ll all be men« , et Damien les a enregistrés, a mixé la chanson, joué la partie instrumentale aussi, et fait les arrangements. Luc a filmé le tout, et Tess a fait le montage. Ce fut un moment de partage magnifique, émouvant, à partager naturellement !« 

Ne négligeons aucune de nos rencontres en quelqu’occasion que ce soit!

Etienne Lallement – 14 décembre 2024

Croire…

Je crois que le créateur croit en moi!
Ainsi le créateur croît en moi!

Etienne Lallement – le 26 novembre 2024

« N’importe quoi!? » aurait dit mamie…03

Fort d’Amber – Rajasthan – Inde – 23 mars 2014

Début de la lutte en Martinique…

Je veux décrire! Je veux écrire un témoignage sans en tirer de conclusions, m’embarquer dans de quelconques spéculations qui ne seraient qu’idées dérisoires de mon esprit et intellect gavés…inachevés.

Béa vivait, depuis longtemps déjà, dans l’angoisse de la mort. Surtout la nuit, quand son corps et son esprit n’étaient plus distraits par l’hyperactivité que chacun lui reconnaissait.

Novembre 2020. Occlusion intestinale.

Direction les « Urgences » du centre hospitalier. Le « CHUM » pour les Martiniquais.

Janvier 2021. Verdict : cancer du pancréas.

Chimiothérapie : « Nous allons tenter deux protocoles. ». Quand j’interrogeai une des professionnelles sur l’évolution de la maladie, elle refusa naturellement de me répondre. J’hasardai « un an ? ». Les yeux de mon interlocutrice se levèrent vers le ciel : je compris qu’elle me signifiait mon optimisme. J’hasardais  » 6 mois ? » L’inclinaison de la tête qui fuyait mon regard, sembla indiquer que j’étais plus près de la vérité.

Béatrice repoussa les limites à 21 mois.

L’évolution de la tumeur ne permettait pas d’opération mais des soins quotidiens étaient indispensables. Bientôt, suite à la deuxième occlusion, le système digestif a été condamné, nécessitant une alimentation par le jéjunum, directement dans l’intestin. Fi de l’estomac devenu inopérant.

A cette époque des mouvements sociaux, souvent violents, secouaient La Martinique : nous étions en plein dans l’épisode « Covid« : épidémie, pandémie.. Les soins hospitaliers et à domicile ainsi que l’accompagnement des malades était très perturbés. Chacun vivait dans le confinement. Nous vivions reclus à notre domicile. Les contacts avec les autres humains étaient proscrits, limités au strict minimum. Béa avait auparavant une activité associative et sportive intenses. L’isolement était très lourd à supporter moralement.

Pourtant, nous recevions, chaque jour, un rayon de soleil: Christelle, l’infirmière. L’endroit où pénétrait la sonde gastrique dans le ventre exigeait des soins attentifs et méticuleux. Les soins d’une professionnelle. Mais Christelle n’était pas que cela. Elle était – est toujours – auteure, compositrice, interprète et animatrice radio. Elle est Manm’zel Krys! Nous étions en terrain de connaissance. Il n’était pas rare que, tout en s’activant sur Béa, elle nous proposait une mélodie qui avait germée dans sa tête « sur la route » et nous échangions tous les trois sur « ses vibrations ».

Repli vers la France métropolitaine.

Nous décidions, donc, de partir vers la France métropolitaine. Béa fût accueillie au centre hospitalier Oscar Lambret à Lille réputé pour ses actions contre le cancer et l’accompagnement des malades. Les diagnostiques martiniquais et lillois étaient identiques, les prescriptions les mêmes…Mais l’espoir renait quand le médecin qui nous prit en charge, incita Béa à partir en vacances en Corse en juin 2022. Nous convenions quelques heures après la consultation, aussi alléchante que fût la proposition, que la forme physique de Béa ne permettait pas de réaliser « ce rêve » offert par nos enfants. Depuis le début de la maladie, Béa a fortement maigri. Elle pesait alors 40 kilos. Elle descendra à 35… A partir de ce moment, il fut demandé à Béa de ne plus se peser.

Combat ou résignation ? Je ne saurais dire, mais jamais en 21 mois elle n’exprima d’angoisse à l’exception de sa gestuelle face à ce ne je sais quoi dans les ultimes secondes.

Voyait-elle ? Savait-elle !

à suivre…

Etienne Lallement – de septembre 2022 à août 2024

Post scriptum – « écrire » : une catharsis ? Une libération ? Peut-être. Une joie, sans aucun doute, mais une joie au forceps pour mieux se connaître soi-même. *Je vais continuer de narrer cette expérience forte de vie. À bientôt!

photo en titre : reflet de Béa dans un miroir lors de la visite du fort d’Amber en 2014

Fort d’Amber – Rajasthan – Inde

« N’importe quoi! » aurait dit mamie. 02

Béa à Agra – Uttar Pradesh – Inde – 22 mars 2014

suite de « N’importe quoi! » aurait dit mamie…01

Préambule

Dès mes vingt ans, je me goinfrais des œuvres de Freud – nous sommes né le même jour – et de ses disciples… La suite de ma vie me fit prendre mes distances de ce qui devenait, peu à peu pour moi, une école dogmatique pour le peu « psychorigide« . J’avais déjà, auparavant, repoussé aux confins de ma conscience, la religion de mon enfance. En 2013, j’arrivai en Inde, à Chennai – naguère Madras – capitale du Tamil Nadu. Je suivais Béa dans sa migration professionnelle. Je me coulais dans la « culture indienne » : arts, philosophies, religions… Les « néo-hindouistes » – quel vilain vocable – m’attirèrent de prime abord – Râmakrishna, Vivekânanda, Ramana Maharshi, Mâ Ananda Moyî, et bien d’autres… Bien sûr, par une voie plus pragmatique, Béa et moi allions aussi à la rencontre des Indiens dans leur quotidien. Ils étaient essentiellement les membres, hommes et femmes, de l’entreprise Maersk-Line. Béatrice avait pour mission de les former aux mystères du commerce français.

En mars 2001, j’avais absorbé, mais mal digéré, la « Psychologie de l’inconscient« . Je retrouvais Carl Gustav Jung en ces premiers jours indiens par le biais de « Psychologie du Yoga de la Kundalini« . J’en restai là avec le maître allemand, ayant fort à faire avec les « maîtres autochtones ». Indigènes.

La rencontre d’un Brahmane me permis d’approfondir mon immersion en culture inconnue. Il ne devint pas mon « guru », mais me permis de fréquenter l’ashram « Ramakrishna Math« , fondé sous l’impulsion de Swami Vivekananda il ya plus de 100 ans à Chennai .

Les leçons de l’Inde me confirmèrent ce qui m’avait fortement marqué par ailleurs, que l’essentiel était « d’être en constante disponibilité d’esprit et en permanente réceptivité spirituelle ».

Il m’a fallu au fur et à mesure de l’ingestion de ses riches miscellanées, les infuser, les distiller, les digérer plus ou moins facilement, les confronter à ma propre culture, les oublier pour mieux m’enrichir : la substantifique moelle se révèle quand les textes ont disparu, dissous par les sucs de la macération intellectuelle et spirituelle. La méditation.

Après deux ans au Tamil-Nadu, les tribulations de Béa, nous firent accoster en Martinique. Notre boulimie de « contacts humains » et de « communions », ne faiblissait pas.

à suivre…

Les références des œuvres citées sont à la fin de l’article « N’importe quoi! » aurait dit mamie 01

« N’importe quoi? » aurait dit mamie. 01

« écrire« 

L’écriture peut-elle être l’outil d’une catharsis? d’une libération? peut-être.

Une joie, sans aucun doute, mais une joie au forceps pour mieux se connaître soi-même.

Depuis de nombreuses années, je me suis gavé de livres de philosophie ou religieux. Essentiellement.

La philosophie sème le doute. Il nous faut l’accepter. Il nous nous faut continuer à chercher, à écarter, à gratter. A plonger et replonger. A rebrousser chemin et repartir encore et encore. La montagne des doutes accouche des pépites de vérités…éphémères. L’être humain est un aventurier à la recherche de ce qu’il cherche par une quête sans fin.

« La quête sans fin d’un but indéfini » est, sans doute, la mission du vivant.

Malheureusement, nous préférons jouer avec le carton, l’emballage et les rubans de notre cadeau qu’est la Vie. Nous préférons les fanfreluches à « l’Essentiel ». Un « tien » vaut mieux que l’inconnu! l’incertitude! l’angoisse!

Mais qu’est-ce que l’Essentiel.

Les vôtres et le mien diffèrent dans notre conscient. Le mien divague d’interminables errances.

L’essentiel n’est sans doute que « UN » pour tous.

Mais est-il si éloigné de nous?

Expérience par l’épreuve du vécu.

Bruay-la-Buissière. Unité de soins palliatifs Amélie Loutre. Dimanche, 21 août 2022. 16 heures 20. Alexandra, notre fille, tente de maîtriser le bras gauche de sa maman qui tente de repousser frénétiquement, des deux bras, des deux mains, je ne sais quelle vision, quel fantôme. « Vade retro! » crie le corps tout entier. Quelle aspiration? Béatrice se redresse brutalement. Les yeux s’écarquillent. Un cri étranglé. Elle tente désespérément d’aspirer une ultime bouffée d’air. Une dernière bouffée de vie. Elle s’affaisse sur le lit. Un râle. Sa poitrine se contracte. Elle exhale tout son souffle, sa vie.

Transmutation!

L’infirmière, appelée à la rescousse : « Laissons la! Elle part!« .

Béatrice, désormais sait…peut-être.

Béa n’a plus peur…sans doute.

Personne n’échappe à la mort d’un proche. C’est comme un écran de pub qui coupe un long-métrage. Avant nous n’y pensons pas ou si peu. L’irruption dans notre vie creuse un traumatisme…La reprise du « divertissement » -le « film » de notre vie – comble plus ou moins rapidement « cette interruption momentanée du programme« . La « fatalité » nous condamne à la résignation. La vie continue. Advienne que pourra!

Mais, personne n’échappe à sa propre mort.

à suivre*…

Etienne Lallement –

texte et images – en écriture de ce texte depuis septembre 2022

Éclats Malgaches

A notre descente de l’avion, le temps d’arrimer nos valises sur le toit de notre taxi neuf-places baptisé pompeusement « Grand-Starex » et nous voilà partis vers notre hôtel.

Une heure de trajet hors du temps. Très vite, la misère borde les rues. Des enfants tout sourire empoignent notre véhicule par toute aspérité. Leurs doigts de préférence agrippent le caoutchouc des fenêtres. Ils courent au rythme de notre engin englué dans les embouteillages. Leurs sourires éclatant nous insultent. L’un d’entre eux lâche prise et aussitôt un autre prend la relève bravant le danger. A l’autre flanc de notre véhicule, des mères, souvent jeunes, adolescentes, leurs bébés dans les bras tendent leurs mains suppliantes. La lassitude et la désespérance ont terni, déjà, les éclats de jeunesse qui paraient, jadis, leurs visages d’icônes. Les vierges sont devenues martyres le temps d’un coït. Notre véhicule s’éloigne. Les sourires juvéniles et maternelles s’estompent. Ils retournent à leur quotidienne grisaille attendant des hôtes plus généreux. Deux ans de vie en Indes m’ont appris que notre « générosité » doit être ciblée et discrète au risque de provoquer des querelles, des rixes, voire des émeutes autour de soi.

J’ai revêtu mon costume, ceint mes décors de « dignitaire » franc-maçon : je ne me sentais pas « à l’aise ». Malaise… Mes « ors » tremblaient, fébriles, face aux oripeaux, guirlandes indécentes, oriflammes de misère qui agitaient la rue. La pompe maçonnique peut-elle creuser un nid dans l’abject ?

La pauvreté est l’émulsifiant de la dictature. Un peuple maintenu dans la misère mange dans la main du dictateur et y abandonne sa liberté. La becqué et le verre d’eau confortent l’être dans sa condition d’esclave. Ce sont les bourgeois qui font la révolution.

A l’allumage du triangle « Lapa Masoandra » – Palais du Soleil -, le temple était décoré de 27 représentations : Dignitaires, Vénérables et Maîtres rivalisaient de « pompes ».

Après réflexions…

Le peuple malgache, comme tout autre et plus que tout autre, a besoin de la Franc-maçonnerie. Apprendre à lire et écrire, éduquer l’esprit critique… aux plus humbles. Un être qui porte un tablier d’apprenti, de compagnons, une écharpe de maître est un être sur la voie de la libération.  La révolution n’est pas de notre fait, nous « l’étranger » : seul, nous incombe la « transmission ». De longs et pénibles efforts sont, seront nécessaires. Longtemps !  Avec le temps, tout arrive pour ceux qui veulent s’en donner la peine.

A nous, il appartient de donner des « impulsions », des « outils » : pas plus !

Madagascar aux Malgaches. L’Art Royal pour tous.

Nous rentrons de tenue : notre véhicule contourne un homme couché sur la chaussée. Il est reniflé par des chiens. Il est vivant. Encore. Notre hôtel est à quelques mètres.

Au risque de déplaire,

Texte et photo- Etienne Lallement – le 9 avril 2024

Pour en savoir plus : https://fr.wikipedia.org/wiki/Madagascar

Pérégrination en pierres et lumières!

Cathédrale d’Amiens.

Pour Louise-Marie, pour Pierre-Yves, pour tous ceux qui se battent dans l’ombre et la lumière, pour ceux qui se battent pour eux, ceux qui se battent pour les autres. Ceux qui se battent pour tous…pour ceux qui abandonnent la lutte!

Pour eux tous, nous avons griffé de nos regards la pierre du sacre en quête du beau, du fort, du sage.

Nous avons reçu l’éblouissement de la pierre qui parle sous la caresse de la lumière, celle qui éblouit, celle qui chuchote. Celle qui se tait. Cette pierre qui se révèle à l’être réceptif, à l’humain disponible aux effluves de la transcendance.