11 novembre…

P1420035-002

Aujourd’hui 11 novembre…

Aujourd’hui 11 novembre 2018, je ne célèbre, ni ne chante l’Armistice.

Encore moins une victoire.

Aujourd’hui, je pleure cette part de l’humain qui fait de lui, de nous, de moi des assassins en puissance. Il suffit que l’un dise à l’autre « tue ! » pour que l’autre, que nous, que moi devenions des assassins. Si je n’y prends garde, cet assassin, ce sera moi. Si je me rebelle, je deviendrai, sur ordre, le traître, fustigé, honni par un cheptel conditionné qui deviendra mon bourreau. Pour l’exemple.

11 novembre 1918. Une illusion de paix. Pas la Paix. Armistice n’est que suspension des hostilités.

11 novembre 1918. Celle qui se fait appeler « Humanité » enterre une seule et petite tête de l’hydre.

Elle l’enterre avec ses racines.

Depuis, la guerre est plus que l’affaire de quatre années. Elle s’éternise. Elle se déplace. Elle rampe. Elle explose. Elle ravage. Nulle parcelle de terre n’est à l’abri de la folie guerrière. Celle qui se fait appeler « Humanité » pille et détruit. Se fait complice, donc coupable. La violence revient vers des champs qui se croit désormais épargnés parce qu’il ont, un jours, connu l’horreur et l’honneur, vers des champs funèbres devenus des terres fertiles pour l’ivraie, des terreaux de la haine et de l’asservissement. Dans une presque indifférence qui n’est qu’impuissance.

Elle revient car nous portons en nous une part de cruauté qui résonne et s’éveille au son des clairons. Clairons qui légalise le meurtre. Clairons qui autorise la cruauté. Clairons qui glorifie la mort. Clairons qui réveille en chacun de nous notre part d’ombre, notre part d’enfer.  L’humain n’est qu’une part de l’Être. L’Être est abîme. Un néant où s’engouffrent, aspirés, l’humain et l’inhumain qui se fondent et se confondent.

Le vainqueur érige sa volonté en loi. Le puissant impose sa volonté en « Vérité ».

Vainqueurs et vaincus sont guidés par la peur. L’angoisse mène le monde. L’ignorance est « matrice » de l’angoisse. Le vainqueur impose au vaincu l’ignorance. Le vainqueur ne veut pas connaître, ne rien connaître que sa loi…

L’inconnaissance rassure. L’inconnaissance conforte. L’inconnaissance soumet.

Les vérités, pas plus que « La Vérité », ne sont des dictas, mais une révélation. Une révélation n’est ni un enseignement, ni un conditionnement, mais le lent mûrissement d’un travail personnel. Plus les humains se regroupent, plus ils s’agglomèrent pour ne pas avoir à penser. Plus ils deviennent inhumains, asservis. Ils s’asservissent croyant se libérer. Ils s’asservissent pour gagner du temps. Temps qu’ils s’ingénieront à perdre pour se libérer de l’essentiel. Nous nous asservissons à la distraction, au futile, au dérisoire.

Il nous appartient de choisir entre les plats préparés des faiseurs de « prêt-à-penser » ou prendre le temps de cultiver et cuisiner notre Être avec des condiments que nous aurons choisis sur le marché de l’existence. Comment apprendre à choisir ?

Nous devons cesser de nous unir « pour-ne-pas-penser » ou penser comme la masse. Nous devons cesser de nous unir pour diluer, nier nos responsabilités. Éternel combat du droit et du devoir ou le devoir est souvent vaincu et le droit vainqueur. Revendications !

Démocratie. Illusion de pouvoir. Nous élisons des « chefs »…Des chefs ? Tous le croient. Illusions de l’autorité. Ces chefs ne sont que boucs émissaires, bêtes de somme, taureaux d’holocauste…

La démocratie permet à la masse électrice de désigner pour des raisons inconnues, obscures ou inavouables, dans la douleur ou la joie artificielle d’un soir, permet de désigner des ânes bâtés de ses propres incompétences et incuries. A tout-va et tout propos, la masse bat les flancs de la monture en omettant de battre sa propre coulpe. A une demande de masse, tout un chacun exige une réponse individuelle. Mission impossible.

Ainsi va le monde. Ainsi va notre « petit-monde » qui eût à choisir entre la dictature d’un chef, voire d’un tyran-et-sa-cour et l’illusion de la dictature du prolétariat. Les unes ou les autres ne sont que dictatures. Toutes sont fragiles. Toutes génèrent de l’angoisse. L’angoisse, la violence.

N’y aurait-il de débouchées que violentes ? La violence doit-elle répondre à la violence ? Les révolutions ont démontré qu’elles débouchaient sur d’autres dictatures.

L’angoisse mène le monde. L’ignorance l’asservit.

Pour être Libre, l’Être Humain doit connaître et savoir.

L’Être Humain ne peut se sauver qu’individuellement. Pour se sauver individuellement, l’Être Humain doit être libre ou en voie de libération.

Pour être Libre, l’Etre Humain doit connaître et savoir.

Seul, le bien a besoin d’être défendu par la force. Force, mais non-violence. L’Être Humain se défend, se défendra par la mise sur la voie et la liberté de connaître ce qui il est dans son individualité. Non pas l’image de lui que d’aucun lui impose, mais celle qu’il n’aura de cesse de chercher en lui plutôt que de courir des chimères rassurantes…éphémères.

Que le voile se déchire: Aléthéia

Etienne Lallement – 11 novembre 2018

https://sydrach357.com/2013/08/12/france-inde-naguere/

Lettre à Paulette

P1270375

Saint Joseph, le 22 juillet 2015

En commentaire à ton post sur Facebook daté d’aujourd’hui

Chère Paulette,

Quand je suis arrivé en Martinique, je n’avais que deux noms en tête pour caractériser le pays. Victor Schoelcher et Aimé Césaire. Voulant un peu me cultiver, je me tournais vers les gens que je croisais dans l’espoir qu’ils puissent m’orienter dans mes lectures. Les réactions, vives, au nom de Schoelcher me dissuadèrent d’aller plus loin. Par contre, je pensais que l’évocation de Césaire aurait été mieux accueillie. Que nenni !

Les plus discrets me gratifiaient d’un sourire gêné, regardaient ailleurs, détournaient la conversation. « Y’a pas qu’ Césaire en Martinique ! » me lançait l’un d’eux, visiblement irrité, pour toute réponse.  De toute évidence, ma question dérangeait.

Puis, aujourd’hui, Paulette, tu postas sur Facebook la lettre de l’indépendantiste Guy Cabort-Masson. Lettre ouverte adressée à Aimé Césaire en 1981 qui, selon certains commentaires, fait toujours autorité. Est toujours d’actualité.

Cette lecture a percuté Candide. Elle ne me fera pas changer d’opinion. Je n’en avais pas sur le sujet. Cette épître « au(x) valet(s) de la République » par un militant de l’indépendance me permet de recentrer ma quête de connaissance du pays qui m’accueille.

Je me méfie autant des rois que des révolutionnaires. Les uns et les autres cultivent les excès. L’excès nuit en tout. La Révolution Française a étêté une dynastie pour installer l’Empire et la Restauration. Les moutons appellent des dictatures, les dictatures génèrent des révolutions. De plus en plus, les moutons étouffent les révolutions. Charybde et Scylla.

Nous pouvons brandir toutes les bannières de nos rêves les plus hardis, vivants, nous ne sommes que locataires à bail précaire. Personne ne peut se prévaloir de posséder le plus petit arpent de terre. Ni d’autres hommes, ni d’autres âmes. Même les concessions perpétuelles de nos cimetières ont vécu !

Nous nous battons pour la Liberté. La Liberté est une utopie bien souvent utilisée pour l’asservissement. Notre seule liberté et de pouvoir, dans le meilleurs des cas, choisir nos chaînes.

L’Homme, par nature, reste un esclave, même s’il paraît le maître.

Les chaînes ne sont pas, ou plus, à ses chevilles, mais chevillées à son coeur, à son âme.

éTienne Lallement

ci-dessous la lettre en question: 

« LETTRE OUVERTE A AIME CESAIRE PAR GUY CABORT-MASSON »

Il me faudra faire tomber les masques du Carnaval pour découvrir le vrai visage du peuple Martiniquais

Il me faudra faire tomber les masques du Carnaval pour découvrir le vrai visage du peuple Martiniquais

Inde, pays de paradoxes

P1190018

Le palace Le Taj Mahal de Mumbai

Dire que l’Inde est un pays de paradoxes est un doux euphémisme! La prise de photos dans les lieux publics est strictement interdite. Pas de photo dans les magasins ou galeries marchandes… et plus. A Mumbai, je me suis fait apostropher par un vigile en moto parce que j’avais photographié  la devanture d’un hôtel depuis le trottoir d’en face. La peur des attentats est omniprésente. Il faut dire qu’il ne faut pas remonter loin dans le temps pour déplorer des explosions mortelles. L’hôtel Taj Mahal de Mumbai a effacé de ses murs les stigmates, mais non ceux gravés dans les mémoires..

27 novembre 2008. – Une nouvelle explosion puissante a retenti jeudi à l’hôtel cinq étoiles Taj Mahal de Mumbai (Bombay), la capitale économique indienne, où la police recherche les terroristes, rapportent les chaînes de télévision indiennes.
Mercredi, une série d’attentats ont été perpétrés dans plusieurs quartiers de Mumbai faisant plus de 100 morts et des centaines de blessés. Les terroristes se sont emparés des hôtels de luxe Taj Mahal et Trident Oberoi situés dans le centre de la ville, prenant des touristes en otages après une série d’explosions qui s’étaient produites à quelques minutes d’intervalle, selon certaines informations. à suivre sur http://fr.wikinews.org/
Le palace Taj Mahal de Mumbai reçoit les grands de ce monde est de fait est un symbole, cible rêvée pour les attentats de tout bord.

Le palace Taj Mahal de Mumbai reçoit les Grands de ce monde est de ce fait est un symbole, cible rêvée pour les attentats de tout bord.

plus près dans le temps:

Le 16 avril 2013 : Attentat «terroriste» en Inde: 16 blessés
Seize personnes ont été blessées mercredi dans la ville indienne de Bangalore par une explosion de faible puissance devant les locaux d’un parti conservateur hindou, un « acte terroriste » non revendiqué selon les autorités locales. Selon les premiers éléments de l’enquête, l’engin était placé sur un cyclomoteur garé près des bureaux du Bharatiya Janata Party (BJP) et en face d’un temple hindou. à suivre sur SudInfo  http://www.sudinfo.be/705219/article/actualite/l-info-en-continu/2013-04-17/attentat-terroriste-en-inde-16-blesses

La liste est longue et la presse se fait l’écho de nombre de tentatives échouées.

Quelques instants après cette prise de vue, je fus interpellé par un vigile en moto.

Quelques instants après cette prise de vue, je fus interpellé par un vigile en moto.

Et pourtant le portrait d’Adolf Hitler peut s’exposer et se vendre sans problème à même la rue. Un Hitler aux yeux bleus, mais néanmoins tout à son avantage physique!

 
P1190145

Cette échoppe fait partie d’un souk curieusement  implanté dans un quartier huppé de Mumbai où travaille et vit l’intelligentsia politique et économique de la capitale économique de l’Inde.

Quelques minutes après cette prise de vue, un vigile m’avisait de l’interdiction de faire des photos dans les lieux publiques et m’intimait de ranger mon appareil dans sa sacoche et de pas l’y en retirer.

Aux pieds de ces immeubles, sont vendus des t-shirts à l'effigie d'Hitler.

Aux pieds de ces immeubles, sont vendus des t-shirts à l’effigie d’Hitler.

Un peu plus loin, à l’entrée d’un parc, un panneau alerte les promeneurs sur les dangers pouvant être rencontrés: serpents ou crocodiles. Sur le même panneau, il est rappelé qu’il est interdit de s’embrasser en public. Nous sommes pourtant dans une des villes réputées les plus permissives de l’Inde. Ici, s’habillent à l’européenne, mais le bécot est interdit.

La déclinaison du mot « liberté » est à géométrie variable, et personne, d’où qu’il vienne, ne peut se prévaloir de donner une définition universelle et définitive de la « Liberté ».