Le Sage que nous devrions chercher, est-il de nature humaine ?

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bangalore

Lettre à Mireille, Laurence, Corinne, Thérèse, Maurice, Anaïs, Laurent, Emilie, Claude, Marlène, Jean-Claude, Charles, Colette, Marie-Hélène et quelques autres

Pourquoi dans mon précédent propos, j’écrivais « comment extraire le Sage qui sommeille en chacun d’entre-nous ? ». J’ai hésité sur le choix du verbe, mais mes racines « Houillères-du-Bassin-du-Nord-et-du-Pas-de-Calais » ont influencé ma décision. J’écrivais donc « extraire » en référence et respect pour le mineur qui visite l’intérieur de la terre pour en « extraire » la pierre noire « fossilo-végétale » d’où jaillit la flamme lors de noces alchimiques où la mariée se prénomme « oxygène ». Désormais, avec son frère « pétrole », le charbon est condamné. L’Humain doit interrompre ce cycle « vieux comme le monde » de « vie-mort-vie » au risque de périr, de disparaître lui-même de la surface de la terre. L’apprenti-sorcier voit le ballet de ses ambitions s’emballer. Dérailler.

« Vie-mort-mort ». Les gourmandises brisent le cycle vital. La régénération n’est pas « faits » de magie ou de miracle, mais de temps. La nature prend son temps pour se renouveler et gare à celui qui veut la doubler ! La nature reprend le contrôle des opérations.

Humain ! L’avenir est dans tes mains ! Il est temps de « prendre-son-temps » ! Nous aboutirons tous, à notre heure, sur la ligne d’arrivée.

A ce stade, la question peut se poser : 

« Le Sage que nous devrions chercher, est-il de nature humaine ? ».

Avec l’actualité, les réseaux-asociaux sont envahis « d’éructeurs » professionnels ou amateurs aux discours mortifères. Leur fonds de commerce est de semer le doute, le trouble, la peur, l’angoisse. Leur chalandise gonfle au son des complots, conspirations, machinations. D’un bruit qui court, d’une bribe d’information non étayée, se tissent des scénarios d’enfer. D’un synopsis indigent nait l’apocalypse.

Un soi-disant médecin annonce le flicage prochain de la population tout entière. La voix vibre de trémolos et se module propre à créer l’angoisse. Prédicateurs millénaristes sans crucifix. Nous ne connaissons ni son nom, ni son adresse, ni le lieu où il exerce sa profession. De tous temps, les gouvernements de tout pays surveillaient leurs ouailles. Désormais, ils sont largement dépassés par les nouveaux maîtres du monde. L’économie et la science. Les brevets rapportent des millions. La revente de fichier crée les milliardaires. Le « soft » bat le « hard » par KO ! Nos « détails » bancaires, notre fichier médical, notre profil fiscal et judiciaire, nos habitudes de consommateur sont accessibles à qui les moyens de les payer sous une forme ou sous une autre. Quand j’héritais de mes parents, des propositions de placements et investissements sont apparues. Dernièrement, je cherchais à me procurer un câble audio des plus ordinaires. Je renonçais à mon achat. Le lendemain, je recevais quatre propositions pour ce même type de câbles. Par ailleurs, je consulte des « tutos » sur « YouTube » sur le travail du bois : je suis envahi de propositions en tout genre pour le bricolage en général et le travail du bois en particulier. Je prends ma voiture, un train, un bateau, un avion…je suis suivi à la trace. Vous accouchez et des propositions commerciales arrivent sans que quiconque n’ait levé le petit doigt.

Alors que faire ? Renoncer ! Renoncer aux soins, renoncer à l’informatique connectée, renoncer aux services bancaires (cartes de crédit, prêts et autres), renoncer au téléphone et la télé ? Sommes-nous prêts à lâcher ce qui a envahi notre quotidien ? Accepter ou renoncer au monde actuel ?

L’atome a fait la preuve de ses limites et pourtant il a été par « la bombe », le fer de lance de la « dissuasion ». « Un outil de sauvegarde de la paix » prétendaient ses partisans. Cette force est désormais ridicule face aux nouvelles menaces.

Demain, ce qui nous fait si peur aujourd’hui, sera consigné au grenier de l’Histoire.

Faisons confiance aux humains pour se créer d’autres dangers potentiels plus extravagants ! Plus terribles encore !

Dans les années 1960, le président de la Chine, Mao Tse Tong proclamait que l’unité d’un peuple se faisait face à un ennemi commun. Le « Covid 19 » est un ennemi commun à plus de 7 milliards d’individus. Pouvons-nous lui opposer les forces conjointes de l’humanité tout entière…soit 197 pays reconnus par l’ONU ou 324 qui revendiquent leurs existences.  Les ennuis commencent ! Les forts reconnaissent ou ignorent. La raison du plus …plus fort en quoi, d’ailleurs ?

L’ EGO prend le dessus. Ego de personne. Ego – entretenu – de nations. Le patriote doit savoir mourir…mourir pour quoi, pour qui, d’ailleurs ?

La « clientèle » des uns et des autres sautillent d’un pied sur l’autre en perpétuel déséquilibre.

Le séide vire au sycophante dans l’espace d’une phrase ! Quelle bitte pour quel amarrage ? Le commun des mortels surnage et suffoque dans la mer des marasmes. L’Amérique ne fait plus rêver.

Les deux maîtres du monde sont le pouvoir et l’angoisse. Suzerain et vassal. L’un n’existe pas sans l’autre. Carburant et comburant. Gouvernement de maîtres-esclaves.

Devons-nous procréer ?          

Devons-nous procréer ? Voilà donc la question qui doit travailler plus d’un couple !

Ô que OUI !  Nous le devons !

Ma réponse pourrait en étonner plus d’un à la suite des propos qui précèdent : il est impératif que la vie gagne le combat contre l’ignorance, l’hypocrisie et l’intolérance, ces miliciens du pouvoir et de l’angoisse.

L’ignorance : l’Histoire de l’Humanité, classée au rang de vestige de l’éducation, nous apporte la preuve que la vie est en perpétuel progrès. Notre nez coincé entre le présent et notre égoïsme, nous empêche de réaliser notre existence comme un épisode de progrès. Ce progrès n’est certes pas linéaire et oscille. L’inhumain se dispute à l’humain. L’humain, peu-à-peu, avec le temps, prend le dessus. Notre esprit étroit manque de recul pour pouvoir juger de la réalité de cette évolution. Notre civilisation actuelle est un maillon de la chaîne du progrès. Même si ce progrès nous semble se faire au prix « du sang et des larmes ». Nous passerons le relais à nos enfants forts de notre expérience pour qu’ils puissent créer ce que nous n’avons pu qu’ébaucher. Mais, ils feront peut-être « table-rase » de nos rêves avortés. L’éducation doit être la priorité de nos existences. Dès le premier jour. Les premières années sont capitales. Les parents, les nounous, tous les personnels des maternelles, les instituteurs sont des acteurs majeurs de l’éducation et par là des vecteurs du progrès de l’Humanité tout entière. A partir du collège et jusqu’au bout des études, de la vie même, seules de légères « corrections de trajectoires » seront possibles. L’ignorance emportera dans son naufrage, l’hypocrisie et l’intolérance. Dès l’éveil à l’apprentissage, devraient intervenir les « philocrates » pour pouvoir aider à accoucher le Sage ! Le Sage est humain ! Il faut…

Extraire l’Être.

Etienne Lallement – le 9ème jour du 5ème mois de l’an 0 de l’ère du Coronavirus – soit le 9 mai 2020.

Rien plutôt que quelque chose?

Pourquoi n’y-a-t-il « moins que rien » plutôt que quelque chose?

Pouvons-nous encore avoir des idées neuves au XXIème siècle? Pouvons-nous encore évoluer au chapitre des idées? Pouvons-nous inventer un nouvel « art de vivre »? La réflexion métaphysique est-elle dans l’impasse? La réflexion ne mène-t-elle qu’à rien ou à l’insignifiance. L’angoisse du rien. Le retour au rien. Au Grand-Rien!

Toutes les sciences dites « exactes » semblent évoluer, voire faire des bonds impressionnants, faire des découvertes révolutionnaires…les sciences humaines et sociales me semblent patauger dans un marasme chaotique.

Que pourra-t-il naître de ce chaos? Pourra-t-il en sortir seulement, quelque chose? Ne serait-ce que « des idées », des « idées neuves », des « idées révolutionnaires »?

Nos montagnes ne semblent accoucher que de souris…que de presque-moins-que-rien au chapitre des « Idées »… à preuve du contraire!

Nos prétendus, soi-disant philosophes et tous autres conseilleurs portant calottes ou brûleurs d’icônes, ne sont que des érudits qui débitent des citations, des versets, des aphorismes et apophtegmes à longueur de discours. La confortable et culpabilisante religion de ma jeunesse m’a surtout incité à croire et à espérer. Non à réfléchir.

Les méthodes ont à peine changées: des flots de gesticulations publiques et médiatiques effrénées saturées de poncifs pillés tous azimuts. Les pantins « philopaillettes », les guignols du castel audiovisuel prennent la liberté de nous bastonner des férules de leurs pillages. Distinguerons-nous un Ali Baba, s’il en existe un, parmi quarante voleurs et plus. Les pilleurs de tombes, bruyants, ébouriffés de leur connaissances, ne parlent que le verbe haut avec la sublime apparence de ceux qui doutent et qui refusent de douter. La méthode est simple: il suffit d’imposer au plus grand nombre le plus chancelant des raisonnements pour occulter ses propres angoisses. L’être qui crie est un être dangereux, L’être qui crie est un être en grand danger pour lui même…donc pour tous. Les plus grands verbiages cachent les plus grandes angoisses et leurs auditeurs ont besoin de béquilles à leur propre déséquilibre. Les analyses des compilateurs d’idées est certes intéressantes, mais sentent la « recuisson » : seule la sauce change. La question se pose :

A-t-on épuisé le chapitre de la « Sagesse »?

Souvent, nous sentons poindre la dictature sous les mots. Au nom de la « sacro-sainte » raison , les humains aiment à se laisser imposer les contraintes qui leur offriront la liberté de ne pas penser.

« Liberté, Egalité, Fraternité! » criaient les révolutionnaires en coupant des têtes à tout-va!

Raison! Que de crimes ont été perpétrés en ton nom!

Le danger nous guette. La tyrannie suinte des fissures de l’emplâtre qui tente d’étouffer les esprits angoissés, torturés et bientôt torturants.

Ils nous faut trouver des sages pour nous fédérer.

Trouver des sages à notre époque parait bien difficile, voire impossible, dans le tumulte omniprésent! Les sages sont discrets, invisibles. Humbles. Il nous reste à les chercher, les trouver, les écouter, les convaincre! Mais une question se pose: nos penseurs du XXIème siècle se condamnent-ils, eux-mêmes au silence? Mais un problème se pose: chacun d’entre nous rêvent d’un sage à son image, surtout pliable à sa volonté! A son rêve! Je fais le pari qu’aucun véritable sage n’accepterais de « gouverner » des humains.

A-t-on épuisé le chapitre de la Sagesse?

Et bien: NON. J’en suis convaincu, contrairement à ce que pourraient laisser croire mes propos liminaires.

Il y a un SAGE en chacun d’entre nous. Un SAGE à libérer. Pour le libérer, il faut deux choses. En premier, une volonté individuelle de libération. En second, une méthode.

La méthode est de la responsabilité de nos « professeurs-possesseurs-de-philosophie » et se résume à la question:

Comment extraire le SAGE qui sommeille en chacun d’entre-nous ?

au risque de déplaire

Etienne Lallement – le 4ème mois de l’an 0 de l’ère du Coronavirus – soit le 29 avril 2020

Que sont nos poètes devenus?

En cherchant du Freud, en cherchant du Virgile,

Pour éclairer l' »Enfer« ,

Serré entre « Clair de Lune » et « La Passion Cathare« ,

Un opuscule tout âgé de gris

M’a souri.

« Bruay-en-Artois ou Bruay-en-Poésie? »

Quelques pages d’arythmie sauvage, tendre ou désespérée …

Voilà donc quelques mots passant de la poussière à la lumière, quelques mots accouchés…

Quand? Qu’importe. N’importe quand. La poésie n’a ni âge, ni rides.

Sachons ouvrir quand les mots frappent à la porte, car ces mots,

Pas si anciens

Transportent !

Laissons-nous transporter.

Toi, Bruaysien, qui souvent pleure ton passé

Sur les réseaux dits « sociaux »,

Réveille ton Histoire, réveille ton Passé

Éveille ton Présent!

Etienne Lallement – 9 avril 2020

oeuvre collective de Jean-Claude Bailleul, Bernard Dourlens, Jacques Ducourant, Jean Hénin, Marie Kubiak, Gérard Ratynska, Michel-D Robakowski, René Selliez – édité chez « Trace » collection Creuset – encore disponible sur le net –

Ne laissons pas la forêt nous cacher l’Arbre!

Via Francigena – GR 145 – Chemin du Viel-Fort – Artois

En réponse à Marco, Corinne et quelques autres…

L’Homme a ses raisons que la Raison ne connaît pas. L’Homme a créé la Raison, sa Raison, mais l’adapte à ses besoins du moment… et il a toutes les bonnes raisons de le faire. Selon lui.

Actuellement nous sommes submergés d’informations sur un seul et même sujet : le coronavirus.

L’arbre qui cache la forêt direz-vous ? Pas sûr. La forêt s’agite et nous masque l’arbre. L’Arbre.

« J’accuse » est le refrain à la mode. J’accuse les uns de faire, les autres de faire trop peu ou de ne rien faire. Chacun, bardé de son incompétence, juge chaque autre. Les exécutions se succèdent au peloton des langues et des plumes acérées au fiel de la vindicte. Personne n’aime l’impuissance face à l’inconnu, face à la méconnaissance, face au non-savoir. Alors il faut dire, il faut crier, il faut hurler…Il faut cracher des décibels verbeux en guise de seuls arguments pour dominer l’autre. Rapidement des vomissements de verbigérations pour dominer ses propres angoisses. Tenter de…

Celui qui subit ne sait où donner de la tête. Alors, celui qui subit, dans un sursaut d’ultime respiration condamne à son tour et fusille à tout-va. Nous nous tournons de préférence vers des propos qui caressent notre intellect dans le sens du poil. Ce n’est généralement pas le meilleur des discours. Y-a-t-il seulement des discours meilleurs que les autres ? Ou pires?  Tous « prétendent » pour nous rassurer, pour se rassurer. Et pourtant, pourrait-on, doit-on annoncer à la face de tous : « Je ne sais pas ». Mais voilà bien la phrase que personne ne veut entendre. Le mensonge ou le charabia est un pis-aller qui ne fait que reculer l’affrontement avec la réalité. Plus dure sera la chute !

Un jour, j’ai eu à échanger avec le professeur Pierre Joliot qui venait juste de quitter la présidence du comité d’éthique du CNRS. Je lui demandai de me définir le mot « éthique ». Il écarta mon micro et me dit simplement : « Ne me posez pas la question. Je ne sais pas. » Belle leçon d’un petit-fils de Marie et Pierre Curie, fils du couple Joliot-Curie, tous les quatre Prix Nobel. Néanmoins, en sept minutes, nous avions brossé une définition bancale du mot. Une définition qui me parait toujours bancale. Comme la Raison, l’Ethique se définit à l’aune de chacun. A chaque Ego, son dictionnaire.

Le bouc émissaire est par excellence « le politique » de tous niveaux. Quoiqu’en jugent certains, ils n’ont pas choisi les « meilleures places ». Ceux qui arrivent au pouvoir, aux pouvoirs, quels qu’ils soient, sont des « amateurs ». Des rêveurs sans doutes. Alors, ils s’entourent de « conseillers » bardés de leurs savoirs et gonflés de leur « Ego ». Le pouvoir crée l’angoisse et le vertige. Le détenteur du pouvoir devient boulimique pour calmer ses peurs et sublimer ses vertiges. Ainsi naissent les tyrans. Ainsi s’en suivent les révolutions. Ainsi s’imposent les dictatures. Puis revient le temps des tyrans. Et ainsi de suite…

Le chaos engendre le chaos. L’ordre n’est qu’une utopie qui ne satisferait personne. L’Homme a besoin du chaos pour exister.

Nous devons faire « avec ». Ou changer le monde. Mais la volonté de changement est-elle réelle ?

Il suffit de lire les « réseaux-sociaux », la solution est là. Chacun y va de sa solution miracle tellement évidente que « ceux qui sont aux pouvoirs sont vraiment des imbéciles de ne pas y avoir pensé « avant » ! Ceux qui sont aux commandes sont des voleurs, des criminels, des assassins. Moi si j’étais au pouvoir… »

Justement, pourquoi ne sont-ils pas au pouvoir, les donneurs de leçons, les possesseurs de la vérité, les inventeurs de solutions miracles ? Nous nous comportons comme des supporters de matchs de foot. Depuis les tribunes nous invectivons ces bons-à-rien qui ont perdu la partie, cet avant-centre qui a raté ce but inratable. Quand ils gagnent, c’est « nous » qui gagnons, mais « malheur aux vaincus ». Pour l’arène, nous payons chers les gladiateurs, mais notre pouce glissera rapidement du zénith au nadir pour l’immolation du vaincu, celui par qui est venue la déception. La roche Tarpéienne est toujours aussi proche du Capitole. Malheurs aux vaincus !  Si l’occasion nous était donnée, nous bâtirions des holocaustes pour ceux qui ont pris « nos » responsabilités », mais échoué dans leur mission: notre satisfaction « dans les plus brefs délais ». Le fil d’une épée nous sépare du temps des assassins. Ah! Si les choses étaient aussi simples que sur « Instagram » ou « Facebook », ces vomitoires de l’impuissance. « Vae victis ! » « Vae victis ! » « Vae victis ! »

Alors que faire ?

« VIVRE !!! » faisons de l’épreuve, une force de vivre !

Notre « Être » est un roman porté à l’écran.

Nous nous « régalons » des romans que nous lisons, des films que nous voyons. Sont-ils des histoires sans histoires, des histoires insipides aux béatitudes éternelles ? Que non ! Nous nous régalons des malheurs et des violences. Les fictions battent en brèche la censure de notre intellect et de notre esprit. Rapidement les « fins heureuses » nous déculpabilisent d’avoir joui de ce que notre morale et notre éducation réprouvent. Nous transférons sur les « héros » nos passions inassouvies, nos rêves inaccessibles, nos haines, nos amours… nos refoulements.

Pourquoi ne pas vivre au-dessus de nos rêves…un peu…beaucoup…passionnément !  

Nous n’avons, certes pas tous, les capacités de supers héros, mais avons la capacité de nous dépasser nous-même, de nous extraire de notre canapé et décider « aujourd’hui, j’y vais ! ».  

Aller où ? Où nous voulons ! Où nous déciderons d’aller! Mais allons-y en toute conscience ! Et advienne que pourra !

Soyons l’Arbre capable de se distinguer de la forêt.

Même si nous rêvons de changer le monde, allons-y même si notre influence ne doit être qu’ultrasensible.

Les Grecs avaient écrit « Connais-toi, toi-même… » sur le fronton du Temple de Delphes. Nous avons à apprendre qu’elle est notre place dans la société et d’y remplir la mission qui nous est dévolue en fonction de notre « Être ». La nature nous conduira à la bonne place, au bon moment. Laissons « les-autoproclamés-super-héros » faire « des exploits » tout en sachant que tout « super » soient-ils, ils ont toujours besoins de « plus-petits-que-soi ». La vie sociale se doit d’être « une et indivisible » emprunte de respect individuel.

Alors, le « coronavirus » dans tout cela ? Si certain paieront de leurs vies cette épreuve, il faudra que l’Humanité tout entière tire de cet aléa, des leçons pour réorienté son cheminement. Le XXème siècle nous a laissé une leçon magistrale : « les Humains » ne savent pas tirer de « l’Histoire » les remèdes à ses divagations.

Un virus pourra-t-il convaincre après avoir contraint!

Etienne Lallement – Le 26 mars 2020

Un Weekend Ordinaire en Martinique

« Mais, tu ne t’ennuies pas trop en Martinique ? » La question m’a été maintes fois posée.

Laissez-moi vous conter deux jours de février.

Samedi 15. Matin calme. Le soleil joue à cache-cache avec les nuages. 28°. De mon côté, je réagis à quelques messages, puis je continue la lecture de « La vocation de l’Occident » de Louis Lallement. J’entends déjà votre question : c’est non. Celui-là était moine Chartreux. Je précise « moine » pour certains enclins à croire que l’auteur eût pu être de la gent des « raminagrobis »!…et surtout pas « de la gente » ! Encore ai-je entendu sur une radio réputée pour sa culture en France, un éminent (?) spécialiste du langage affirmer que la faute était tellement courante qu’elle finirait, finira par devenir la règle !… Tant pis pour les vieux cons !

Mais, revenons à mes moutons. Evitons de friser la divagation. Errance de scripteur !

Béa cultive son jardin toute la matinée. De cet exercice de méditation, elle récolte deux premières tomates et un fraise…exercice de concentration et de patience.

Ce même jour – le samedi 15 pour ceux et celles qui auraient déjà oublié – dès 13h45, nous rejoignons la plage de Madiana pour nous immerger dans le carnaval et ses plus de 2 500 « carnavaleux ». Nous nous laissons emportés par cette canalisation des libertés les plus déjantées. La liberté n’est qu’un mythe enraciné, un rêve antalgique. Cette fête est organisée par le club Rotary de Schoelcher au bénéfice de l’accompagnement des enfants souffrant de troubles DYS, troubles spécifiques cognitifs, troubles de l’apprentissage.

Démarrage du défilé depuis la plage de Madiana

Bientôt nous dépassons la foule car nous devons participer à une veillée funèbre. Un détour par la maison pour changer de tenue. Quand même ! Un autre petit détour pour prendre un ami et nous filons vers Le Marigot, commune située au nord de La Martinique. Nous prenons le chemin le plus court par monts et par vaux !!! Nous reviendrons par la côte : deux fois plus long en kilomètres, mais en deux fois moins de temps, et plus en sécurité !

La maman d’un co-pain vient de décéder.

Veillée funèbre.

Nous avons pu, Béa et moi, constater que le « funèbre » caribéen n’est pas le « funèbre » métropolitain. Ô combien.

Après plusieurs expériences et réflexions…

Les Français « européens » se réunissent autour du défunt. Les mines sont compassées. Les propos de pures formes, bredouillés et sans doute nuancés, quelque peu, d’un brin d’hypocrisie ne servent qu’à combler les silences : tentative ultime quoique vaine, de dissiper la gêne. Le mort et la mort tiennent la vedette…et les regrets aussi. De facto, l’exclusion est de rigueur. Le défunt et nous les sursitaires ne sont déjà plus du même monde. Pas encore ! Le bateau a largué les amarres. Les mouchoirs des plus proches sont trempés. Les autres se pressent pour quelques affaires urgentes…Certains rouleront « à tombeau ouvert » pour une rapide « circumambulation »autour d’un cercueil scellé, un sourire grimaçant de compassion et le dépôt d’une piécette pour les plus généreux. Il faut satisfaire aux règles de la politesse, de la tradition ou conjurer un sentiment de culpabilité.

En Caraïbe, le défunt fédère. Mort et vivants communient. La foule se presse et défile devant le cercueil de verre. Une phrase revient souvent : « C’est bien elle ! », « C’est bien lui ! ». Nous avons même entendu : « Il a fait du beau travail ! » pour célébrer l’œuvre du thanatopracteur. Une petite prière. Un petit geste. Quelques paroles feutrées. Les plus compassés garnissent un cordon de siège en guise de garde d’honneur et bordent l’ambulation.  Passé nonchalamment ce passage obligé, chacun se fond dans la foule, souriant de retrouver celle-ci ou celui-là. Les sourires s’échangent. On salue. On embrasse. On découvre un ou une telle qu’on ne connaissait que par ouï-dire, par relations interposées. Les verres et les petits pains quittent les plateaux qui zigzaguent emportés par des mains distraites ou attentionnées. Les « exilés » de la famille fraîchement atterris, retrouvent pour l’occasion et leur terre et leur peuple Chacun se réjouit de cette « ré-union ». L’ambiance est bon enfant. Tous ont gardé leurs habits du jour.  Le ciel est, comme souvent en Martinique, clément. Les regroupements se font à l’extérieur. Tout à coup, d’une parcelle de l’espace, un chant de voix de femmes s’élèvent, cristallisent les ferveurs jusqu’alors restées discrètes. Des voix d’hommes s’y joignent en grave catimini. Insouciants, des enfants fendent la foule en « trompe-la-mort ». En ce lieu, la vie reste la plus forte.

Le lendemain. Célébration religieuse. La petite église adventiste de Dominante ne peut accueillir tout le monde. Les femmes sont coquettes. Pour la famille, elles portent le chapeau ou la coiffe. Les tenues siéraient pour un mariage. Pour une fête. La mélodie des Mornes s’élève à chœur déployé : sublimes voix. La mélodie reviendra ponctuer la cérémonie jusqu’à l’inhumation. Soliste ou chorale apportent l’émotion que , seul, le deuil ne pourrait commettre à ce point. Dans le cimetière, lotissement couleur lumière, quelques mots de témoignages, des prières, des chants et une fanfare qui termine son récital, se muant en jazz-band : « oh when the saints go marching in ! ». Armstrong et Nougaro chantent dans ma tête.

C’est ainsi que nous avons quitté Manroro (enregistrement « live » dans le cimetière)

« Armstrong, un jour, tôt ou tard,
On n’est que des os…
Est-ce que les tiens seront noirs ?
Ce serait rigolo
Allez Louis, alléluia !
Au delà de nos oripeaux,
Noir et Blanc
Sont ressemblants
Comme deux gouttes d’eau
 »

Je colle aux basques des musiciens pour quitter la résidence « post-mortem » avec « vue sur mer ». Je quitte des connaissances en leur disant : « A la prochaine ! ». C’était un dimanche. Nous nous revîmes le mercredi suivant pour un autre « Au revoir » au François.

J’ai connu en métropole des fêtes plus tristes. Ici la tristesse est discrète, voilée de convivialité sincère.

Fis ceux qui se gaussent de la foi simple du charbonnier. Le Martiniquais dans sa grande majorité est « religieux ». Cela le rend plus résistant face aux aléas de la vie. Brandissant l’étendard de la laïcité, y mêlant par excès, pêle-mêle, athéisme, anticléricalisme, matérialisme, se faisant fort de sortir de son contexte le cri de Nietzsche – « Dieu est mort » – le métro-européen se trouve bien dépourvu face aux aléas de la vie. Déconstruire sans reconstruire n’est que ruine de l’âme et de l’esprit.

Si l’ordre doit sortir du chaos, il appartient à l’humanité de construire son avenir. Et non pas le « reconstruire ». Pour le moment, les iconoclastes ne me proposent « rien » si ce n’est réfutations et consumérisme désespérant. J’entrevois bien quelques balbutiements de-ci, de-là, mais les fruits seront pour les enfants des enfants de nos enfants.

Le chemin ne sera pas facile, mais j’ai confiance. Des épreuves autrement plus difficiles ont été surmontées par l’Humanité!

Nous ne sommes que des semeurs, mais semons !

Etienne Lallement – 27 février 2020