Oyé!Oyé!Oyé! Braves gens!

Voici revenu le temps des saltimbanques!

Sonnez pipeaux! Résonnez musettes!

Embouchés sont les appeaux! L’heure des leurres a sonné!

Pipelets et pipelettes ont aiguisé la fourche vipérine, la fourche de leurs langages!

Pic! Nic! Douille! C’est toi qui sera l’andouille!

Mais…!

Mais peut-on en vouloir au chaland de baver? Les bateleurs proposent à la vente tout ce que nous « voulons » vouloir, tout ce que nous avons appris à vouloir. Inculqués sommes nous de besoins impératifs que nous proclamons « Notre Liberté!« .

La liberté « chérie » tant clamée, tant réclamée n’est qu’un amuse-bouche, un amuse-oreilles à géométrie variable. Un drapeau sans hampe.

Faut-il être fou, tellement fou, pour se présenter devant les électeurs aussi peu restent-ils? Réaliser, avoir conscience qu’il faudra renier, mentir avec conviction… Réaliser, avoir conscience qu’il faudra se renier, se mentir, se trahir soi-même…

Urne funèbre! Urne si peu pleine, tu emportes la morale et la sagesse. La victoire est à ce prix. Victoire à la Pyrrhus!

Le candidat est inconscient! Dès la victoire ses ennemis resteront ses ennemis. Les opportunes amitiés complices érigeront des autels pour brûler leur idole d’un instant. Holocauste de la désillusion, de la consolation! La victoire porte en elle des relents de souffre et de marais putrides.

Alors pourquoi briguer?

Le pouvoir illusoire qui n’appartient en rien à qui crève l’écran?

La gloire éphémère?

Le plaisir masochiste?

L’instinct du sacrifice, le besoin d’être martyr?

LA FOLIE! peut-être. La Folie sans doute!

La démocratie donne aux fous le pouvoir d’élire l’un des leurs. Le sage au seuil du bureau de vote, hésite… La sagesse n’est pas l’apanage des harangueurs. La force des gigolos dressés sur leurs ergots, sur leur « ego » tarabiscotés, est la crédulité et l’ignorance des oreilles conditionnées.

La perte de confiance et l’égocentrisme de chacun génèrent l’abstention. L’intérêt personnel efface l’intérêt collectif. L’abstention conforte l’extrémisme. L’extrémisme engraisse la tyrannie.

L’Histoire se répète inlassablement, inexorablement.

Empire d’Egypte, empire de Chine, empires d’Amériques, empire de Rome…les civilisations s’écroulent!

Notre « Occident » n’échappera pas à la règle.

Nul n’échappe à son destin qui coupe la branche où il a construit son nid… L’imbécile réduit en copeau la culture qu’il n’a pas reçu et qu’il n’avait pas envi de recevoir: il fut tant engraissé à la malbouffe intellectuelle et spirituelle.

France! Ivre galère!
Tes rameurs rêvent de paradis artificiels!
Tes matelots rêvent d’enlacements stellaires!
Mais ne forniquent sous le ciel
Qu’aux ventres de sordides prostituées inhumaines.


L’équipage courbé aux caprices du vent et ceux du capitaine,
Ploie et se redresse. Gare à qui glisse et s’affale.

Hurle le ban!
comme autant de tempêtes, autant de haine!
Mais à quoi sert, au front de la rafale
De hurler, d’invectiver les cieux, brandir un poing vengeur!

L’union face au péril devrait être la loi.
L’alliance, l’alliage de tous serait de bon aloi.
Nenni! Voici qu’émerge une floppée de barreurs.

Fusent les solutions! Contradictoires!

« Virons de bord », dit l’un! « Droit devant »! dit l’autre
Apparaissent les faux apôtres!
« Affalons! », « Hissons! », « Aux chaloupes! »,

Les cris, les hystéries, font croire à la victoire.
Mais « le vent
fripon » déserte la poupe.


La dérive!

Les clans s’affrontent. La vague emporte le raz d’eau.

La dérive!

Qu’importe! Se pourfendent les prétendus sauveurs!

Et se brisent un peu plus le radeau!

Personne ne sait qui suivre à cette heure

A défaut de projet, tous se battent « contre »…

Sans conviction. Leur conviction s’est jetée par dessus-bord

Depuis bien longtemps.

Par dessus les ego recroquevillés, souffle la tempête…



Etienne Lallement – 12 septembre 2021 – Saint-Joseph – La Martinique

Valérie…

Valérie a 31 ans.

Valérie est morte du Covid.

Dans l’indifférence .

Sa mort viendra gonfler des statistiques d’un petit chiffre.

« Petit chiffre » viendra éclabousser l’écran de nos infos, aggloméré à d’autres petits chiffres. Par milliers.

Et pendant ce temps…

Les « Egos » continuent de s’exprimer, de s’escrimer dans des duels sans mort. Sans mort d' »Egos ».

« Le virus n’existe pas! » colportent les uns!

Les « contres » fustigent les « partisans ». Les « opposants » condamnent. Les « pours » lancent des anathèmes.

La rue, les écrans exhibent des troupeaux bêlants, accrochés fermement à une idée. Le panurgisme rassure . Une idée fédère. Peu importe l’idée après tout. Les manipulateurs exultent dans l’ombre. La sacro-sainte « Liberté » qui écorche les bouches, roule dans le caniveau. Tout se sait sur chacun d’entre nous et ce n’est pas un « pass » qui entamera une liberté illusoire. Toutes les cartes de notre portefeuilles nous trahissent. La carte Vital – mais peut-on faire l’impasse sur l’intérêt d’une telle carte – permet de tout connaître, dans les moindres détails, sur notre état de santé. Physique et mental. Le simple fichier des « contraventions aux infractions routières » est une mine de renseignements. La nouvelle carte nationale d’identité comporte un QR-Code.

Extrait d’un article tiré de la Revue « Numerama » – sous la plume de Julien Lausson – daté du 23 octobre 2019.

« C’est ce qu’on appelle le « data mining » : l’exploration de données. Par ailleurs, Bercy mobilise d’autres sources : impôt sur le revenu, contrôle fiscal, taxe d’habitation, consultation des moyens de paiement automatisés, recouvrement contentieux de l’impôt direct, documentation cadastrale, etc. Des données issues de bases privées, d’organismes sociaux et d’autres administrations peuvent aussi servir.« 

Il s’agirait de ne pas se tromper de combat. Il est vrai que le « combat à idée simple et unique » est plus fédérateur.

Et pendant que nous polémiquons, des Valérie meurent par dizaines dans l’indifférence!

Etienne Lallement – le 21 août 2021 – Saint-Joseph – La Martinique

Folie virale…

Un ami vient de perdre une nièce.

Mourir de maladie, d’un virus. Soit!

Que la bêtise humaine s’en mêle révolte! Mais qui se révolte?

« Il n’est de pire aveugle que celui qui ne veut pas voir! »

Qui reconnaîtra son erreur parmi tant d’autres? Celui qui crie a souvent tord et les décibels lui servent d’arguments et rassurent les moutons dressés à l’obéissance aux aboiements des chiens. Tout autant coupable, celui qui se tait. Tout autant coupables ceux qui accordent leur haine à la haine des moutons aveuglés, des moutons apeurés broutant des herbes putrides des prés intoxiquant!

Par intérêts personnels, l’humain est prédateur. L’humain est pusillanime. L’humain reste indifférent.

L’intérêt collectif a-t-il encore un sens?

Etre « Humain » a-t-il encore un sens?

Etienne Lallement – 19 août 2021

La nouvelle du décès à peine parvenue, nous entendions et avons réécouté cette chanson de Jean Ferrat. Décidemment, le hasard n’existe pas. Titre de l’album: « Dans la jungle ou le zoo ».

Inexorable violence?

La violence se fonde sur des prétextes. Non sur la réalité. Les causes profondes sont inconnues ou niées.

L’angoisse est source de toute atteinte à l’intégrité d’autrui. Cette guerre contre la peur est vaine. Les tentatives d’ « ex-pression » par la violence est une spirale vicieuse. Infernale.

Il est dans la nature de l’Homme de retourner à « l’état sauvage ». Primitif. Essentiel.

Voulu ou forcé, ce retour sera douloureux.

Le fou fait de l’audience. Le sage est ignoré.

L’avenir est dans la non-violence.

La non-violence ne se prêche pas. Ne s’enseigne pas. Elle s’imposera d’elle-même comme une évidence quand toutes les autres voies auront échoué.

Quand l’Humanité aura vaincu ses peurs et découvert sa véritable nature.

Etienne Lallement – le 3 août 2021 – Saint Joseph – La Martinique

Liberté! J’ai crié ton nom!

Araignée à l’affût au centre de sa toile – Saint Joseph – La Martinique

L’Être libre…

La Liberté, l’Être humain en a fait une utopie alors qu’il la possède. Elle est inhérente à la vie. Mais que fait-on de cette liberté?

L’Être s’ingénie à vouloir asservir ses semblables et la nature.

Il chante! Il hurle! « A moi la Liberté! » tout en essayant d’emprisonner ses semblables et toute chose à sa portée. Non satisfait d’enchainer autrui, il se charge, lui même de lourdes chaînes et se condamne, se pend à l’arbre-potence du désespoir et de l’angoisse.

Liberté est un « maître-mot », une « idée-maîtresse ». Nous en sommes les dévoués esclaves.

Etienne Lallement – le 24 mars 2021 – Saint-Joseph – La Martinique

Il chante! Il hurle! « A moi! la liberté! » tout en enchainant ses proches et toute chose à sa porté.

Polémiques.

Crabe à l’affût – Presqu’île de La Caravelle – La Martinique

Si vous voulez être écouté, soyez polémiste.

Si vous cherchez le succès, soyez « polémiste-destructeur ». Les casseurs ne prolifèrent pas que dans la rue. Ceux de la rue sont les enfants des « polémistes-destructeurs » des salons et des studios.

La violence n’est pas un manque d’intelligence. La violence est l’expression de l’impuissance engendrée par un manque d’éducation et l’instillation d’une information perverse. L’instruction et la communication s’adressent plus à l’instinct qu’à l’intelligence. Plus à l’émotion qu’au sentiment.

19 mars 2021 – Jo Biden, président des Etats-Unis d’Amérique, répond à un journaliste. Parle-t-il d’éducation, de santé, de progrès social, de développement économique… La presse française ne retiendra que ses attaques dirigées contre Wladimir Poutine, président de la Russie. Le même jour, lors du même journal télévisé, le téléspectateur peuvent voir Jo Biden – 78 ans précise le commentaire -trébucher trois fois en gravissant les marches de l’escalier de son avion.

Sans « éclats », vous n’existez pas aux yeux de l’opinion. L’opinion votera pour les éclats qu’elle aura reçu dans l’œil.

Des borgnes exubérants vociférant traînent des cohortes d’aveuglés dans les ravines de la démocratie.

Etienne Lallement – 20 mars 2021 – Saint-Joseph – La Martinique

La vérité est-elle un mensonge comme les autres?

La Martinique – Le Diamant – Anse Cafard –

« Inespérant » de saisir une quelconque vérité, l’humanité fait ses choux-gras de bruits qui courent.

La vérité s’esquive au fur et à mesure que l’être avance comme la ligne d’horizon tangue plus ou moins loin de notre regard. L’inaccessible ligne imaginaire force la divagation de l’imagination. L’occident regarde l’orient. L’orient rêve d’occident.

L’être vit d’images et s’en gave, baptise « vérité », le mensonge qui le séduit, baptise « mensonge », la vérité qui le dérange. Au marché des dupes, les marchands d’épices font la loi. Les mets s’estompent à disparaitre sous la sauce.

Forgé d’une culture formatée, l’éducateur formate à son tour. Le fer doit prendre la forme du sabot entre l’enclume et le marteau. Le fer achoppera sur les silex des chemins torturés et ravinés. Et chacun laisse faire…par faiblesse, par ignorance, par désintérêt, par peur… Par volonté!

Le dupeur sait qu’il ment et ne peut donc avoir confiance en personne. Le dupeur sait qu’il ment, mais veut faire de son mensonge une vérité qu’il finira par admettre comme telle. L’arroseur le plus averti se sait lui-même arrosé.

Une vérité quelconque peut-elle exister au royaume du mensonge? Imaginons qu’une vérité existe. Une étiquette « mensonge » barrera bientôt son front. Donc mensonge et vérité portent la même couronne et ne sont pas discernables. Le milieu crée la loi. La loi du plus fort.

L’humain se complait d’un mensonge étayé et le préfère à une possible vérité enrobée d’incertitudes.

Le doute génère l’angoisse. L’angoisse est le terreau de la politique d’apprentis sorciers qui céderont bientôt leur sceptre aux tyrans.

« Inespérant » de saisir une quelconque vérité, l’humanité fait ses choux-gras de bruits certifiés que l’ON fait courir!

« Liberté » crie l’esclave qui forge lui-même ses chaînes! Forgeron de sa servitude, l’être s’épouvante face à l’idée même de son rêve!

Etienne Lallement – 1 mars 2021 – Saint-Joseph – La Martinique

Cendres de l’amour…

Les défaites de la vie privée se compensent de conquêtes en vie publique.

Les « plus-en-vues » haranguent « haut et fort »! Regardons leurs pieds enracinés dans les cendres encore brûlantes de l’échec. Ils entrent en politique comme « on » va aux bordels. Ils convolent vers les « péripatéticiennes » pour se soulager et s’imaginer supérieurs.

« Promesses utopiques – démagogiques – vous fleurissez au champ de la désolation. Aux chants des vaincus!« .

« Le Führer » fut conçu au front dans la boue des tranchées des laissés-pour-compte. Le monde en fut bouleversé. Le fauve blessé, agonisant même, est un danger rampant.

Le phénix couve sous la cendre.

Que ceux qui ont réussi conjointement à concilier, à magnifier, leur vie privée et leur vie publique avance d’un pas! C’est à eux que je confierai mon destin!

Etienne Lallement – le 14 février 2021 –


			

Le poids de l’ignorance! Le choc des incompétences!

Jardin public de Hellemmes-LIlle – août 2020

Le poids de l’ignorance! Le choc des incompétences!

Ce n’est pas une accusation. Je le constate depuis bientôt un an. Depuis le début de la lutte contre le coronavirus. Je ne jette pas de pierres. Je n’ai rien à proposer: pas d’idées ni de solution miracle. L’ignorance et l’incompétence ne sont pas des fautes. Elles sont le lot de chacun d’entre nous. Bien sûr, les carences des uns ne sont pas les carences des autres.  Heureusement! 

Les connaissances et savoirs ne sont pas les apanages d’une élite condescendante survolant une humanité débile où régneraient ignorance et servitude. Physiques et intellectuelles.

Et pourtant certains « êtres » croient en ce clivage de l’humanité et se galonnent d’étoiles et se fabriquent des bâtons de commandement. Malheureusement, ils font souvent  « école« . L’angoisse qui est le lot de tout humain fait de l’être une proie pour ces prédateurs. Le pouvoir rassure car ces chasseurs sont tout aussi angoissés que n’import qui.

Ceux qui crient le plus fort sont, le plus souvent, les plus anxieux, ceux qui refoulent leurs angoisses avec le plus de véhémence. De violence.

Leur logorrhée leur tient lieu d’extincteur contre les feux de la peur. Partager sa détresse allège le fardeau dont ils veulent tout ignorer. Gare à qui veut porter atteinte à leur pouvoir, qui fait vaciller les remparts de leurs pseudo-certitudes. Fragilise leur intégrité. L’intégrisme n’est pas que  » fait religieux« .

Ne nous faisons pas d’illusions, nous sommes à la fois – tous sans exception – victimes et prédateurs! Le fait de traiter quelqu’un de « con » fait de nous un prédateur. Un prédateur minable, mais un réel prédateur.

Alors?

Au banquet de la vie, ne sommes-nous pas des analectes se gavant de miettes de pensées tombées de la table de ceux qui se proclament les hérauts de la vérité. De la Vérité? Faute de pain « frais » pour nous-même, nous nous gavons de « pain d’chien« .

Peut-on retrouver le goût du « bon pain » avec des miettes inlassablement recuites?

Alors?

Nous devons considérer que nous sommes loin de « l’achèvement » de l’Humanité qui n’est que suite de constructions, démolitions et créations. Dans 40 000 ans, quel regard porteront nos descendants sur nos civilisations? Sans doute le même regard condescendant que nous portons à l’homme de Cro-Magnon.

Nous construisons les ruines du futur.

Nous ne sommes qu’un barreau dans l’échelle de la Vie. Il faut assumer nos faiblesses. Il faut assumer nos forces. Plus encore, accepter les forces et faiblesses « des autres« .

Il nous faut accepter que tout est éphémère. Nous sommes éphémères.

Faut-il « jouir » en proclamant: « après nous le déluge« ?

Certes NON!

Nous sommes ceux qui nous ont précédés. Nous sommes ceux qui feront « demain« . Une victoire , aussi éphémère, aussi discrète soit-elle est une pierre pour l’Avenir.

Devons-nous alors nous désintéresser du « présent »?

Certes NON!

Nous avons le droit au bonheur pour le temps présent. Mais le vrai bonheur est un » produit » collectif au bénéfice de tous. La définition du « bonheur » sera le fruit de la réflexion de tous. La définition du « bonheur » ne sera jamais définitive.

Pour moi, cette quête universelle serait un réel progrès pour l’humanité. Le combat contre l’égoïsme, la priorité de nos luttes.

Mais la priorité la plus accessible serait la diffusion accrue des connaissances et des savoirs pour permettre à chacun de gagner en « liberté » et en « esprit critique« . Le choix n’est pas un effet de « l’instinct conditionné », mais de la réflexion. Encore faut-il que l’Homme ait soif de connaissances et de savoirs.

C’est dans le désert que l’Homme connait le plus la soif.

Ne négligeons pas les déserts, ils servent plus l’humanité que les oasis.

Etienne Lallement – Saint-Joseph – La Martinique – le 29 novembre 2020 –

œuvre de Fabien Mérelle – palais des Régates – Le Havre