Croire…

Je crois que le créateur croit en moi!
Ainsi le créateur croît en moi!

Etienne Lallement – le 26 novembre 2024

« cogito » donc je doute!

et si…et si…et si…

suite aux « n’importe quoi! » aurait dit mamie…

la compréhension de ce texte nécessite la lecture des 4 articles précédents : « n’importe quoi! » aurait dit mamie

A posteriori: 2 ans plus tard…

Réflexions suite à la quête d’un prêtre à la demande de Béa.

A mon grand étonnement, quinze jours avant sa transmutation, Béa me réclame donc un prêtre. Nous n’avions jamais envisagé ce besoin, ou plutôt, « je » ne l’avais jamais envisagé. De plus, elle n’émet pas non plus à ce moment le désir de la célébration d’un office religieux.

Mais, bien avant que la maladie ne frappe à sa porte, nous avions échangé maintes fois sur les besoins de rituels – nonobstant les religions – qui devaient ponctuer les moments forts de nos vies, rassembler les êtres et sacraliser l’espace et le temps.

L’enchainement des faits…

Contexte: je ne trouve pas de prêtre dans la région de Bruay-La-Buissière pour répondre à la demande de Béa, satisfaire sa dernière volonté.

Et si… je n’avais pas été chez mon frère le 12 août…?

Et si…mon frère n’avait pas été abonné à la Voix du Nord et l’édition du jour placée sur la table…?

Et si…il n’y avait pas eu de procession le 15 août…?

Et si… il n’y avait pas eu de prêtre africain en résidence temporaire dans la région de Lens appelé pour la bénédiction de la chapelle…?

Et si…je n’avais pas été me faire rembourser un câble à 8h30, à l’ouverture de l’hypermarché…?

Et si… une cliente n’avait pas retardé de deux minutes mon remboursement, je n’aurais pas croisé Jean-Paul Pourchez, l’homme que je recherchais depuis la lecture de l’article de presse…?

Vous avez dit hasard?

La vie des êtres humains et toute la création sont sujets aux « SI ». Que serait notre vie, que serait « la Vie » si un évènement, un seul, n’avait pas eu lieu?

Effets papillon !

Ne sommes-nous pas, déjà, le seul rescapé de 3 à 4 millions de spermatozoïdes!

Et si?

Je ne fais aucune spéculation sur ce qui « fabrique » notre vie. Laissons aux savants, aux religions ou assimilés le tissage du romans de nos destinées. S’y accroche qui veut selon ses besoins. Selon ses angoisses!

Je suis un témoin, un spectateur sans imagination…ou presque. Les émotions, la sensibilité, l’intuition donnent naissance à mes délires, à mes errances intellectuelles. Je veux bien partager mes élucubrations mais jamais les imposer à quiconque comme des « vérités ».

Je remets chaque jour « sur l’ouvrage » mes pensées de la veille ou du quart d’heure qui précède.

N’attendez pas de moi d’être constant dans mes idées… Attendez de moi d’être constant dans le brassage de mes idées. Constant dans leurs remises en causes, certes, mais non pas dans une systématisation volontaire de la contrariété des pensées intellectuelles ou spirituelles, mais dans l’acceptation des captations – volontaires ou non – de ma réceptivité, en écartant, le plus possible, mes propres censures et a priori.

Les éléments allument des questions: l’imagination échafaude des explications qui ne sont que les fabrications de l’intellect… ou d’autres facteurs connus ou inconnus!

Je répète à l’envie que le hasard n’existe pas. En effet, un évènement, aussi futile soit-il, nécessite – au minimum – une cause majeure. Cette ultime cause est conditionnée par des dizaines, des milliers d’évènements qui l’ont précédée! Nous sommes chacun d’entre nous des « facteurs » conditionnés de causes multiples.

Mais la convergence de plusieurs faits propices à la réalisation d’un fait, d’un vœux m’interpelle.

Je ne crois pas à la prédestination « programmée » sur un grand ordinateur par un grand ordonnateur.

Je crois en la liberté, non seulement de l’être humain, mais de l’ensemble de la création…

Face aux grands mystères, je reste à l’affut « en constante disponibilité d’esprit et en permanence en réceptivité spirituelle.« .

Je ne saurai, comme mamie Lulu, opposer l’obstacle d’un « N’importe quoi! » à ce que je ne comprends pas, à ce qui me dérange.

Je suis en permanence à l’écoute de « N’importe quoi » comme combustible, comme comburant de mon athanor, mais les uns et les autres se doivent de disparaitre par les flammes pour que, peut-être, se révèlent… je ne sais encore quoi.

Etienne Lallement – le 6 septembre 2024

« N’importe quoi!! » aurait dit mamie… 04

« Fatum »

Les derniers quinze jours : entre souffrance, résignation et…

Du centre de soins palliatifs de l’hôpital Oscar Lambret de Lille, Béa a été dirigée vers celui de Bruay-La-Buissière: Amélie Loutre. Nous partagions en ces moments un sentiment bizarre fait de résignation et de confiance. De silence.

A partir de ce moment, j’allais d’étonnement en surprise.

Pompes-funèbres

Le dimanche 7 août, Béa m’a demandé d’une voix qui me surprit par sa fermeté, si j’avais pensé « à une entreprise de pompes-funèbres« . A ma réponse affirmative, elle me demanda de m’enquérir de devis. Quand je revins le lendemain, avec les devis, elle ne voulut pas considérer celui concernant la crémation: « je ne veux pas être brûlée! ». Pourtant, le peu d’échanges que nous avons partagés sur le sujet depuis bien longtemps, signifiaient qu’elle ne voulait pas infliger à nos enfants « un attachement » à une sépulture. Elle refusa de lire les détail du second et ne s’enquit que du montant du devis.

Deuxième surprise et non des moindres : « Je veux un prêtre!« .

Par les intonations de ses formulations, je comprenais qu’elle reprenait en main son destin qui s’effilochait irrémédiablement.

Je cherchais donc un prêtre. Malheureusement, celui de Bruay était en vacances dans son pays natal, la Pologne.

Dès lors, vont se succéder des évènements qui continuent de m’interpeler. Ils auraient, sans doute, fait dire à la maman de Béa : « N’importe quoi! » de sa voix rocailleuse de fille de la Sarthe. Lucienne, mamie Lulu brûlait de la foi chrétienne du charbonnier, et n’était catholique que quand « le curé » lui plaisait: c’est à dire rarement.

La Voix du Nord

Le vendredi 12 août, j’étais toujours à la recherche d’un prêtre. Je passe chez mon frère Bernard et ma belle-sœur Pascale qui est la sœur de Béatrice. Il faut dire que nous sommes 3 frères mariés avec 3 sœurs. Sur la table de la cuisine, un exemplaire du quotidien La Voix du Nord…peut-être y aurais-je trouvé les coordonnées d’un homme d’Eglise?

Mieux! Un article annonce pour la journée du 15 août, une procession dans le quartier de La Volville et la bénédiction par un prêtre d’une chapelle fraichement restaurée par une équipe de bénévoles animée par Jean-Paul Pourchez! J’avais de très bons contacts avec ce dernier quand je travaillais à Bruay, mais je ne l’avais pas revu depuis au moins 10 ans! Pas de coordonnées! Il était absent de l’annuaire! Dans mon entourage, personne ne savait où il habitait!

Remboursement

Le 14 août à 8h30 du matin, je me rend dans l’hypermarché de Cora-Labuissière pour me faire rembourser un câble audio. Pourquoi en cette période de trouble intense allais-je me faire rembourser un câble de moins de 5 euros? J’arrivais à la caisse des remboursements, mais une dame devant moi était « en confidence » avec l’hôtesse. Elle venait de toute évidence épancher son vague à l’âme conséquence d’une nuit sans sommeil. Après 2 ou 3 minutes, il lui fût signifier avec beaucoup de courtoisie qu’il fallait qu’elle revienne plus tard, « des gens attendaient« . Mon remboursement fût rapide et quand je pivotais pour quitter les lieux, sortant de la caisse adjacente, je vis l’homme que je cherchais. Après de rapides échanges de banalités, je lui fit part de ma recherche. Il m’invita à la cérémonie mariale. Il me présenterait à l’abbé Victor, prêtre africain, en séjour dans la région lensoise.

15 août, procession, père Victor…

lundi 15 août 2022 – chapelle Gilliot

Etant absent depuis environ 10 ans de la région, je retrouvais parmi les participants à cette cérémonie de nombreuses personnes qui me reconnaissaient et m’interpellaient. J’écartais rapidement les uns et les autres: mon objectif était d’amener l’officiant auprès de Béa. Enfin, j’arrivai près de l’homme d’Eglise et l’emmenais au centre de soins palliatifs… Je laissais Béatrice et le prêtre en tête à tête…

Dernière nuit…

Les quelques journées qui suivirent virent l’état de Béa se dégrader.

Dans la nuit du 20 au 21, Béa m’interpella une première fois: «  tourne-moi sur le côté…j’ai mal… ». J’obtempérai avec difficultés. Emotion et maladresse à manipuler ce corps décharné en souffrance. Le corps de Béatrice?

Non pas uniquement un corps, mais un « Être » dans sa complétude.

Quelques minutes plus tard, Béa m’interpella une seconde fois: « tourne-moi! j’ai trop mal!« . Les tubes s’entremêlaient. Mon émotion était indicible. Impuissant, j’appuyais sur le bouton d’appel. Deux dames arrivèrent rapidement et s’ingénièrent à trouver une position la moins inconfortable possible. L’une d’entre-elle se tournant vers moi:  » Demain matin, nous allons voir avec le médecin pour augmenter les doses…« . Je n’entendis pas les propos qui suivaient.

Je savais désormais que l’échéance dont nous repoussions l’idée depuis 21 mois était imminente.

Le lendemain, la médecin me signifia « qu’on allait augmenter massivement… »

Mes oreilles se fermèrent aux phrases qui suivirent. Béa « devait s’endormir »…Elle résista aux sédatifs et autres « potions » jusque 16h20.

L’heure de la transmutation.

Mais à la dernière minutes que voulait-elle donc chasser?

et si…et si…et si…

à suivre…

post scriptum :

Il y a peu de temps, suite aux articles précédents, une amie m’a glissé dans ma boite aux lettres, un n° hors série de Sciences et Vie de septembre 2009. Apparemment, il n’est plus disponible. Dommage…

En zappant, le « hasard qui n’existe pas » m’a permis d’écouter ce dialogue: un très beau témoignage…

« N’importe quoi!? » aurait dit mamie…03

Fort d’Amber – Rajasthan – Inde – 23 mars 2014

Début de la lutte en Martinique…

Je veux décrire! Je veux écrire un témoignage sans en tirer de conclusions, m’embarquer dans de quelconques spéculations qui ne seraient qu’idées dérisoires de mon esprit et intellect gavés…inachevés.

Béa vivait, depuis longtemps déjà, dans l’angoisse de la mort. Surtout la nuit, quand son corps et son esprit n’étaient plus distraits par l’hyperactivité que chacun lui reconnaissait.

Novembre 2020. Occlusion intestinale.

Direction les « Urgences » du centre hospitalier. Le « CHUM » pour les Martiniquais.

Janvier 2021. Verdict : cancer du pancréas.

Chimiothérapie : « Nous allons tenter deux protocoles. ». Quand j’interrogeai une des professionnelles sur l’évolution de la maladie, elle refusa naturellement de me répondre. J’hasardai « un an ? ». Les yeux de mon interlocutrice se levèrent vers le ciel : je compris qu’elle me signifiait mon optimisme. J’hasardais  » 6 mois ? » L’inclinaison de la tête qui fuyait mon regard, sembla indiquer que j’étais plus près de la vérité.

Béatrice repoussa les limites à 21 mois.

L’évolution de la tumeur ne permettait pas d’opération mais des soins quotidiens étaient indispensables. Bientôt, suite à la deuxième occlusion, le système digestif a été condamné, nécessitant une alimentation par le jéjunum, directement dans l’intestin. Fi de l’estomac devenu inopérant.

A cette époque des mouvements sociaux, souvent violents, secouaient La Martinique : nous étions en plein dans l’épisode « Covid« : épidémie, pandémie.. Les soins hospitaliers et à domicile ainsi que l’accompagnement des malades était très perturbés. Chacun vivait dans le confinement. Nous vivions reclus à notre domicile. Les contacts avec les autres humains étaient proscrits, limités au strict minimum. Béa avait auparavant une activité associative et sportive intenses. L’isolement était très lourd à supporter moralement.

Pourtant, nous recevions, chaque jour, un rayon de soleil: Christelle, l’infirmière. L’endroit où pénétrait la sonde gastrique dans le ventre exigeait des soins attentifs et méticuleux. Les soins d’une professionnelle. Mais Christelle n’était pas que cela. Elle était – est toujours – auteure, compositrice, interprète et animatrice radio. Elle est Manm’zel Krys! Nous étions en terrain de connaissance. Il n’était pas rare que, tout en s’activant sur Béa, elle nous proposait une mélodie qui avait germée dans sa tête « sur la route » et nous échangions tous les trois sur « ses vibrations ».

Repli vers la France métropolitaine.

Nous décidions, donc, de partir vers la France métropolitaine. Béa fût accueillie au centre hospitalier Oscar Lambret à Lille réputé pour ses actions contre le cancer et l’accompagnement des malades. Les diagnostiques martiniquais et lillois étaient identiques, les prescriptions les mêmes…Mais l’espoir renait quand le médecin qui nous prit en charge, incita Béa à partir en vacances en Corse en juin 2022. Nous convenions quelques heures après la consultation, aussi alléchante que fût la proposition, que la forme physique de Béa ne permettait pas de réaliser « ce rêve » offert par nos enfants. Depuis le début de la maladie, Béa a fortement maigri. Elle pesait alors 40 kilos. Elle descendra à 35… A partir de ce moment, il fut demandé à Béa de ne plus se peser.

Combat ou résignation ? Je ne saurais dire, mais jamais en 21 mois elle n’exprima d’angoisse à l’exception de sa gestuelle face à ce ne je sais quoi dans les ultimes secondes.

Voyait-elle ? Savait-elle !

à suivre…

Etienne Lallement – de septembre 2022 à août 2024

Post scriptum – « écrire » : une catharsis ? Une libération ? Peut-être. Une joie, sans aucun doute, mais une joie au forceps pour mieux se connaître soi-même. *Je vais continuer de narrer cette expérience forte de vie. À bientôt!

photo en titre : reflet de Béa dans un miroir lors de la visite du fort d’Amber en 2014

Fort d’Amber – Rajasthan – Inde

« N’importe quoi! » aurait dit mamie. 02

Béa à Agra – Uttar Pradesh – Inde – 22 mars 2014

suite de « N’importe quoi! » aurait dit mamie…01

Préambule

Dès mes vingt ans, je me goinfrais des œuvres de Freud – nous sommes né le même jour – et de ses disciples… La suite de ma vie me fit prendre mes distances de ce qui devenait, peu à peu pour moi, une école dogmatique pour le peu « psychorigide« . J’avais déjà, auparavant, repoussé aux confins de ma conscience, la religion de mon enfance. En 2013, j’arrivai en Inde, à Chennai – naguère Madras – capitale du Tamil Nadu. Je suivais Béa dans sa migration professionnelle. Je me coulais dans la « culture indienne » : arts, philosophies, religions… Les « néo-hindouistes » – quel vilain vocable – m’attirèrent de prime abord – Râmakrishna, Vivekânanda, Ramana Maharshi, Mâ Ananda Moyî, et bien d’autres… Bien sûr, par une voie plus pragmatique, Béa et moi allions aussi à la rencontre des Indiens dans leur quotidien. Ils étaient essentiellement les membres, hommes et femmes, de l’entreprise Maersk-Line. Béatrice avait pour mission de les former aux mystères du commerce français.

En mars 2001, j’avais absorbé, mais mal digéré, la « Psychologie de l’inconscient« . Je retrouvais Carl Gustav Jung en ces premiers jours indiens par le biais de « Psychologie du Yoga de la Kundalini« . J’en restai là avec le maître allemand, ayant fort à faire avec les « maîtres autochtones ». Indigènes.

La rencontre d’un Brahmane me permis d’approfondir mon immersion en culture inconnue. Il ne devint pas mon « guru », mais me permis de fréquenter l’ashram « Ramakrishna Math« , fondé sous l’impulsion de Swami Vivekananda il ya plus de 100 ans à Chennai .

Les leçons de l’Inde me confirmèrent ce qui m’avait fortement marqué par ailleurs, que l’essentiel était « d’être en constante disponibilité d’esprit et en permanente réceptivité spirituelle ».

Il m’a fallu au fur et à mesure de l’ingestion de ses riches miscellanées, les infuser, les distiller, les digérer plus ou moins facilement, les confronter à ma propre culture, les oublier pour mieux m’enrichir : la substantifique moelle se révèle quand les textes ont disparu, dissous par les sucs de la macération intellectuelle et spirituelle. La méditation.

Après deux ans au Tamil-Nadu, les tribulations de Béa, nous firent accoster en Martinique. Notre boulimie de « contacts humains » et de « communions », ne faiblissait pas.

à suivre…

Les références des œuvres citées sont à la fin de l’article « N’importe quoi! » aurait dit mamie 01

« N’importe quoi? » aurait dit mamie. 01

« écrire« 

L’écriture peut-elle être l’outil d’une catharsis? d’une libération? peut-être.

Une joie, sans aucun doute, mais une joie au forceps pour mieux se connaître soi-même.

Depuis de nombreuses années, je me suis gavé de livres de philosophie ou religieux. Essentiellement.

La philosophie sème le doute. Il nous faut l’accepter. Il nous nous faut continuer à chercher, à écarter, à gratter. A plonger et replonger. A rebrousser chemin et repartir encore et encore. La montagne des doutes accouche des pépites de vérités…éphémères. L’être humain est un aventurier à la recherche de ce qu’il cherche par une quête sans fin.

« La quête sans fin d’un but indéfini » est, sans doute, la mission du vivant.

Malheureusement, nous préférons jouer avec le carton, l’emballage et les rubans de notre cadeau qu’est la Vie. Nous préférons les fanfreluches à « l’Essentiel ». Un « tien » vaut mieux que l’inconnu! l’incertitude! l’angoisse!

Mais qu’est-ce que l’Essentiel.

Les vôtres et le mien diffèrent dans notre conscient. Le mien divague d’interminables errances.

L’essentiel n’est sans doute que « UN » pour tous.

Mais est-il si éloigné de nous?

Expérience par l’épreuve du vécu.

Bruay-la-Buissière. Unité de soins palliatifs Amélie Loutre. Dimanche, 21 août 2022. 16 heures 20. Alexandra, notre fille, tente de maîtriser le bras gauche de sa maman qui tente de repousser frénétiquement, des deux bras, des deux mains, je ne sais quelle vision, quel fantôme. « Vade retro! » crie le corps tout entier. Quelle aspiration? Béatrice se redresse brutalement. Les yeux s’écarquillent. Un cri étranglé. Elle tente désespérément d’aspirer une ultime bouffée d’air. Une dernière bouffée de vie. Elle s’affaisse sur le lit. Un râle. Sa poitrine se contracte. Elle exhale tout son souffle, sa vie.

Transmutation!

L’infirmière, appelée à la rescousse : « Laissons la! Elle part!« .

Béatrice, désormais sait…peut-être.

Béa n’a plus peur…sans doute.

Personne n’échappe à la mort d’un proche. C’est comme un écran de pub qui coupe un long-métrage. Avant nous n’y pensons pas ou si peu. L’irruption dans notre vie creuse un traumatisme…La reprise du « divertissement » -le « film » de notre vie – comble plus ou moins rapidement « cette interruption momentanée du programme« . La « fatalité » nous condamne à la résignation. La vie continue. Advienne que pourra!

Mais, personne n’échappe à sa propre mort.

à suivre*…

Etienne Lallement –

texte et images – en écriture de ce texte depuis septembre 2022

Mourir pour Elle…

« Un Français doit vivre pour Elle! Pour Elle un Français doit mourir!« 

France-Musique me réveille ce vendredi matin par ce chant guerrier!

Oui, certes, vivre ou mourir pour Elle! La France!

Mais que ce que la France? Une France géographique? Un France historique? Une France politique? Une France ethnique?

Envahie par les Huns et par les autres. Beaucoup d’autres!

Elle est un « fondu de peuples migrants ». Un compost.

Alors, qu’est ce que la FRANCE?

Qui peut s’écrier, « la France c’est Moi!!! » ?

la France, c’est moi! La France, c’est toi! La France, c’est lui, c’est nous, c’est vous! La France, ce sont eux! la France est plurielle et riche de ses pluriels.

Une certaine idée de la France? De nombreuses idées de la France s’opposent!

Mais être Français, n’est-il pas de tendre vers l’universel?

Faisons un rêve: « Mourir pour des idées, d’accord! mais de mort lente ».

La violence n’est jamais la solution, car la violence s’autorégénère.

Les derniers mots du Chant du départ sont :

« Les Français donneront au monde
Et la paix et la liberté.
« .

La Paix et la Liberté par la Fraternité! Non par la violence!

Etienne Lallement – le 12 juillet 2024 – texte et photo du titre

L’actu qui me dérange ! 01

https://fr.wikipedia.org/wiki/Parc_Barton

Je frémis ce matin : nos sénateurs s’affrontent sur « les bloqueurs de puberté« ?  » « Qu’est-ce qu’un « bloqueur de puberté » ? « Les bloqueurs de puberté, à ne pas confondre avec les hormones sexuelles, sont des hormones de synthèse qui permettent de suspendre le développement des caractères sexuels secondaires (poitrine, voix, pilosité) relevant du genre auquel l’enfant ne s’identifie pas. ». (France Inter). Je vais creuser le sujet avant de condamner ou abonder.

Mais à première vue, la nature et la liberté semblent reculer ? Les apprentis sorciers sont au travail!

« Hey ! Teacher leave the kids alone ! ». Un « être » ne doit plus être « Another brick in the wall ». Pink Floyd. https://en.wikipedia.org/wiki/Another_Brick_in_the_Wall

Etienne Lallement 29 mai 2024

Sentier des deux bois…

Le Bois des Dames, la Louvière…

Je désire reprendre l‘exploration de mon périmètre naturel de vie où je l’avais abandonnée avant-hier. Pour cela, je rebrousse la descente pavée des Hayettes. Ce petit chemin sentira bientôt la noisette. Pour l’instant, s’épanouissent sur ses flancs, des fruits d’églantiers que savants appellent les cynorhodons et que, dans ma jeunesse, nous appelions d’un nom désormais interdit sur Google pour atteinte aux bonnes mœurs : les « gratte-c.l! Plus loin, une guêpe? Pas du tout, un syrphe ceinturé, notre alliée contre les pucerons. Des framboises débordent devant moi: elles attendent les gourmands dans quelques jours, au terme de leur brunissement.

Je continue l’exploration de mon environnement…il suffit de ne pas passer le pont pour rejoindre la forêt du bois des Dames. Virage à gauche!

Ma pérégrination se faufile entre la rivière La Lawe et une rangée de pavillons où hurlent des bergers-allemands, où s’égosille un roquet pomponné, où se surexcitent des bâtards hargneux: la promesse de sécurité est à ce prix. Je presse le pas…

Malgré les vociférations canines, la nature rehausse de sa beauté les bas-côtés oubliés par l’homme et ses machines. Une linaire-commune agite ses calices. Une abeille, cette fois, s’équilibre et butine au sommet d’une porcelle-enracinée.

Puis, la délivrance à l’orée de la forêt précédée d’un tapis pastel : impressionnisme végétal d’un paysagiste, paysan inspiré. Tel un pinceau abandonné au bord de la palette après l’ouvrage, un pois-de-senteur est bien isolé sur le bord du chemin.

Puis la forêt s’ouvre et je suis rapidement happé, englouti dans un monde de bouleaux, de hêtres, de châtaigniers, de chênes même… Une cathédrale de silence. Silence mystère, silence mystique, silence sacré. Les papillons de chœurs vêtus d’ailes blanches immaculées, virevoltent jusqu’à m’effleurer et tirent mon regard vers la canopée. D’entre ses entrelacs de verdure, la voute gothique libère à foison des colonnes de lumière céleste qui dessine sous mes pieds des labyrinthes ondoyants.

Une alternative: Le sentier du Bois des Dames ou le sentier de la Louvière. Pour aujourd’hui, ce sera La Louvière.

Quelques infos glanés sur les panneaux plantés à l’entrée du site du côté de Lapugnoy: « Le bois repose sur une bute sableuse datant du Tertiaire (- 65 millions d’années à – 1,8 millions d’années), témoin du va et vient de la mer pendant des millions d’années. Ce substrat est peu répandu en région. Exploité au cours du XXème siècle probablement pour la verrerie, sont usage a cessé dans les années 1960, laissant place à des pelouses acidiphiles (qui se développent sur sols acides, riches en silice), habitat très rare et menacé en région. Plus de 500 mares font l’originalité du site. Leur origine est peut-être due aux bombardements lors de la Seconde Guerre Mondiale. C’est un lieu de vie précieux, mais qui se fait de plus en plus rare. Avec une superficie de 22,42 hectares, le bois de La Louvière est la seules partie communale du massif forestier du Bois des Dames (630 hectares) poumon vert du triangle constitué des villes de Béthune, Bruay-la-Buissière et Marles les Mines. Le bois de La Louvière présente de grandes similitudes avec celui de Roquelaure, situé non loin. Le site possède une physionomie tout à fait originale de par l’alternance de milieux secs et humides et la présence de plus de 500 mares, de petits suintements et d’une ancienne sablière. La richesse des habitats s’accompagne d’une diversité d’espèces remarquables. Plus de 180 espèces de végétaux et la faune n’est pas en reste: 46 espèces d’oiseaux, 8 espèces d’amphibiens, 23 espèces de papillons, 7 espèces de libellules recensées à ce jours. Parmi les amphibiens, la salamandre tachetée. cet amphibien nocturne dort la journée sous un tas de feuilles ou dans le creux d’une souche. La salamandre va très rarement dans l’eau mais vit près des cours d’eau ou des mares peu profondes où elle va pondre.

J’aime savoir où je mets les pieds, où je pose les yeux, où j’inspire: ces panneaux sont indispensables pour s’imprégner différemment de ce petit paradis sylvestre. La réceptivité, la sensibilité de mes sens furent bien différentes sur le retour.

Le bois de La Louvière, le bois des Dames cours y vite! cours y vite! L’automne devrait de ces futaies et taillis faire jaillir des explosions de couleurs chaudes et nuancées. Ephémères! Cours y vite, elles vont filer!

Etienne Lallement le 11 septembre 2023

pour en savoir plus :

https://www.lavoixdunord.fr/644848/article/2019-10-06/bruay-la-buissiere-le-bois-des-dames-vestige-du-moyen-age

Paul Fort: https://www.poemes.co/le-bonheur-paul-fort.html

Ah! ça ira! ça ira! ça ira! ça ira!!! en 2023!

Haillicourt – 2022

2023

Et si nous faisions la révolution ?

« Encore une révolte ? »

Non une révolution !

Une vraie Révolution !

Nous partirions à l’assaut de la Bastille !

De notre bastille 

Où croupissent,

A pont-levis relevé,

A huis-clos,

Quelques faux-monnayeurs,

Un monstre pervers,

Un régicide entravé, abandonné, oublié…

Un fou…sans raison

Une bastille où

Court un rat,

S’égare et tisse une araignée,

Une bastille où

La pierre suinte irradiée de salpêtre,

Où le courant d’air

Se gonfle et se divise en mortel messager par le feu ou la glace

Une bastille où rouille le fer,

Où claque la porte,

Où crisse le gond,

Où geint la serrure,

Où grince le pêne,

Où s’alourdit la peine,

Sans gêne !

Une bastille à démanteler pierre à pierre…

« Passer de l’empire à la république ? »

Non ! passer de l’empire à la fraternité…

« Mais la fraternité est corrompue !!!??? »

Elle balbutie…reste à construire et à réaliser…

Pour la fraternité, mille fois et plus «*sur le métier remettons notre ouvrage,

Polissons le sans cesse et le repolissons » !

Mais pour le moins, pour l’an qui vient,

Passons de l’an pire à l’an mieux !

Heureuse Année !

A ceux qui m’aiment,

A ceux qui me détestent,

A ceux qui m’ignorent…

Heureuse Année à TOUS car nous avons tous à gagner du bonheur de tous !

Etienne Lallement

Décembre 2022

D’après *L’Art Poétique de Nicolas Boileau — « Hâtez-vous lentement ; et, sans perdre courage, / Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage. »

La Bastille