Combat d'arrière-garde?

Très petite araignée tissant sa toile dans la végétation de la plage de la Pointe-du-Bout . La Martinique.

Depuis un certain temps, nos gouvernants français veulent réformer les modalités du départ pour la sacro-sainte « retraite » pour chacun d’entre-nous.

Ô vous dirigeant – ou qui croyez l’être – Ô vous consentant… Ô vous contestant… Ô vous j’m’en-foutiste…vous me la baillez belle! Etes-vous vraiment ignorants ou aveugles à ce point?

*Une révolution se prépare; l’âge de la mort décidée, de la mort programmée.

Il appartiendra à un groupe politico-économique bardé d’intelligences artificielles de définir pour chacun « le seuil de rentabilité« . Ce qui importera, dès lors, à notre société occidentale et consort sera notre apport de plus valus. A partir de quel âge, à titre individuel, rapporterons-nous encore à la société « capitaloconsumériste »?

Nous rapporterons plus que nous coûterons? Nous aurons le droit de vivre ou de survivre. Gare à nous si notre balance comptable est négative! Notre cessation de paiement individuelle envers la société nous poussera vers le crématorium. Fini le cimetière! La spéculation foncière l’aura enterré!

Il sera temps de nous faire plier bagage pour soulager l’humanité de notre encombrante personnalité.

La retraite ne sera plus un problème. Le mot « retraite » aura rejoint les pages du « dictionnaire des mots disparus ».

Cyniquement vôtre,

Etienne Lallement – 12 janvier 2020

*du second degré certes, mais si nous n’y prenons pas garde, l’humour le plus grinçant pourrait devenir réalité! Au XXème siècle balbutiant, qui aurait pu imaginer la réalité d’un nazisme suivi par presque tout un peuple et bien au delà?

Combat 2020 etc.

La Martinique – Saint-Pierre – Volcan de la Montagne Pelée –

Tous les malheurs du monde – ou tout ce qui est réputé comme tel – ne seraient-ils pas simplement un grand, un énorme manque de confiance en l’humanité, en l’homme, en nous-même ?

Qu’utilisons-nous de nos propres facultés ?

Si peu ! Tellement peu que le monde semble figé dans une paralysie, organique, psychologique…philosophique. Les bons et beaux discours hyper médiatisés, saturés de citations qui sembleraient nous prouver le contraire, ne sont que … épiphénomènes.  Et toujours incompréhensibles et inacceptables pour le commun des mortels.

Des mondes se juxtaposent et s’opposent…L’aristocratie n’est plus princes ou barons.

Toutes classes confondues, nous remettons à d’autres ce qui est de notre propre ressort, de notre propre responsabilité. Par manque de courage. Par manque de confiance en soi.

Certes, nous ne pouvons pas tout faire. Mais…face à la problématique du choix, allons-nous à l’essentiel ? N’optons-nous pas trop souvent pour le chemin de la facilité ? Notre cheminement n’est-il pas guidé par le, les miroirs aux alouettes ? Le rêve étouffe bien et trop souvent ce qui nous pousserait à l’action. Nous déchargeons, en catastrophe, le poids de nos responsabilités sur d’autres épaules. Et gare à celui qui ne remplirait pas « nos » missions !

De volontaire à velléitaire, il n’est que l’épaisseur d’un soupir, un souffle de désespérance. D’un désenchantement.  Le rêve passe. Notre énergie se meut en jalousie qui s’engouffre lourde d’agressivité, lourde de haine.

Paradoxe : Dans une spirale infernale, chaque rêve avorté nous pousse à la désespérance qui elle-même nous pousse à  rêver encore et toujours plus!

Juger mes semblables me met au banc des accusés et sans nul doute, en fin de comptes et de contes au banc des condamnables. Des condamnés ?

Alors « quid » du bonheur que chacun se souhaite plus ou moins hypocritement par des formules forcées par la tradition, la superstition et la peur du « qu’en dira-t-on ? ».

Le bonheur existe-t-il sans l’égoïsme ? Le genre humain existerait-il et perdurerait-il sans l’égocentrisme ?

Faut-il choisir entre la liberté et le bonheur ? Sont-ils compatibles, miscibles entre eux ?

Et d’abord qu’est-ce que le Bonheur que nous nous souhaitons mutuellement ?

Chacun d’entre nous à sa propre définition… toujours autocentrée.

Et pourtant !

Et pourtant, j’ai confiance. Je crois en l’Humain.

Prenons le recul suffisant pour considérer la vie de l’Humanité ! Sur l’échelle de l’Histoire, nous sommes des privilégiés et un peuple universel de progrès. En progression. Mais notre caractère égocentrique ne nous fait considérer que notre microcosme, micro temporel. D’où notre désespoir, nos crises de désespérance.

Arrêtons de nous retourner avec mille et un regrets sur un « passé » dont nous ne percevons que des « Images » biaisées.

AMOR FATI inné ou à conquérir de haute-lutte !

La vie est une lutte ! Alors bonnes luttes pour 2020 et surtout bon choix pour la direction de nos efforts. Les victoires ne sont les résultats des efforts d’un seul mais d’efforts collectifs !

Individu, combattons avec confiance, résolution et pugnacité, l’hypocrisie, l’ignorance et le fanatisme…qui sommeillent en nous ! Cette victoire sur nous même, sera un énorme progrès pour l’Humanité tout entière.

Si, si !

Donc Béa se joint à moi pour nous souhaiter à tous de changer le monde en nous changeant nous-même

Etienne Lallement

Pièges à cons?

Nous participons depuis trois ans au « Relais-pour-la-Vie », action de sensibilisation au dépistage du cancer du sein. D’année en année, ceux qui contestent le bien-fondé, voire l’honnêteté, de cette action, se font de plus en plus entendre. L’un d’entre eux est – annonce-t-il – un éminent cancérologue.

En peu de mots : « Le Relais pour la Vie » est une escroquerie. Un piège à cons !

Moi, je sais. Mieux, je connais.

Grâce à mes interminables « glissades exploratoires » sur le Net, sur les réseaux sociaux et Facebook en particulier, j’ai appris de « sources sûres et de démonstrations convaincantes » que l’animation à but humanitaire est un piège à cons. Que le réchauffement climatique est un piège à cons. Que la politique est un piège à cons. Que la pub est un piège à cons. Que l’information est un piège à cons. Que la mode est un piège à cons. Que la religion est un piège à cons. Que la Franc-maçonnerie est un piège à cons. Que l’amour est un piège à cons. Que la femme est un piège à cons pour l’homme (et pas que pour…). L’homme est un piège à cons pour la femme (et pas que pour…). Tout ce qui me flatte et m’attire est piège à cons.

Bref ! La vie en sa totalité ne serait-elle qu’un immense piège à cons ?

Ne me reste-t-il que la mort pour ultime issue à ce piège infernal ?

Et bien non ! D’après un article d’un journal scientifique de réputation mondiale, co-signé par de très sérieux enseignants-chercheurs d’une célèbre université américaine, la mort serait une invention des pompes-funèbres pour nous pomper* notre argent, faire fortune à nos dépends !

Nous courrons samedi et dimanche et tant pis si nous passons pour des cons!

Etienne Lallement – 25 octobre 2019

*d’où leur nom

Relais-pour-la-Vie en Martinique

Chemine-toi, toi-même…

L’œil était dans la tombe et regardait Sylvain. Mais Sylvain refuse la tombe des morts. Sylvain refuse la tombe des vivants: l’inhumation en terre trop connue. Vivre, revivre hors des chantiers battus, rebattus, trop battus, combattus pour des victoires qui ne seraient, qui ne seront que des Verdun. Des Hiroshima. Des mangeoires à souvenirs et nostalgie. Sans bonheur.

Ici, c’est la narration d’une résurrection-en-pérégrinité par la reconstruction « Sur les chemins noirs » d’une diagonale en « Hex-agonie ». A lire, le chemin parait facile. Qui sait écouter ce qu’il lit, découvre un chemin initiatique qui part de la chute imbécile, jusqu’au réveil humble et triomphant, car il s’agit bien d’une victoire. Adam retrouve le chemin d’Eden. Ce mettre en chemin, c’est prendre du recul face à la vie de nos « Temps Modernes » en ayant l’honnêteté de porter à ces temps critiquables et critiqués, le témoignage de la richesse du progrès, d’un certain progrès, et de porter témoignage de la misère des ébranlements fruits de la démesure des ambitions des « Apprentis-sorciers » qui régulent la « Société ». La nôtre.

Sylvain Tesson garde ses distances et gagne la clairvoyance du chemineau-philosophe. Son regard est sans concession et quelque peu désabusé face au « monde ». Peu importe que ce monde qui est le sien, coure à sa perte, sa perte d’identité, Sylvain Tesson a appris à vivre « presque » sans lui pour parcourir le « chemine-toi, toi-même ».

Le bonheur est sur le chemin: merci la vie d’avoir sauvé Sylvain Tesson.

Etienne Lallement – 21 septembre 2019

PS: La lecture en novembre 2011 de « Dans les forêts de Sibérie » de Sylvain Tesson m’avait enthousiasmé.

Lectures d’été…

photo prise le 3 août 2019 dans le parc de la mairie d’Hellemmes-Lille

Je continue mon exploration de la littérature créole et plus particulièrement de la littérature Martiniquaise. Les coups de coeur succèdent aux coups de coeur. J’ai embrassé mon mois d’août par « Nuée Ardente » de Raphaël Confiant. Le 8 mai 1902, la montagne Pelée qui domine La Martinique explose. La nuée ardente détruit la capitale de l’époque: Saint-Pierre. 30 000 personnes sont tuées. 3 échappent au massacre. A partir de cette catastrophe, Raphaël Confiant nous plonge dans la vie des Pierrotins et des Pierrotines avant la catastrophe. Le style est vif et mordant. Un crescendo haletant. Un roman, certes, mais un portrait de société « au bistouri » sans concession mais avec humour. Avec amour. Raphaël Confiant aime l’équipage de ce navire de pierre dont la voile se déchire et sombre sous la cendre meurtrière.

J’ai poursuivi mes lectures estivales avec cette question troublante : qui a tué « Solibo Magnifique » ? Patrick Chamoiseau ici me déroute. Me titille. Me fait beaucoup rire. Le vocabulaire est toujours aussi riche et la prose est lumineuse. L’humour et le cocasse me fixe sur les pages: j’avale ce roman policier. Ce n’est pas Agatha Christie, ni Edgar Poe, ni Gaston Leroux, ni Conan Doyle…au fil des lignes une idée s’impose. Des lectures d’il y a bien longtemps se superposent aux lignes « Chamoisiennes ». San-Antonio surgit dans le champ du burlesque à la sauce créole. Le plaisir de lire!

« Sagesse d’ailleurs pour vivre aujourd’hui » de Frederika Van Ingen. L’auteure part à la rencontre de personnes qui ont choisi de tout « plaquer » pour s’immerger aux cœurs de peuples non-intoxiqués (pas encore!) par notre « progrès ».Expériences exaltantes de ceux qui ont décidé de vivre autrement. Ces peuples ont tellement à nous apprendre, à nous qui, trop souvent, les considérons avec condescendance quand nous ne les ignorons pas!

« Vivre, Penser, Regarder » de Siri Hustvedt. Curieusement ce livre a échappé à ma valise. Entamé en juillet.. Je vais reprendre mon exploration après avoir relu « en diagonale » les quelques 200 pages déjà lues mais diluées dans ma mémoire. Passionnant malgré une lecture plus ardue…

Type de lecture qui exige isolement, silence et liberté d’esprit.

« L’Inde où j’ai vécu » d’Alexandra David-Néel. Quel émerveillement! J’ai retrouvé l’Inde où j’ai moi-même vécu deux ans. L’Inde est un pays en voie de développement à vitesses variables. L’Inde vit avec le corps dans le futur et la tête dans le passé. Beaucoup des situations vécues par Alexandra David-Néel pourraient encore se vivre à l’identique. Les mentalités de la première moitié du XXème siècle ont peu évolué. Est-ce un bien? Est-ce un mal? L’avenir répondra à la question. Pas moi. L’aventurière est une « journaliste ». Une vrai journaliste croquant, au quotidien, ses aventures, ses rencontres dans un style fluide, agréable et simple. Le plaisir est à chaque page. Un livre de chevet pour allumer des rêves.

Etienne Lallement – 17 septembre 2019 –

Éblouissements!

Narcisse que nous sommes! Nous nous complaisons à ne voir le beau que d’œuvres humaines. Par ses créations l’humanité se rassure autant qu’elle se détruit.

Sachons nous arrêter.

Sachons glisser notre regard vers la nature en ce qu’elle a de discret. D’humble. La création « naturelle » est humble… par nature. N’ a-t-on jamais entendu quelque fleur, quelqu’arbre, quelqu’insecte, réclamer notre attention ou quelques flatteries sur leurs apparences? Réclamer notre admiration à la contemplation de leur miraculeuse existence?

L’humain peut créer des chefs d’oeuvre. La nature est miracles.

La mairie d’Hellemmes respire les effluves d’un jardin extraordinaire. Un monde merveilleux. Merveilleux pour qui sait ralentir le pas, s’arrêter, s’immobiliser, s’accroupir, faire silence, déciller son œil aveuglé par le quotidien, scruter avec un regard neuf …attendre que la nature oublie ou s’accommode de l’intrus que souvent nous sommes.

Cela fait quatre ans que je retourne, en différentes saisons, dans ce jardin ordinaire pour la plupart du commun des mortels. Extraordinaire pour moi.

Ne dites surtout pas : « Heureux Hellemmois! » avec une pointe de jalousie. A quelques pas de chacun d’entre-nous, s’épanouissent de tels miracles avec l’aide, ou pas, de talentueux jardiniers. Les jardiniers sont de savants-artistes de l’éphémère.

Texte et photos – Etienne Lallement 9 septembre 2019 –

Lettre à Claude, Georges, Jean, Serge, Yves et bien d’autres…

Mur de La Fraternité – Fort-de-France – Mickaël CARUGE et Claude CAUQUIL – 2013

Claude est dentiste. Georges est médecin. Yves, kiné. Peut-on être serviteur de la santé des « êtres » sans les aimer ? Aimer sincèrement. Jean et Serge sont transmetteurs de connaissances. Sapience et conscience. Peut-on être serviteur du « savoir » sans aimer les « êtres » ? Sincèrement.

Claude est Juif et vibre et avec les Israéliens. Georges est Palestinien de cœur et de lutte. Jean et Yves sont homo, « comme ils disent ». Georges, Claude et Serge s’affichent hétéros. « Comme personne ne précise. ».

Tous ont le discours affirmé. La faconde, pour certains. Pour convaincre. De leurs mots, on sent, pourtant, sourdre des plaies d’incompréhension. Les anathèmes s’échangent. « Un des… » excommunie « quelqu’autre ». Parfois, sans se connaître. Parfois même, la violence des pensées dans les discours s’insinue et se gonfle.

Quelques choses les séparent. Pourtant, ils font partie de la même famille : le Peuple de la Terre.

Quand ils échangent, individuellement avec moi, ou « facebookisent », chacun argumente… avec passion. Avec foi.

J’écoute. Je lis.

Chacun affirme…

J’écoute. Je lis.

Chacun cautionne…

J’écoute. Je lis.

Chacun condamne…

J’écoute. Je lis.

Il y a les taiseux qui n’en pensent pas moins.

A entendre et les connaître…un peu… tout semble les séparer.

Il y a ceux qui croient au ciel.

Il y a ceux qui doute du ciel, d’un ciel…

Il y a ceux qui cherchent…tous doutent, sans doute

Je suis oreille…je ne sais qu’être oreille, porte d’athanor aux minerais ignescents chauffés de doutes et de questions innombrables.

Chacun invoque « la Raison » pour lui-même. S’il le fallait encore, chacun apporte la confirmation que « la Raison » est une épistémè individuelle. « La Raison » est la science et l’argumentation de l’« Ego », de son savoir être et de son pouvoir de faire. « La Raison » sublime le geste de qui la professe. « La Raison » condamne le geste d’autrui. « La Raison » conduit aux excès, au meurtre qu’elle justifie.

« La Raison » couronne le fou.

« La Raison » gouverne le Monde. « La Raison » détruit le Monde.

Raison est déraison.

La Vie est une grande illusion. Falbala mène la danse. Fanfreluches mènent au désespoir, mène à la mort. Toujours. Mort sociale, mort morale… Mort physique…

Claude, Georges, Jean, Serge, Yves et les autres tout semble vous séparer.

Pourtant vous faites partie de la même famille maçonnique.

La même famille maçonnique qui ambitionne de réunir ce qui est épars.  L’aboutissement n’est pas de notre temps, mais doit-on renoncer?

« De longs et pénibles efforts sont encore nécessaires… »

J’ai confiance.

Etienne Lallement – juillet 2019