R-éveil au seuil du sépulcre

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Une formule dit: « Cherche et tu trouveras« . Il est quelquefois inutile de chercher. Les êtres et les choses viennent à nous. J’avais envisagé de quitter le flux des œuvres de Patrick Chamoiseau pour retourner vers les mots de Césaire ou quelque autre antillais laissés en suspend… Mais, le hasard qui n’existe pas en a décidé tout autrement.

Je pénétrais dans une officine qui s’est parée du titre d’« Ananda, l’oasis de la connaissance« . Ananda fleure bon l’Inde et me réveille une tralée de souvenirs. « Sat, Chit, Ananda. »

Entre une méthode Yoga et l’art de la conjuration par je ne sais quels grigris, onguents ou invocations, trônait une pile de « Chamoiseau ». Je complétai mes achats. Je retournai un exemplaire gansé de vermillon et la lecture de la « quatrième » écarta la promesse que je n’avais faite qu’à moi-même.

Une semaine suffit à infuser l’oeuvre. le magasin vend des encens et chaque page imprégnée exhale des fragrances orientales et sacrées. Une odeur de célébration parfume la lecture d’un opus consacré à la mort.

Pas de tragique. Par de larmoiement. Les effluves de la mémoire. Les phéromones du passé. Émotions du présent avec un rien de détachement.

Autour de Man Ninotte que le souffle a quitté, la vie d’une famille, la vie, l’histoire, les histoires d’un peuple. Tous se dévoilent dans leurs grandeurs et leurs faiblesses. Catharsis fleurissant en oeuvre littéraire. Maïeutique dé-livrant l’orphelin. Ceci n’est pas une fiction. Un auteur « fait » son deuil de sa « manman ». Humain.

Quel cadeau pour moi qui vis en Martinique depuis plus de trois ans et ne veux être assimilé mais vivre comme un poisson en mer créole. Livre important pour qui veut toucher l’art du vivre caribéen en ses racines, ses enchevêtrements « rhizomiques ».

Mes lectures font naître souvent des musiques en fond d’écran de mon imagination. A la lecture de « La matière de l’absence« , j’entendais la Symphonie Pastorale de Beethoven. Je ne veux savoir pourquoi. Elle s’interrompait de quelques mesures que déjà dans la béance du silence s’infiltrait la trompette de Miles Davis. Je sais pourquoi.

Etienne Lallement – 27 mars 2018

Chamoiseau, le papillon et la lumière

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« Et si la lumière ne se trouvait pas où on l’attend? » 

Encore « un Chamoiseau », direz-vous? Celui est arrivé sous mes doigts comme par hasard. Bien sûr le hasard n’existe pas. Alors?

« L’esclave vieil homme et le molosse » m’avait étonné, séduit, troublé… Le nom de Chamoiseau de nouveau attira mon regard, interpella mon intellect, chatouilla ma curiosité dans les rayons compacts de littérature îlienne  de la Librairie Antillaise .

Est-ce un roman? Non, pas tout à fait. Un livre de poésie? Non, pas tout à fait. Une fable? Certes, il y a du Ésope la dessous, mais une fable ne fait pas 99 pages, même illustrée des lépidoptères de Ianna Andreadis. Même le Maître des eaux et forêts fut avare de ses vers. Mais ici pas de vers. De la prose tressée pour trousser une morale, une métaphysique discrète qui ne nie ni n’affirme. Qui oserait « affirmer » quand il s’agit de la lumière. La Lumière. L’onde aveuglante, ultime discrétion de la Vérité… Peut-être? Un « simple livre simple » : rien n’est expliqué. Suggéré? Peut-être. Difficile de dire l’indicible sans corrompre. Corrompre la question. Corrompre la réponse. Cette narration philosophique n’a que l’effet d’un battement d’aile de papillon. Pour qui se laisse entraîner, le tsunami des questionnements n’est pas loin. Ce n’est pas l’histoire qui remue méninge. L’histoire, pour qui se laisse aller à glisser sans retenue, ne cessera de porter à ébullition. Au coin des pages, la corne de l’angoisse et le signet de la sagesse nous émoustillent et nous consument. Frissons garantis.

Simple, mais essentiel!

Un livre n’est qu’une pluie. C’est le terrain arrosé qui fera toute la différence.

Etienne Lallement – 13 mars 2018

Patrick Chamoiseau – Le papillon et la lumière

Ianna Andreadis

« Le paillon et la lumière » est disponible dans la collection Folio.

— « Into the wild » — Jon Krakauer

 

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L’être humain est un animal étrange déchiré entre ce qu’il est, ce qu’il aurait voulu être, ce qu’il rêve de devenir qui se confond, souvent, avec ce qu’il désire posséder. Et puis, au détour d’un chemin, apparaît « le rêveur éveillé », celui que l’on jalouse en le traitant de fou. Celui qui fait rêver. Mais jamais, au grand jamais nous ne mettrons nos pas dans les siens. Les vérités font si peur que l’on s’abstient de les poursuivre, laissant à l’autre la périlleuse mission d’aller où nous ne voulons pas même jeter un œil. « D’ailleurs, qu’il garde ses secrets! Nous n’en voulons pas!« . Son calvaire nous rassure. La peur du « vrai » fige un monde qui se laisse dériver.

Ici Christopher Johnson McCandless veut confondre le rêve et la réalité. Ici l’homme qui marche et un homme en marche. Seul. Seul face à lui même. Il ne fuit pas le monde. Le monde marche avec lui. Il veut franchir « la dernière frontière« . Celle qui le sépare d’avec lui-même.

Sa mort rassure le lecteur. Il part avec ses possibles secrets.

Etienne Lallement

« Into the wild » – Jon Krakauer  – éditions Presse de la Cité – Collection 10/18 – malgré le titre, le texte est traduit en français.

Collection 10-18

Wikipedia – Into the wild

 

 

Sans gloire…et pourtant…

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Ceux-là ne sont pas ceux-ci : ni Hallyday, ni d’Ormesson, ni Depardieu, ni Macron, ni Trump, ni Miss France ou Monde, ni Mélanchon, ni Lepen père, fille ou nièce, ni même François pape, ni Finkielkraut, ni Ricard, Ni Lenoir… Ils ne sont ni, ni, ni, ni…*

Mais ils sont !

Ceux-là sont parmi nous… et nous ne les connaissons pas, ces petits, ces sans-grades, ces sans-couverture-médiatique, qui œuvrent dans le silence, la discrétion. L’humilité.

Terriblement efficaces !

Pour ceux-ci, les vedettes, les idoles, les « unes », nous élevons, des temples, des autels, des tabernacles. Gare à l’idole qui redescend sur terre !  Il ne nous est permis de les adorer que du parvis des « gentils ». Il nous faut porter notre écot à la construction des mythes : pour pouvoir rêver, il faut savoir, pouvoir payer. Sacrifices. Il nous faut des rêves et des boucs-émissaires pour oublier nos propres incompétences souvent supposées et transférer le poids de nos propres peurs. Pour assouvir nos colères, filles de notre impuissance.

Ceux-là rêvent aussi. Cela connaissent aussi la peur. Mais, chez eux, pas de paralysie.

De l’action !

Heureusement ceux-là sont nombreux. Insuffisants, mais nombreux. Et l’espoir vient de ce nombre et de leurs convictions.

Ils œuvrent dans le silence, car c’est dans leur nature. Ils œuvrent dans la discrétion pour ne pas déranger les aveugles-voyants qui ne veulent pas voir. Ceux qui ont mille autres choses à faire… « enfin, on ne peut quand même pas porter toute la misère du monde ! », « mais que fait le gouvernement, j’ai voté pour que ces problèmes soient résolus », « mais que fait le dieu que je prie tous les jours pour le monde qu’il a créé ? »…

« Je râle donc j’existe. Être spectateur-détracteur est ma manière de vivre. ».

Inaction !

« Bla, bla, bla… » et à force de discours, toujours plus de discours, le monde s’enferre, s’englue dans le mensonge, l’hypocrisie, l’ignorance, le fanatisme et la paupérisation.

Pour ceux-là, pas de ségrégation, ni d’ostracisme, ni de rancunes, ni, ni, ni…

Mais ils sont. Efficaces pour tous !

Ils agissent pour les autres, pour eux. Et pour ceux qui ne font rien, ou si peu, que des actes insignifiants mais « déculpabilisant » pour les spectateurs de la vie.

Ceux-là méritent notre respect et notre considération. Pas notre condescendance. Pas notre récupération et notre utilisation de leurs actes en parures démagogico-médiatiques.

Ils veilleront, travailleront le jour, la nuit de Noël, la nuit du Réveillon, tous les jours fériés et par eux nos journées et nos nuits seront plus sûres. Plus belles.

« Les anges d’aujourd’hui sont ceux qui s’intéressent aux autres avant de s’intéresser à eux-mêmes. »

Etienne Lallement –

Réflexion en flânant parmi les stands lors d’une course pour la sensibilisation aux problèmes causés par la maladie d’Alzheimer dans la commune du Robert, île de La Martinique. Si je me suis arrêté, entre-autres, au stand des « Ailes des Anges », mon analyse ne s’arrête pas aux seules associations présentes ce soir-là, mais à toutes celles dont la vocation est « le service désintéressé aux autres ».
  • Le choix de noms est sans parti-pris, piochés sur les couvertures des revues, livres et journaux jonchant ma table de salon.

Liens:

Les Ailes des Anges

France Alzheimer

« L’esclave vieil homme et le molosse »

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« […] Une histoire à grands sillons d’histoires variantes, en chant de langue créole, en jeu de langue française et de parlures rêvées*. […] », en prose-poésie où à la suite de « l’esclave vieil homme », nous pénétrons dans la sauvage nature primitive caribéenne et dans le jardin secret de l’Homme intemporel.

Bien qu’il me faille trois lectures – j’avais fait la même remarque pour Aimé Césaire, poète – je suis sous le charme de la littérature aux racines créoles. Littérature symphonique.

Trois lectures. Une pour écouter la musique du tracé. Une autre, avec un dictionnaire, pour décrypter la partition. Une dernière, enfin, pour jouir d’un trésor des « isles à sucre* ».

Livre haletant en immersion botanique où la végétation-rhizome est chaînes de l’esclave en rupture de racine-servitude. Le molosse, « le monstre* », le démon-canin, l’esclave-chien vaincra-t-il la soif de liberté du « vieux-nègre sans histoire* ? ». Je le saurai dans 17 pages !

Etienne Lallement

*Patrick Chamoiseau – « L’esclave vieil homme et le molosse » – Folio – 4ème de couverture (extrait).

L’esclave vieil homme et le molosse

 

Noël…

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Noël est Naissance

Sachons faire naître la réalité de l' »être » que nous sommes et briser, un peu plus, le pantin que nous nous complaisons à agiter pour « paraître ».

Etienne Lallement

 

 

Voici venue l’heure du dédouanement…

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L’eau, la terre, l’air, le feu, la nature et l’être humain

Vœux pour 2018

Nous allons nous précipiter dans les quelques semaines qui suivent pour gratifier tout un chacun de la formule traditionnelle, superstitieuse, anti-culpabilisatrice et salutaire : « Bonne Année ! Bonne Santé ».

Et pourquoi pas « sincères condoléances » pour l’année 2016 trop tôt disparue ?

Et puis…

Et puis chacun de nous retourne cultiver son pré carré.  Nous oublierons, rapidement, la plupart des personnes gratifiées en quelques secondes à peine, de notre lapidaire et un poil hypocrite : « Bonne Année ! Bonne Santé ! ».

Et si cela nous engageait ? Et si cela devenait un serment : « Je m’engage à faire en sorte que, pour toi à qui je m’adresse, l’année 2018 soit une Heureuse et Bonne Année ! ».

De ce fait, les destinataires de nos bons vœux seraient beaucoup moins nombreux…Nous avons tellement de choses à faire ! Les vœux, formule de politesse, donnent du plaisir à qui les reçoit…Soit !

Et si nous allions un peu plus loin que le bout de nos vœux ? Faire franchir la frontière qui sépare le plaisir du bonheur.

Si chacun fait à chacun « un peu », même « un petit peu », le destinataire sera comblé de beaucoup de « petit peu » ! Le « Bonheur » n’est pas un fait unique, mais la multiplication de petits bonheurs. Celui qui donne s’octroie déjà à lui-même du bonheur. Alors pourquoi hésiter ?

Mais sachons accepter le don sans retour ! Ne faisons pas de nos relations humaines des échanges mercantiles, même si « c’est moi que j’aime à travers toi *» comme distillait la chanson de ma jeunesse.

N’exigeons de personne qu’il soit à l’image que nous rêvons de lui. Sachons accepter l’autre dans toutes ses différences. Soyons plus que tolérants. Soyons respectueux et attentifs à ce qui nous différencie : l’école des hommes est le regard qu’il porte sur l’autre autant que sur lui-même, non pour la critique et le jugement « condamnant », mais comme combustible au moteur de sa propre existence.

Il est une autre condition au bonheur : « savoir demander ». Combien de fois dans notre quotidien sommes-nous à deux doigts d’un quelconque bonheur…Il nous manque si peu. Alors, il nous faut savoir solliciter, celui qui ne voit pas, celui qui ne soupçonne pas notre besoin. Humilité ! La demande n’est pas facile : la fierté, la peur du refus, la peur de déranger… Il faut oser. Ici pas question de charité, mais d’échange de plaisir. Echange de bonheur. Il est autant de bonheur à donner que recevoir.

Alors, vous l’avez compris, Béatrice et Etienne Lallement ne vous souhaitent que du bonheur… et si nous y pouvons quelque-chose, aussi peu soit-il…

Frappez et nous vous ouvrirons

Que 2018 soit une année de respect mutuel et de Paix.

*« C’est moi que j’aime à travers vous… »