Respiration! Contemplation!

Depuis que notre fille Alexandra et sa famille habitent tout près du jardin public de l’hôtel de ville d’Hellemmes-Lille, chaque année, j’y attarde mes pas, m’y fige, m’y abandonne et médite « en disponibilité d’esprit et réceptivité spirituelle », selon la formule consacrée.

La beauté est l’essence, la force de la sagesse.

Alors qu’un minuscule petit virus nous rappelle que notre présence sur terre n’est qu’un bail précaire, la nature s’épanouit en bonne santé sous la seule menace de l’humain conquérant. Heureusement, certains de ces humains s’évertuent à la sublimer avec respect et passion. Ainsi, en ce parc, les jardiniers municipaux s’activent au quotidien.

Voilà quelques arrêts sur image de juillet 2021. Il suffit de faire défiler…

photos et texte : Etienne Lallement – juillet et août 2021 – Jardin public d’Hellemmes-Lille –

Inexorable violence?

La violence se fonde sur des prétextes. Non sur la réalité. Les causes profondes sont inconnues ou niées.

L’angoisse est source de toute atteinte à l’intégrité d’autrui. Cette guerre contre la peur est vaine. Les tentatives d’ « ex-pression » par la violence est une spirale vicieuse. Infernale.

Il est dans la nature de l’Homme de retourner à « l’état sauvage ». Primitif. Essentiel.

Voulu ou forcé, ce retour sera douloureux.

Le fou fait de l’audience. Le sage est ignoré.

L’avenir est dans la non-violence.

La non-violence ne se prêche pas. Ne s’enseigne pas. Elle s’imposera d’elle-même comme une évidence quand toutes les autres voies auront échoué.

Quand l’Humanité aura vaincu ses peurs et découvert sa véritable nature.

Etienne Lallement – le 3 août 2021 – Saint Joseph – La Martinique

Vibration…

Vibrations. La Vie est vibrations. Vibration.

Lieux secrets, intemporels.

Le temps semble en suspens. Volontaires confinements des êtres en quête d’harmonie.

Le battant s’élance…Oscille…Heurte… 🕉 surgit du bronze .

Se taisent les êtres à l’écoute de l’alliage-vibrant.

Vibrent de concert le bronze, la chair et l’os. Vibrent de conserve.

🕉 se dilue… Rejoint le silence.

Existent encore des lieux secrets.

Si près. Si loin.

Existent encore des lieux sacrés. Si près.

Si lointains pour qui se détourne.

Le temps doit s’abolir. En chacun.

Le miracle, s’il existe, est à long terme.

Très long terme.

Le but est illusion. Le joyau est au coeur de l’instant-figé.

Le miracle précédera le but…

Ou ne sera pas.

Etienne Lallement – le 4 avril 2021 – Saint Joseph – La Martinique

ce texte n’est qu’une réflexion personnel et non une communication des moines Bouddhistes – dont je ne suis pas – qui méditent près de chez nous. Pour en savoir plus sur la réalité de leurs activités en Martinique: https://www.facebook.com/dogen.martinique

pour mémoire: https://sydrach357.com/2014/09/15/auroville-matrimandir/

Musique solaire sous ciel de grisaille…

La mer Caraïbe joue des arpèges au raz des pieds du Petibonum amarré aux pieds de la Montagne Pelée.

Les ombres s’agitent, se courbent et se redressent, égrainent quelques notes sauvages d’« accordailles » et s’unissent au rythme de la vague nerveuse. Nous célébrons le mariage du ressac et des vibrations colophanées réunis par les souffles marins et la respiration de la flûte traversière.

Ciel gris. Mer grise.

Fi des silences feutrés des salles de concerts, le QCM jaillit de la vague, calme les éléments et éveille les mélomanes de la plage du Coin. Peu à peu le ciel s’enrosit , prémisse d’un embrasement qui ne viendra pas. Les rais solaires s’essoufflent par-dessus la grisaille duveteuse moutonnant sur nos têtes.

Le divin se résigne à plonger sans nous saluer et abandonne les planches à la Reine de la Nuit et son cortège hétéroclite : un tir du Canon de Pachelbel ouvre les festivités, Haendel pousse son Alléluia et Vivaldi célèbre le Printemps. Jean-Népomucène Hummel écarte, pour cette fois, sa trompette. A sa suite Jean-Sébastien Bach badine et gavotte. Le guadeloupéen Chevalier de Saint Georges métisse le concert. Mozart célèbre la nuit par une petite musique. Intégrale. La Flûte Enchantée nous permet de célébrer et la reine et la nuit…Au printemps de Vivaldi du début de soirée répond le « Summertime » de Gershwin. John William décline sa « Liste de Schindler ». Un Divertissement Espagnol ouvre la voie à Art Mengo qui laisse s’épancher la « Valse Triste » de Laurent Rocher…  Raphaël Rimbaud précède Piazzolla… Révérence !

Aux ultimes accords de Piazzolla, la mer se déhanche encore, tangue de plus belle puis se libère des notes et s’enfonce dans la nuit.

Le silence règne. Déjà !

Les oreilles comblées, les mandibules passent à l’attaque !

Une soirée de grâce !

Etienne Lallement – 19 septembre 2020 –

Concert du Quintette Classique de La Martinique sur la plage « du Coin »  au Restaurant « Le Petibonum » au Carbet – La Martinique

Chemine-toi, toi-même…

L’œil était dans la tombe et regardait Sylvain. Mais Sylvain refuse la tombe des morts. Sylvain refuse la tombe des vivants: l’inhumation en terre trop connue. Vivre, revivre hors des chantiers battus, rebattus, trop battus, combattus pour des victoires qui ne seraient, qui ne seront que des Verdun. Des Hiroshima. Des mangeoires à souvenirs et nostalgie. Sans bonheur.

Ici, c’est la narration d’une résurrection-en-pérégrinité par la reconstruction « Sur les chemins noirs » d’une diagonale en « Hex-agonie ». A lire, le chemin parait facile. Qui sait écouter ce qu’il lit, découvre un chemin initiatique qui part de la chute imbécile, jusqu’au réveil humble et triomphant, car il s’agit bien d’une victoire. Adam retrouve le chemin d’Eden. Ce mettre en chemin, c’est prendre du recul face à la vie de nos « Temps Modernes » en ayant l’honnêteté de porter à ces temps critiquables et critiqués, le témoignage de la richesse du progrès, d’un certain progrès, et de porter témoignage de la misère des ébranlements fruits de la démesure des ambitions des « Apprentis-sorciers » qui régulent la « Société ». La nôtre.

Sylvain Tesson garde ses distances et gagne la clairvoyance du chemineau-philosophe. Son regard est sans concession et quelque peu désabusé face au « monde ». Peu importe que ce monde qui est le sien, coure à sa perte, sa perte d’identité, Sylvain Tesson a appris à vivre « presque » sans lui pour parcourir le « chemine-toi, toi-même ».

Le bonheur est sur le chemin: merci la vie d’avoir sauvé Sylvain Tesson.

Etienne Lallement – 21 septembre 2019

PS: La lecture en novembre 2011 de « Dans les forêts de Sibérie » de Sylvain Tesson m’avait enthousiasmé.

Lectures d’été…

photo prise le 3 août 2019 dans le parc de la mairie d’Hellemmes-Lille

Je continue mon exploration de la littérature créole et plus particulièrement de la littérature Martiniquaise. Les coups de coeur succèdent aux coups de coeur. J’ai embrassé mon mois d’août par « Nuée Ardente » de Raphaël Confiant. Le 8 mai 1902, la montagne Pelée qui domine La Martinique explose. La nuée ardente détruit la capitale de l’époque: Saint-Pierre. 30 000 personnes sont tuées. 3 échappent au massacre. A partir de cette catastrophe, Raphaël Confiant nous plonge dans la vie des Pierrotins et des Pierrotines avant la catastrophe. Le style est vif et mordant. Un crescendo haletant. Un roman, certes, mais un portrait de société « au bistouri » sans concession mais avec humour. Avec amour. Raphaël Confiant aime l’équipage de ce navire de pierre dont la voile se déchire et sombre sous la cendre meurtrière.

J’ai poursuivi mes lectures estivales avec cette question troublante : qui a tué « Solibo Magnifique » ? Patrick Chamoiseau ici me déroute. Me titille. Me fait beaucoup rire. Le vocabulaire est toujours aussi riche et la prose est lumineuse. L’humour et le cocasse me fixe sur les pages: j’avale ce roman policier. Ce n’est pas Agatha Christie, ni Edgar Poe, ni Gaston Leroux, ni Conan Doyle…au fil des lignes une idée s’impose. Des lectures d’il y a bien longtemps se superposent aux lignes « Chamoisiennes ». San-Antonio surgit dans le champ du burlesque à la sauce créole. Le plaisir de lire!

« Sagesse d’ailleurs pour vivre aujourd’hui » de Frederika Van Ingen. L’auteure part à la rencontre de personnes qui ont choisi de tout « plaquer » pour s’immerger aux cœurs de peuples non-intoxiqués (pas encore!) par notre « progrès ».Expériences exaltantes de ceux qui ont décidé de vivre autrement. Ces peuples ont tellement à nous apprendre, à nous qui, trop souvent, les considérons avec condescendance quand nous ne les ignorons pas!

« Vivre, Penser, Regarder » de Siri Hustvedt. Curieusement ce livre a échappé à ma valise. Entamé en juillet.. Je vais reprendre mon exploration après avoir relu « en diagonale » les quelques 200 pages déjà lues mais diluées dans ma mémoire. Passionnant malgré une lecture plus ardue…

Type de lecture qui exige isolement, silence et liberté d’esprit.

« L’Inde où j’ai vécu » d’Alexandra David-Néel. Quel émerveillement! J’ai retrouvé l’Inde où j’ai moi-même vécu deux ans. L’Inde est un pays en voie de développement à vitesses variables. L’Inde vit avec le corps dans le futur et la tête dans le passé. Beaucoup des situations vécues par Alexandra David-Néel pourraient encore se vivre à l’identique. Les mentalités de la première moitié du XXème siècle ont peu évolué. Est-ce un bien? Est-ce un mal? L’avenir répondra à la question. Pas moi. L’aventurière est une « journaliste ». Une vrai journaliste croquant, au quotidien, ses aventures, ses rencontres dans un style fluide, agréable et simple. Le plaisir est à chaque page. Un livre de chevet pour allumer des rêves.

Etienne Lallement – 17 septembre 2019 –

Éblouissements!

Narcisse que nous sommes! Nous nous complaisons à ne voir le beau que d’œuvres humaines. Par ses créations l’humanité se rassure autant qu’elle se détruit.

Sachons nous arrêter.

Sachons glisser notre regard vers la nature en ce qu’elle a de discret. D’humble. La création « naturelle » est humble… par nature. N’ a-t-on jamais entendu quelque fleur, quelqu’arbre, quelqu’insecte, réclamer notre attention ou quelques flatteries sur leurs apparences? Réclamer notre admiration à la contemplation de leur miraculeuse existence?

L’humain peut créer des chefs d’oeuvre. La nature est miracles.

La mairie d’Hellemmes respire les effluves d’un jardin extraordinaire. Un monde merveilleux. Merveilleux pour qui sait ralentir le pas, s’arrêter, s’immobiliser, s’accroupir, faire silence, déciller son œil aveuglé par le quotidien, scruter avec un regard neuf …attendre que la nature oublie ou s’accommode de l’intrus que souvent nous sommes.

Cela fait quatre ans que je retourne, en différentes saisons, dans ce jardin ordinaire pour la plupart du commun des mortels. Extraordinaire pour moi.

Ne dites surtout pas : « Heureux Hellemmois! » avec une pointe de jalousie. A quelques pas de chacun d’entre-nous, s’épanouissent de tels miracles avec l’aide, ou pas, de talentueux jardiniers. Les jardiniers sont de savants-artistes de l’éphémère.

Texte et photos – Etienne Lallement 9 septembre 2019 –

Au Royaume des Fruits

Depuis plus de trois ans, nous parcourons la Martinique. La nature et les distilleries de rhums avaient été, jusqu’à maintenant, les objets essentiels de notre exploration. Mais qui dit « pays tropical » dit  » végétation tropical ». Qui dit « végétation tropical » dit « fruits tropicaux »! Et quels fruits! Avec l’ami Marco, nous avons poussé la porte de l’usine Denel au Gros-Morne qui transforme la richesse fruitière de l’île en boissons, sauces et confitures.

L’accueil est cordial. Le directeur de l’entreprise Philippe Vourch et Julie, notre guide, savent recevoir avec empressement les visiteurs. Le maître des lieux, parle, avec passion et volubilité, de la véritable « aventure » générée par la culture et la transformation des fruits en Martinique. car, pour en arriver à l’entreprise florissante qui nous ouvre ses portes, les succès et les échecs se sont succédés aux fils des ans. Au fil des siècles. L’entreprise « Royal » du Gros-Morne existe, quant à elle, depuis le tout début de XXème siècle.

Désormais, la passion des fruits a généré un succès évident même si la production peut sembler modeste face aux monstres de l’agro-alimentaire.

Ici la qualité prime sur la quantité.

Désormais, l’entreprise ouvre ses portes le mercredi pour raconter une page d’histoire, présenter son art de transformation fruitière et ses cultures. Toute la diversité de la production est offerte à la dégustation. Nous pouvons découvrir des douceurs encore absentes des rayons épiciers. En plus des « grands classiques », la boutique du centre de production propose des produits originaux de « caractère »! Bientôt sera proposé du miel. Pour l’instant, nous pouvons visiter la « ruche » de l’intérieur et observer les abeilles à l’oeuvre!

des sauces « originales » également…

Attention pour la visite, il est indispensable de réserver. Le jour de notre visite, trois groupes d’une trentaine de personnes ont effectué la visite.

Etienne Lallement – le 22 mars 2019

Tout savoir sur les visites : https://www.facebook.com/events/villa-royal-usine-denel/visite-de-lusine-royal-et-des-vergers-au-gros-morne/1876497612403198/

La fièvre des palmacées

P1410930

Georges Pastel

Nous étions une bonne vingtaine. A l’invitation de Pascale, nous sommes partis dans les hauteurs de Rivière-Pilote en Martinique, à la découverte d’un magnifique jardin consacré exclusivement, ou presque, aux palmiers. Nous sommes accueillis à la porte du temple par le grand-prêtre des lieux, Georges Pastel qui voue une bonne et ultime partie de sa vie à la recherche, l’étude, la culture et « l’élévation » des fruits de sa passion.  « Temple » et « grand-prêtre » ne sont pas excessifs pour cette cathédrale de stipes. L’œuvre s’élève en gammes subtiles. Elle tresse ses houppiers, pennes ou palmes, en divergences et convergences en une canopée tantôt romane, gothique, ou byzantine.  Nos voix s’unissent aux voix célestes qui, en notre absence, règnent ici en maître loin des tumultes. Notre chœur   porte les louanges à cette nature méconnue et à son célébrant en son Naos.

La voix douce de Georges impose le silence et distyle sur le parcours ses prières « latines ». L’homme parle de sa passion. Il ne les nomme qu’en nobles noms savants. La langue de Cicéron évite du vulgaire, les confusions. Plus de 350 espèces en son jardin. Rarement la mémoire fait défaut à cet « arécaïnomane ». Il se définit lui-même en « addict », en drogué des palmiers. Passion dévorante. Amour.

Des noms s’échappent et passent. Des noms nous interpellent : Cocos, Copernicae, Corypha, Latania, Phoenix, Raphia… Les résidents viennent du monde intertropical et notre esprit voyage dans le sillon des paroles de l’homme de palmes.

A rencontrer, à communier…à communiquer!

Visite du 19 août 2018

Etienne Lallement

Domaine de « La Palmas »

Palmiers de Collection et de Décoration

Concorde

97211 Rivière-Pilote

La Martinique

0596 62 61 44

georgespastel@gmail.com