Les chemins chaotiques, les voies des plaisirs!

Il faut savoir sortir des sentiers battus pour trouver des trésors…à l’entrée de la commune de Gros-Morne, au cœur de La Martinique, quittez la N4, prenez le chemin Glotin, puis le chemin Petit-Goudou et vous finirez par rejoindre le Moulin Hydroélectrique.

Une pièce d’histoire de l’île qu’un couple de passionnés entreprend de restaurer avec beaucoup de volonté, de patience et d’énergie! Avec les moyens du bord, quelques aidants et des manifestations comme celle où nous nous rendions ce dimanche 27 mars. Les chaos de la route et les difficultés de stationnement furent vite oubliés.

Première surprise la prestation du groupe « Pom’Kanel ». Martinique 1ère pouvait titrer en janvier dernier sous la plume de Guy Etienne

« En 2022, la troupe martiniquaise la plus connue dans le monde, doit fêter ses 40 ans et reprendre ses tournées… ».

Bien qu’en nombre réduit – ils sont plus de 60 habituellement – la troupe a pu nous éblouir par un spectacle exceptionnel de danses, de charme, de prestations physiques et bien sûr musical. Un voyage à travers le folklore martiniquais. La culture caraïbe dans sa quintessence ! Nous ne pouvons que tirer notre chapeau à un tel groupe qui accepte de se produire dans un lieu si « confidentiel ». La tournée mondiale stoppée net par la Covid peut reprendre en confiance.

Mais nous n’étions pas au bout de nos surprises. Nous la connaissons comme infirmière… Nous la découvrons, avec son groupe « Obao K’dans« , comme chanteuse d’une qualité « rare ». Passer après un groupe de renommée « internationale » ne fut pas un handicap. Bien au contraire ! Auteure-compositrice-interprète et animatrice efficace, elle nous a emmenés à la découverte de son premier CD « Ti Plézi ». La chanteuse Manm’zel Krys forme avec ses musiciens un groupe homogène et l’on sent la complicité de tous ce qui ne peut qu’ajouter à la qualité de la prestation.

Contact : mail ladykrys972@gmail.com   

Un peu de « Pom’Kanel« ! faites glisser les images! suivant les flèches!

Un peu de « Manm’zel Krys« ! Malheureusement pour vous sans musique!

Musique de renaissance! Ode de résurrection!

C’est un bonheur pour nous d’assister aux concerts qu’offre l’ensemble de musique de chambre « Quintette de La Martinique » au soleil couchant sur la plage du Carbet au sein du restaurant « Le Petibonum ».

Mais, depuis un certain temps, l’épidémie virale covidienne étant passée par La Martinique le soleil se couchait sous la vague sous les seuls bruissements de la nature tropicale. Les couvre-feux renouvelés privaient l’astre de ses adorateurs.

Vers la fin de l’année 2021, l’espoir renaissait. Un vent de folie destructrice devait encore retarder le retour des harmonies. Une ou des mains meurtrières allumaient un incendie qui détruisit jusqu’au sable le Petibonum et son voisin le Pélican.

Les yeux se tournèrent rapidement vers les opposants à un projet immobilier porté par Guy Ferdinand qui clamèrent leur innocence. Puis un courrier signé « Matinik Doubout » arrivait chez trois restaurateurs leur signifiant que les établissements exigeant le « Pass Sanitaire » subiraient le même sort incendiaire…

Très vite, un élan de solidarité unissant des professionnels, le personnel, la mairie du Carbet, des anonymes… répondait à l’appel du propriétaire du Petibonum pour sauver l’établissement de la faillite.

Voilà 16 ans que l’activité prospère sur la plage où nait la mer des Caraïbes. Le soleil ne s’y est pas trompé. Il a choisi cet horizon pour prendre en un spectacle grandiose toujours renouvelé, ses quartiers nocturnes.

Il ne faut pas s’arrêter à la dénomination « de plage » pour qualifier les plats proposés à la clientèle. Autour de notre table, écrevisse sauce créole, loups boucanés et burger Roger aux épices prouvaient une carte recherchée et originale. Et pourtant, faire une cuisine d’une qualité certaine sur des instruments qui relèvent plutôt du barbecue géant est un miracle ou la preuve d’un professionnalisme hors-paire.

En cette soirée du 19 février 2022, les musiciens du Quintette de La Martinique s’unirent pour un Te Deum de résurrection en proposant une ballade crépusculaire du Baroque à aujourd’hui. Haendel, Rameau, Bizet, Ravel, Gluck, Piazzolla nous enveloppèrent de leurs mélodies jusqu’à la nuit.

Petit bémol : la destruction du carbet de bois où les musiciens s’épanouissaient autrefois ne permet pas une bonne diffusion des sonorités dans toutes leurs subtilités. Mais patience ! Le maître des lieux a promis qu’il reconstruira « très vite et que se sera mieux qu’avant« .

« ki ka pliyé mé ki paka kassé »

L’acculturation et les bains de haine mènent à l’irréparable pour la main criminelle et pousse la victime à se sublimer.

Etienne Lallement – le 23 février 2022 – Saint-Joseph – La Martinique –

https://fr-fr.facebook.com/lepetibonum/

https://fr-fr.facebook.com/QCMartinique/

Trik-trak musik!

Qui oserait interrompre une interprétation du talentueux QCM de La Martinique? « Youtube » le fait avec les plus grandes formations!

Une semaine « plantureuse »…un jeudi « gastronomique » (merci Anaïs!), un samedi « caraïbonomique » autour d’ un gigot d’agneau (merci Isabelle et Max!) et un dimanche les papilles flattées aux fumets d’un pot-au-feu « roboratif » (merci Béa!)… le temps d’une sieste royale était le bienvenu.

Je me couronnais de mon casque Bose et m’abandonnais aux bons soins des musiciens de l’Orchestre Philharmonique de Berlin pour Concert de la Saint Sylvestre 2021! – ARTE Concert – La rediffusion m’était proposée par Youtube.

Au pupitre, Lahav Shani. Au programme, des œuvres de Johann Strauss, Max Bruch, Fritz Kreisler, Igor Stravinsky et Maurice Ravel. En soliste, la violoniste néerlandaise Janine Jansen. Le bonheur se profilait. S’amorçait…

Mais!

Aucune œuvre n’échappe à la hache Youtube de la publicité « locale »: Toyota Martinique, Azurel …

Le rêve se brisait à la bonne moitié de chaque œuvre pour enfin s’évanouir totalement.

Alors me direz-vous, j’aurais pu me connecter sur ARTE Replay. En effet. Mais consommant « pas mal » de « tutos » sur la philosophie… le bricolage et le travail du bois en particulier, cette audition faisait partie des propositions de Youtube. Alors pourquoi pas?

Pour les annonceurs qui ignorent sans doute ses intrusions sauvages, pourraient payer cher la méthode. En effet, franchement agacé, la vision de ces enseignes m’est devenue désagréable. L’arroseur arrosé!

A bon entendeur…

Mais ce concert est vraiment exceptionnel. J’irai de nouveau l’embrasser, mais sur ARTE Replay

Etienne Lallement – Saint-Joseph – La Martinique – le 16 janvier 2022

EXPO PHOTO: « Voyage en Orient »

PROCHAINEMENT:
Photographies de Pascal Brunet réalisées lors d’un road trip dans l’Arunachal Pradesh, le Nagaland, l’Assam (Inde du Nord) jusqu’en Birmanie. Des scènes de vie au quotidien d’une population extraordinairement accueillante, tellement loin de l’effervescence du monde moderne !
Du monastère de Tawang, situé à la frontière du Bhoutan, jusqu’à l’île de Majuli sur le fleuve Brahmapoutre et le parc national de Kaziranga, je vous propose une plongée dans l’intime des habitants de ces régions. Des gestes simples, des regards, des échanges fugaces mais authentiques…

Pascal Brunet photographe – contact : pascal-brunet.com – expo : La Pescherie – Chaussée Brunehaut – Sainte-Catherine-les-Arras – Pas-de-Calais – Haut-de-France – France

8Q36+FH Sainte-Catherine

A noter sur vos agendas, du vendredi 03 décembre 18h30 au dimanche 05 décembre 18h00.

Respiration! Contemplation!

Depuis que notre fille Alexandra et sa famille habitent tout près du jardin public de l’hôtel de ville d’Hellemmes-Lille, chaque année, j’y attarde mes pas, m’y fige, m’y abandonne et médite « en disponibilité d’esprit et réceptivité spirituelle », selon la formule consacrée.

La beauté est l’essence, la force de la sagesse.

Alors qu’un minuscule petit virus nous rappelle que notre présence sur terre n’est qu’un bail précaire, la nature s’épanouit en bonne santé sous la seule menace de l’humain conquérant. Heureusement, certains de ces humains s’évertuent à la sublimer avec respect et passion. Ainsi, en ce parc, les jardiniers municipaux s’activent au quotidien.

Voilà quelques arrêts sur image de juillet 2021. Il suffit de faire défiler…

photos et texte : Etienne Lallement – juillet et août 2021 – Jardin public d’Hellemmes-Lille –

Vibration…

Vibrations. La Vie est vibrations. Vibration.

Lieux secrets, intemporels.

Le temps semble en suspens. Volontaires confinements des êtres en quête d’harmonie.

Le battant s’élance…Oscille…Heurte… 🕉 surgit du bronze .

Se taisent les êtres à l’écoute de l’alliage-vibrant.

Vibrent de concert le bronze, la chair et l’os. Vibrent de conserve.

🕉 se dilue… Rejoint le silence.

Existent encore des lieux secrets.

Si près. Si loin.

Existent encore des lieux sacrés. Si près.

Si lointains pour qui se détourne.

Le temps doit s’abolir. En chacun.

Le miracle, s’il existe, est à long terme.

Très long terme.

Le but est illusion. Le joyau est au coeur de l’instant-figé.

Le miracle précédera le but…

Ou ne sera pas.

Etienne Lallement – le 4 avril 2021 – Saint Joseph – La Martinique

ce texte n’est qu’une réflexion personnel et non une communication des moines Bouddhistes – dont je ne suis pas – qui méditent près de chez nous. Pour en savoir plus sur la réalité de leurs activités en Martinique: https://www.facebook.com/dogen.martinique

pour mémoire: https://sydrach357.com/2014/09/15/auroville-matrimandir/

Êtres Libres!

Œuvre de Fabien Mériel – Plage de Sainte-Adresse – Le Havre – 27 avril 2020

L’être est libre!

La Liberté, l’être humain en fait une utopie, un rêve, alors qu’il la possède. Elle est inhérente à la vie. Mais que fait-il, que faisons-nous de cette liberté?

Et bien, l’être s’ingénie à vouloir asservir les êtres et la nature. Et la raison du plus fort est toujours la meilleure!

Il chante, il crie, il hurle « Ma Liberté, ma Liberté chérie! » tout en asservissant ses semblables et toute chose à sa porté. Il se condamne lui même, s’enchaîne aux lourds boulets qui scintillent, se pend haut et court à l' »arbre-potence » du désespoir et de l’angoisse.

LIBERTE est un maître-mot . Nous en sommes les esclaves. Esclaves de l’idée de liberté.

L’être est libre, mais « vivre libre » est-il de la nature humaine? « Etre libre » et « vivre libre » sont-ils incompatibles?

La liberté du plus fort…

Notre liberté ne serait elle que la liberté du choix de nos chaînes. Nos chaînes charpentent notre ego, ego de dominant, ego de dominé. L’ego nous fait survivre: la liberté ou la mort proclamait la Révolution. Avons nous le choix? La liberté ou la mort. La liberté et la mort.

Accroché à la nef de la vie, l’être, à la fois, exige et refuse la Liberté parée de la beauté du diable. La Liberté Vraie captive et épouvante.

La liberté est la mort.

Etienne Lallement – le 6 mars 2021 – Saint-Joseph – La Martinique –

La Martinique : Détente, sensualité ou art sacré?

Que représente la danse pour un Martiniquais?

Depuis notre arrivée en Martinique, nous avons été à maintes reprises invités à des festivités dansantes.

Il m’est apparu rapidement que la danse, pour les habitants de l’île, dépassait largement le cadre d’un simple divertissement. Le soin apporté à l’habillement, à la parure des femmes créoles, la rigueur et la grâce dans les gestes révèlent une autre dimension que celle du simple divertissement. Chaque mouvement des femmes et des hommes semble être l’expression d’un art sacré. La ritualisation d’une prière. Les musiciens rythmant ce rituel élèvent les danseurs et les spectateurs dans cette « dévotion ». Ici « Haute-Taille », par ailleurs « Bélé » participent à cette valeur qui participe à l’union des Martiniquais et sans doute tous les Créoles: une spiritualité vivifiante transfiguratrice des corps.

Curieusement, j’ai été frappé par les consonnances d’une certaine musique créole et la musique polonaise des bals de ma jeunesse! Cela ne peut pas être une coïncidence. Je recherche actuellement des informations à ce sujet.

Les nouvelles générations sauront-elles recevoir, communier et transmettre cet « Art » dans toute sa spiritualité? Dans toute sa force?

Etienne Lallement – 15 décembre 2020 – Saint-Joseph – La Martinique

prestation de l’association « Pétales de Haute Taille »

selon Wikipedia: « Les contredanses ont été apportées par les colons européens au XVIIIe siècle. D’abord dansées par la bourgeoisie, le mode de diffusion localement, et leur évolution, sont encore discutés, mais ces contredanses ont été adoptées par d’autres milieux (esclaves, classes populaires, milieu rural) qui ont alors influencé la rythmique, les instruments (ajout de percussions comme le tambour de basse) et le déroulé. On retrouve encore actuellement des figures principales du quadrille avec le pantalon, l’été, la poule, la pastourelle, mais aussi d’autres figures comme la biguine. Ces figures sont annoncées et rythmées par un chanteur « commandeur » qui débute traditionnellement par « Cavaliers aux Dames ! » pour que les danseurs invitent leur danseuse. Ce « quadrille créole » a toujours pour nom « Haute Taille« , évoquant la forme des robes de bal de la bourgeoisie fin XVIIIe , début XIXe siècle1.« .

La Martinique : le Bélé

La Martinique se prépare activement à « l’après Covid 19 », se prépare à retrouver ses danses et le « Bélé » en particulier. Souvenir de 2015. Nous découvrions à l’époque le Bélé sur la plage du Vauclin pour la première fois depuis notre arrivé sur l’île aux Fleurs.

Etienne Lallement – 2015

pour en savoir plus le Bélé : http://www.lamaisondubele.fr/l-histoire-du-bele/quest-ce-que-le-bele

Musique solaire sous ciel de grisaille…

La mer Caraïbe joue des arpèges au raz des pieds du Petibonum amarré aux pieds de la Montagne Pelée.

Les ombres s’agitent, se courbent et se redressent, égrainent quelques notes sauvages d’« accordailles » et s’unissent au rythme de la vague nerveuse. Nous célébrons le mariage du ressac et des vibrations colophanées réunis par les souffles marins et la respiration de la flûte traversière.

Ciel gris. Mer grise.

Fi des silences feutrés des salles de concerts, le QCM jaillit de la vague, calme les éléments et éveille les mélomanes de la plage du Coin. Peu à peu le ciel s’enrosit , prémisse d’un embrasement qui ne viendra pas. Les rais solaires s’essoufflent par-dessus la grisaille duveteuse moutonnant sur nos têtes.

Le divin se résigne à plonger sans nous saluer et abandonne les planches à la Reine de la Nuit et son cortège hétéroclite : un tir du Canon de Pachelbel ouvre les festivités, Haendel pousse son Alléluia et Vivaldi célèbre le Printemps. Jean-Népomucène Hummel écarte, pour cette fois, sa trompette. A sa suite Jean-Sébastien Bach badine et gavotte. Le guadeloupéen Chevalier de Saint Georges métisse le concert. Mozart célèbre la nuit par une petite musique. Intégrale. La Flûte Enchantée nous permet de célébrer et la reine et la nuit…Au printemps de Vivaldi du début de soirée répond le « Summertime » de Gershwin. John William décline sa « Liste de Schindler ». Un Divertissement Espagnol ouvre la voie à Art Mengo qui laisse s’épancher la « Valse Triste » de Laurent Rocher…  Raphaël Rimbaud précède Piazzolla… Révérence !

Aux ultimes accords de Piazzolla, la mer se déhanche encore, tangue de plus belle puis se libère des notes et s’enfonce dans la nuit.

Le silence règne. Déjà !

Les oreilles comblées, les mandibules passent à l’attaque !

Une soirée de grâce !

Etienne Lallement – 19 septembre 2020 –

Concert du Quintette Classique de La Martinique sur la plage « du Coin »  au Restaurant « Le Petibonum » au Carbet – La Martinique