Lettre à Paulette

P1270375

Saint Joseph, le 22 juillet 2015

En commentaire à ton post sur Facebook daté d’aujourd’hui

Chère Paulette,

Quand je suis arrivé en Martinique, je n’avais que deux noms en tête pour caractériser le pays. Victor Schoelcher et Aimé Césaire. Voulant un peu me cultiver, je me tournais vers les gens que je croisais dans l’espoir qu’ils puissent m’orienter dans mes lectures. Les réactions, vives, au nom de Schoelcher me dissuadèrent d’aller plus loin. Par contre, je pensais que l’évocation de Césaire aurait été mieux accueillie. Que nenni !

Les plus discrets me gratifiaient d’un sourire gêné, regardaient ailleurs, détournaient la conversation. « Y’a pas qu’ Césaire en Martinique ! » me lançait l’un d’eux, visiblement irrité, pour toute réponse.  De toute évidence, ma question dérangeait.

Puis, aujourd’hui, Paulette, tu postas sur Facebook la lettre de l’indépendantiste Guy Cabort-Masson. Lettre ouverte adressée à Aimé Césaire en 1981 qui, selon certains commentaires, fait toujours autorité. Est toujours d’actualité.

Cette lecture a percuté Candide. Elle ne me fera pas changer d’opinion. Je n’en avais pas sur le sujet. Cette épître « au(x) valet(s) de la République » par un militant de l’indépendance me permet de recentrer ma quête de connaissance du pays qui m’accueille.

Je me méfie autant des rois que des révolutionnaires. Les uns et les autres cultivent les excès. L’excès nuit en tout. La Révolution Française a étêté une dynastie pour installer l’Empire et la Restauration. Les moutons appellent des dictatures, les dictatures génèrent des révolutions. De plus en plus, les moutons étouffent les révolutions. Charybde et Scylla.

Nous pouvons brandir toutes les bannières de nos rêves les plus hardis, vivants, nous ne sommes que locataires à bail précaire. Personne ne peut se prévaloir de posséder le plus petit arpent de terre. Ni d’autres hommes, ni d’autres âmes. Même les concessions perpétuelles de nos cimetières ont vécu !

Nous nous battons pour la Liberté. La Liberté est une utopie bien souvent utilisée pour l’asservissement. Notre seule liberté et de pouvoir, dans le meilleurs des cas, choisir nos chaînes.

L’Homme, par nature, reste un esclave, même s’il paraît le maître.

Les chaînes ne sont pas, ou plus, à ses chevilles, mais chevillées à son coeur, à son âme.

éTienne Lallement

ci-dessous la lettre en question: 

« LETTRE OUVERTE A AIME CESAIRE PAR GUY CABORT-MASSON »

Il me faudra faire tomber les masques du Carnaval pour découvrir le vrai visage du peuple Martiniquais

Il me faudra faire tomber les masques du Carnaval pour découvrir le vrai visage du peuple Martiniquais

Birmanie : la détresse des Rohingyas

Birmanie : la détresse des Rohingyas.

Les medias nous bombardent, plus ou moins innocemment, d’informations sur les misères du Monde. Ils font des choix des misères publiées en fonction de critères souvent (?) économiques : il faut plaire au lectorat, il faut faire de l’audience! La misère est un produit de consommation à manipuler avec beaucoup de prudence face à un public aux « appétits » versatiles. Nous sommes face à cette « abomination » de notre civilisation (!) qui a su transformer la misère en source de profits!

Etienne Lallement

 

Sympathie…

P1240262

Il est temps pour moi de remercier tous ceux qui nous ont témoigné leur sympathie lors du décès de maman.

Merci du fond du coeur, du coeur de l’âme.

Ci-dessous vous trouverez les paroles que j’ai prononcées lors des funérailles. N’ayant jeté sur quelques pages d’un petit carnet que des idées lors des deux deux jours qui ont précédé la cérémonie, certains trouveront sans doute des altérations sur les mots d’origine. Soit! Mais l’esprit reste le même.

« Il y a quelques temps, la place Saint-Pierre de Rome résonnaient des noms de nouveaux « saints ». Mais n’y-a-t-il de « saint » que ceux reconnus par la Curie Romaine?

Certes non! Et heureusement! La majorité d’entre-eux vit dans l’abnégation, le sacrifice, la discrétion et dans l’amour prodigué.

Maman était, est de ceux-là.

Grace à ces qualités, maman a permis à son mari, à notre père, Jean Lallement, de poursuivre ses rêves, de nourrir ses ambitions.Elle nous a permis, nous ses enfants de bâtir nos vies dans la raison et parfois même jusque la déraison.

Alors, regardons autour de nous et recherchons ceux qui vivent dans la discrétion, dans l’ombre… Allons chez eux quérir l’aide de leurs qualités. Leurs qualités qui nous ferons appréhender la vie avec un autre regard. Il est vrai que nous sommes plus attirés par les paillettes et l’esbroufe. Notre civilisation tourne plus volontiers ses regards vers une danseuse des Folies-Bergère que vers une femme discrète en méditation.

Nous mettons en scène notre vie, le spectacle de notre vie, pour éviter de regarder la vérité en face et pour conjurer nos angoisses. La vérité n’est pas dans les beaux discours, ni les rodomontades. La sagesse (la sainteté?) se cache dans la simplicité et le silence comme elle se cachait dans la discrétion, l’abnégation et le dévouement de notre maman.

Le 15 juin dernier, un train s’est arrêté en gare de Bruay-en-Artois*. Maman est montée pour un voyage sans retour. Bientôt, d’autres trains s’arrêteront… pour nous.

Nos valises sont-elles prêtes? »

*lapsus: dans mon élan, j’ai dit « Bruay-en-Artois » en lieu et place de « Bruay-la-Buissière ».