Quel Héraclès pourrait détourner quelle Alphée pour nettoyer l’Assemblée d’Augias?
Etienne Lallement – 12 décembre 2024 –

Etienne Lallement – le 26 novembre 2024

Les esprits machiavéliques ont de l’imagination. Certains d’entre eux ont imaginé – et réalisé – faire parler les morts grâce à l’intelligence artificielle!
Il suffit de quelques enregistrements vocaux de la personne considérée. La fée électronique passe à la moulinette – de sa baguette électro-magique – la tessiture, les accents, les inflexions et autres caractéristiques de la voix. De même, à partir des souvenirs de l’entourage, des écrits, des profils psychologiques et médicaux, mais aussi à partir de documents privés ou officiels, il est aisé de dégrossir et même affiner un « profil » du défunt presque aussi vrai que nature qui pourra « répondre avec discernement« (?) aux questions posées ou participer à des échanges. Nous n’en sommes plus à la simple imitation de la voix, mais de la reconstitution de personnalité.
Ainsi nous pouvons dialoguer avec nos morts, les locataires d’outre-tombe.
Dans des mains mal intentionnées – nous savons quelles sont légions – ces discours faussement certifiés « ante-mortem » pourrons semer parmi les vivants, désordres, querelles, désespoir et illusions. Que dire de ceux qui s’habitueront à survivre – par ce subterfuge – avec « le cher disparu ».
Et que dire des émotions! Les émotions contrôlées sont de terribles armes dans les mains des aigrefins et des tyrans!
Au minimum, semer le doute, la suspicion gangrène l’esprit des vivants.
Ce procédé est déjà en application en Chine et ne coûte que 2 000 euros; moins cher que le moindre monument funéraire. « Mais cette technologie va plus loin que de simples conversations. Désormais, les défunts peuvent même « participer » à leurs propres funérailles, en dirigeant la cérémonie funéraire et en parlant directement aux participants.« . (voir lien sous la signature).
A quand la modélisation du défunt en robot? Peut-être existe-t-elle déjà?
Existe-t-il une éthique pour le temps présent? Je me pose souvent la question. J’ai eu l’occasion d’échanger avec le professeur Pierre Joliot en 2001, alors qu’il quittait la présidence du Comité d’éthique du CNRS. Nous avions terminé notre échange en donnant une définition du mot « éthique »:
« L’ensemble des lois naturelles qui permettraient aux humains réconciliés avec la nature de vivre en bonne harmonie. ».
Utopie ? ou vision à très, très, très… long terme!
Existera-t-il une éthique pour le temps futur?
Ces apprentis sorciers sont devenus fous! Ou alors c’est moi…
Ha! J’oubliais : et « le mort » dans tout ça?
Etienne Lallement – le 15 septembre 2024
Pour en savoir plus :
https://www.obseques-infos.com/actualites/lintelligence-artificielle-revolutionne-le-deuil-e
* »de cujus successione agitur« : Personne dont la succession est ouverte
la compréhension de ce texte nécessite la lecture des 4 articles précédents : « n’importe quoi! » aurait dit mamie

A mon grand étonnement, quinze jours avant sa transmutation, Béa me réclame donc un prêtre. Nous n’avions jamais envisagé ce besoin, ou plutôt, « je » ne l’avais jamais envisagé. De plus, elle n’émet pas non plus à ce moment le désir de la célébration d’un office religieux.
Mais, bien avant que la maladie ne frappe à sa porte, nous avions échangé maintes fois sur les besoins de rituels – nonobstant les religions – qui devaient ponctuer les moments forts de nos vies, rassembler les êtres et sacraliser l’espace et le temps.
Et si… je n’avais pas été chez mon frère le 12 août…?
Et si…mon frère n’avait pas été abonné à la Voix du Nord et l’édition du jour placée sur la table…?
Et si…il n’y avait pas eu de procession le 15 août…?
Et si… il n’y avait pas eu de prêtre africain en résidence temporaire dans la région de Lens appelé pour la bénédiction de la chapelle…?
Et si…je n’avais pas été me faire rembourser un câble à 8h30, à l’ouverture de l’hypermarché…?
Et si… une cliente n’avait pas retardé de deux minutes mon remboursement, je n’aurais pas croisé Jean-Paul Pourchez, l’homme que je recherchais depuis la lecture de l’article de presse…?
La vie des êtres humains et toute la création sont sujets aux « SI ». Que serait notre vie, que serait « la Vie » si un évènement, un seul, n’avait pas eu lieu?
Ne sommes-nous pas, déjà, le seul rescapé de 3 à 4 millions de spermatozoïdes!
Je ne fais aucune spéculation sur ce qui « fabrique » notre vie. Laissons aux savants, aux religions ou assimilés le tissage du romans de nos destinées. S’y accroche qui veut selon ses besoins. Selon ses angoisses!
Je suis un témoin, un spectateur sans imagination…ou presque. Les émotions, la sensibilité, l’intuition donnent naissance à mes délires, à mes errances intellectuelles. Je veux bien partager mes élucubrations mais jamais les imposer à quiconque comme des « vérités ».
N’attendez pas de moi d’être constant dans mes idées… Attendez de moi d’être constant dans le brassage de mes idées. Constant dans leurs remises en causes, certes, mais non pas dans une systématisation volontaire de la contrariété des pensées intellectuelles ou spirituelles, mais dans l’acceptation des captations – volontaires ou non – de ma réceptivité, en écartant, le plus possible, mes propres censures et a priori.
Les éléments allument des questions: l’imagination échafaude des explications qui ne sont que les fabrications de l’intellect… ou d’autres facteurs connus ou inconnus!
Je répète à l’envie que le hasard n’existe pas. En effet, un évènement, aussi futile soit-il, nécessite – au minimum – une cause majeure. Cette ultime cause est conditionnée par des dizaines, des milliers d’évènements qui l’ont précédée! Nous sommes chacun d’entre nous des « facteurs » conditionnés de causes multiples.
Mais la convergence de plusieurs faits propices à la réalisation d’un fait, d’un vœux m’interpelle.
Je ne crois pas à la prédestination « programmée » sur un grand ordinateur par un grand ordonnateur.
Face aux grands mystères, je reste à l’affut « en constante disponibilité d’esprit et en permanence en réceptivité spirituelle.« .
Je ne saurai, comme mamie Lulu, opposer l’obstacle d’un « N’importe quoi! » à ce que je ne comprends pas, à ce qui me dérange.
Je suis en permanence à l’écoute de « N’importe quoi » comme combustible, comme comburant de mon athanor, mais les uns et les autres se doivent de disparaitre par les flammes pour que, peut-être, se révèlent… je ne sais encore quoi.
Etienne Lallement – le 6 septembre 2024

Du centre de soins palliatifs de l’hôpital Oscar Lambret de Lille, Béa a été dirigée vers celui de Bruay-La-Buissière: Amélie Loutre. Nous partagions en ces moments un sentiment bizarre fait de résignation et de confiance. De silence.
Le dimanche 7 août, Béa m’a demandé d’une voix qui me surprit par sa fermeté, si j’avais pensé « à une entreprise de pompes-funèbres« . A ma réponse affirmative, elle me demanda de m’enquérir de devis. Quand je revins le lendemain, avec les devis, elle ne voulut pas considérer celui concernant la crémation: « je ne veux pas être brûlée! ». Pourtant, le peu d’échanges que nous avons partagés sur le sujet depuis bien longtemps, signifiaient qu’elle ne voulait pas infliger à nos enfants « un attachement » à une sépulture. Elle refusa de lire les détail du second et ne s’enquit que du montant du devis.
Par les intonations de ses formulations, je comprenais qu’elle reprenait en main son destin qui s’effilochait irrémédiablement.
Je cherchais donc un prêtre. Malheureusement, celui de Bruay était en vacances dans son pays natal, la Pologne.
Dès lors, vont se succéder des évènements qui continuent de m’interpeler. Ils auraient, sans doute, fait dire à la maman de Béa : « N’importe quoi! » de sa voix rocailleuse de fille de la Sarthe. Lucienne, mamie Lulu brûlait de la foi chrétienne du charbonnier, et n’était catholique que quand « le curé » lui plaisait: c’est à dire rarement.
Le vendredi 12 août, j’étais toujours à la recherche d’un prêtre. Je passe chez mon frère Bernard et ma belle-sœur Pascale qui est la sœur de Béatrice. Il faut dire que nous sommes 3 frères mariés avec 3 sœurs. Sur la table de la cuisine, un exemplaire du quotidien La Voix du Nord…peut-être y aurais-je trouvé les coordonnées d’un homme d’Eglise?
Mieux! Un article annonce pour la journée du 15 août, une procession dans le quartier de La Volville et la bénédiction par un prêtre d’une chapelle fraichement restaurée par une équipe de bénévoles animée par Jean-Paul Pourchez! J’avais de très bons contacts avec ce dernier quand je travaillais à Bruay, mais je ne l’avais pas revu depuis au moins 10 ans! Pas de coordonnées! Il était absent de l’annuaire! Dans mon entourage, personne ne savait où il habitait!
Le 14 août à 8h30 du matin, je me rend dans l’hypermarché de Cora-Labuissière pour me faire rembourser un câble audio. Pourquoi en cette période de trouble intense allais-je me faire rembourser un câble de moins de 5 euros? J’arrivais à la caisse des remboursements, mais une dame devant moi était « en confidence » avec l’hôtesse. Elle venait de toute évidence épancher son vague à l’âme conséquence d’une nuit sans sommeil. Après 2 ou 3 minutes, il lui fût signifier avec beaucoup de courtoisie qu’il fallait qu’elle revienne plus tard, « des gens attendaient« . Mon remboursement fût rapide et quand je pivotais pour quitter les lieux, sortant de la caisse adjacente, je vis l’homme que je cherchais. Après de rapides échanges de banalités, je lui fit part de ma recherche. Il m’invita à la cérémonie mariale. Il me présenterait à l’abbé Victor, prêtre africain, en séjour dans la région lensoise.

lundi 15 août 2022 – chapelle Gilliot
Etant absent depuis environ 10 ans de la région, je retrouvais parmi les participants à cette cérémonie de nombreuses personnes qui me reconnaissaient et m’interpellaient. J’écartais rapidement les uns et les autres: mon objectif était d’amener l’officiant auprès de Béa. Enfin, j’arrivai près de l’homme d’Eglise et l’emmenais au centre de soins palliatifs… Je laissais Béatrice et le prêtre en tête à tête…
Les quelques journées qui suivirent virent l’état de Béa se dégrader.
Dans la nuit du 20 au 21, Béa m’interpella une première fois: « tourne-moi sur le côté…j’ai mal… ». J’obtempérai avec difficultés. Emotion et maladresse à manipuler ce corps décharné en souffrance. Le corps de Béatrice?
Quelques minutes plus tard, Béa m’interpella une seconde fois: « tourne-moi! j’ai trop mal!« . Les tubes s’entremêlaient. Mon émotion était indicible. Impuissant, j’appuyais sur le bouton d’appel. Deux dames arrivèrent rapidement et s’ingénièrent à trouver une position la moins inconfortable possible. L’une d’entre-elle se tournant vers moi: » Demain matin, nous allons voir avec le médecin pour augmenter les doses…« . Je n’entendis pas les propos qui suivaient.
Je savais désormais que l’échéance dont nous repoussions l’idée depuis 21 mois était imminente.
Le lendemain, la médecin me signifia « qu’on allait augmenter massivement… »
Mes oreilles se fermèrent aux phrases qui suivirent. Béa « devait s’endormir »…Elle résista aux sédatifs et autres « potions » jusque 16h20.
Mais à la dernière minutes que voulait-elle donc chasser?
à suivre…
post scriptum :
Il y a peu de temps, suite aux articles précédents, une amie m’a glissé dans ma boite aux lettres, un n° hors série de Sciences et Vie de septembre 2009. Apparemment, il n’est plus disponible. Dommage…

En zappant, le « hasard qui n’existe pas » m’a permis d’écouter ce dialogue: un très beau témoignage…

Je veux décrire! Je veux écrire un témoignage sans en tirer de conclusions, m’embarquer dans de quelconques spéculations qui ne seraient qu’idées dérisoires de mon esprit et intellect gavés…inachevés.
Béa vivait, depuis longtemps déjà, dans l’angoisse de la mort. Surtout la nuit, quand son corps et son esprit n’étaient plus distraits par l’hyperactivité que chacun lui reconnaissait.
Direction les « Urgences » du centre hospitalier. Le « CHUM » pour les Martiniquais.
Chimiothérapie : « Nous allons tenter deux protocoles. ». Quand j’interrogeai une des professionnelles sur l’évolution de la maladie, elle refusa naturellement de me répondre. J’hasardai « un an ? ». Les yeux de mon interlocutrice se levèrent vers le ciel : je compris qu’elle me signifiait mon optimisme. J’hasardais » 6 mois ? » L’inclinaison de la tête qui fuyait mon regard, sembla indiquer que j’étais plus près de la vérité.
Béatrice repoussa les limites à 21 mois.
L’évolution de la tumeur ne permettait pas d’opération mais des soins quotidiens étaient indispensables. Bientôt, suite à la deuxième occlusion, le système digestif a été condamné, nécessitant une alimentation par le jéjunum, directement dans l’intestin. Fi de l’estomac devenu inopérant.
A cette époque des mouvements sociaux, souvent violents, secouaient La Martinique : nous étions en plein dans l’épisode « Covid« : épidémie, pandémie.. Les soins hospitaliers et à domicile ainsi que l’accompagnement des malades était très perturbés. Chacun vivait dans le confinement. Nous vivions reclus à notre domicile. Les contacts avec les autres humains étaient proscrits, limités au strict minimum. Béa avait auparavant une activité associative et sportive intenses. L’isolement était très lourd à supporter moralement.
Pourtant, nous recevions, chaque jour, un rayon de soleil: Christelle, l’infirmière. L’endroit où pénétrait la sonde gastrique dans le ventre exigeait des soins attentifs et méticuleux. Les soins d’une professionnelle. Mais Christelle n’était pas que cela. Elle était – est toujours – auteure, compositrice, interprète et animatrice radio. Elle est Manm’zel Krys! Nous étions en terrain de connaissance. Il n’était pas rare que, tout en s’activant sur Béa, elle nous proposait une mélodie qui avait germée dans sa tête « sur la route » et nous échangions tous les trois sur « ses vibrations ».
Nous décidions, donc, de partir vers la France métropolitaine. Béa fût accueillie au centre hospitalier Oscar Lambret à Lille réputé pour ses actions contre le cancer et l’accompagnement des malades. Les diagnostiques martiniquais et lillois étaient identiques, les prescriptions les mêmes…Mais l’espoir renait quand le médecin qui nous prit en charge, incita Béa à partir en vacances en Corse en juin 2022. Nous convenions quelques heures après la consultation, aussi alléchante que fût la proposition, que la forme physique de Béa ne permettait pas de réaliser « ce rêve » offert par nos enfants. Depuis le début de la maladie, Béa a fortement maigri. Elle pesait alors 40 kilos. Elle descendra à 35… A partir de ce moment, il fut demandé à Béa de ne plus se peser.
Combat ou résignation ? Je ne saurais dire, mais jamais en 21 mois elle n’exprima d’angoisse à l’exception de sa gestuelle face à ce ne je sais quoi dans les ultimes secondes.
Voyait-elle ? Savait-elle !
à suivre…
Etienne Lallement – de septembre 2022 à août 2024
Post scriptum – « écrire » : une catharsis ? Une libération ? Peut-être. Une joie, sans aucun doute, mais une joie au forceps pour mieux se connaître soi-même. *Je vais continuer de narrer cette expérience forte de vie. À bientôt!
photo en titre : reflet de Béa dans un miroir lors de la visite du fort d’Amber en 2014

suite de « N’importe quoi! » aurait dit mamie…01
Dès mes vingt ans, je me goinfrais des œuvres de Freud – nous sommes né le même jour – et de ses disciples… La suite de ma vie me fit prendre mes distances de ce qui devenait, peu à peu pour moi, une école dogmatique pour le peu « psychorigide« . J’avais déjà, auparavant, repoussé aux confins de ma conscience, la religion de mon enfance. En 2013, j’arrivai en Inde, à Chennai – naguère Madras – capitale du Tamil Nadu. Je suivais Béa dans sa migration professionnelle. Je me coulais dans la « culture indienne » : arts, philosophies, religions… Les « néo-hindouistes » – quel vilain vocable – m’attirèrent de prime abord – Râmakrishna, Vivekânanda, Ramana Maharshi, Mâ Ananda Moyî, et bien d’autres… Bien sûr, par une voie plus pragmatique, Béa et moi allions aussi à la rencontre des Indiens dans leur quotidien. Ils étaient essentiellement les membres, hommes et femmes, de l’entreprise Maersk-Line. Béatrice avait pour mission de les former aux mystères du commerce français.
En mars 2001, j’avais absorbé, mais mal digéré, la « Psychologie de l’inconscient« . Je retrouvais Carl Gustav Jung en ces premiers jours indiens par le biais de « Psychologie du Yoga de la Kundalini« . J’en restai là avec le maître allemand, ayant fort à faire avec les « maîtres autochtones ». Indigènes.
La rencontre d’un Brahmane me permis d’approfondir mon immersion en culture inconnue. Il ne devint pas mon « guru », mais me permis de fréquenter l’ashram « Ramakrishna Math« , fondé sous l’impulsion de Swami Vivekananda il ya plus de 100 ans à Chennai .
Les leçons de l’Inde me confirmèrent ce qui m’avait fortement marqué par ailleurs, que l’essentiel était « d’être en constante disponibilité d’esprit et en permanente réceptivité spirituelle ».
Il m’a fallu au fur et à mesure de l’ingestion de ses riches miscellanées, les infuser, les distiller, les digérer plus ou moins facilement, les confronter à ma propre culture, les oublier pour mieux m’enrichir : la substantifique moelle se révèle quand les textes ont disparu, dissous par les sucs de la macération intellectuelle et spirituelle. La méditation.
Après deux ans au Tamil-Nadu, les tribulations de Béa, nous firent accoster en Martinique. Notre boulimie de « contacts humains » et de « communions », ne faiblissait pas.
à suivre…
Post scriptum – « écrire »: une catharsis? une libération? peut-être. Une joie, sans aucun doute, mais une joie au forceps pour mieux se connaître soi-même. *je vais continuer de narrer cette expérience forte de vie. à bientôt!
Les références des œuvres citées sont à la fin de l’article « N’importe quoi! » aurait dit mamie 01

L’écriture peut-elle être l’outil d’une catharsis? d’une libération? peut-être.
Une joie, sans aucun doute, mais une joie au forceps pour mieux se connaître soi-même.
Depuis de nombreuses années, je me suis gavé de livres de philosophie ou religieux. Essentiellement.
La philosophie sème le doute. Il nous faut l’accepter. Il nous nous faut continuer à chercher, à écarter, à gratter. A plonger et replonger. A rebrousser chemin et repartir encore et encore. La montagne des doutes accouche des pépites de vérités…éphémères. L’être humain est un aventurier à la recherche de ce qu’il cherche par une quête sans fin.
Malheureusement, nous préférons jouer avec le carton, l’emballage et les rubans de notre cadeau qu’est la Vie. Nous préférons les fanfreluches à « l’Essentiel ». Un « tien » vaut mieux que l’inconnu! l’incertitude! l’angoisse!
Les vôtres et le mien diffèrent dans notre conscient. Le mien divague d’interminables errances.
L’essentiel n’est sans doute que « UN » pour tous.
Mais est-il si éloigné de nous?

Bruay-la-Buissière. Unité de soins palliatifs Amélie Loutre. Dimanche, 21 août 2022. 16 heures 20. Alexandra, notre fille, tente de maîtriser le bras gauche de sa maman qui tente de repousser frénétiquement, des deux bras, des deux mains, je ne sais quelle vision, quel fantôme. « Vade retro! » crie le corps tout entier. Quelle aspiration? Béatrice se redresse brutalement. Les yeux s’écarquillent. Un cri étranglé. Elle tente désespérément d’aspirer une ultime bouffée d’air. Une dernière bouffée de vie. Elle s’affaisse sur le lit. Un râle. Sa poitrine se contracte. Elle exhale tout son souffle, sa vie.
L’infirmière, appelée à la rescousse : « Laissons la! Elle part!« .
Béatrice, désormais sait…peut-être.
Béa n’a plus peur…sans doute.
Personne n’échappe à la mort d’un proche. C’est comme un écran de pub qui coupe un long-métrage. Avant nous n’y pensons pas ou si peu. L’irruption dans notre vie creuse un traumatisme…La reprise du « divertissement » -le « film » de notre vie – comble plus ou moins rapidement « cette interruption momentanée du programme« . La « fatalité » nous condamne à la résignation. La vie continue. Advienne que pourra!
Mais, personne n’échappe à sa propre mort.
à suivre*…
Post scriptum – « écrire »: une catharsis? une libération? peut-être. Une joie, sans aucun doute, mais une joie au forceps pour mieux se connaître soi-même. *je vais continuer de narrer cette expérience forte de vie. à bientôt!
Etienne Lallement –
texte et images – en écriture de ce texte depuis septembre 2022
Quelques médias qui ont enrichi par lecture ou audition ces quelques lignes…en plus de la lecture des « penseurs », « témoins » ou « sages hindous » cités dans le texte.
—Rudolf Otto : Le Sacré – Petite Bibliothèque Payot – Spiritualités
—C.G. Jung : La psychologie du transfert – Espaces Libres – Albin Michel
—C.G. Jung : « Métamorphose de l’âme et ses symboles » – Livre de poche – collection Références-
—C.G. Jung : « Psychologie du Yoga de la Kundalinî – Albin Michel – collection Spiritualités vivantes
—C.G. Jung : « La structure de l’âme » – L’esprit du temps – collection Textes essentiels
—Frédéric Lenoir : « Jung, un voyage vers soi » – Albin Michel –
—Frédéric Lenoir: « L’Odyssée du sacré » – Albin Michel
— Didier van Cauwelaert: « L’insolence des miracles » – Plon

Ambitionner de vivre mieux, nous le devons,
Mais les plaintes et le colères ne sont pas de mise,
Nos vies se construisent et reconstruisent,
Mais nous heurtons nos fronts aux murs des haines et des lamentations
Les haines, les lamentations détruisent nos énergies,
Les haines et les lamentations sont les paravents de nos inactions
Nos révoltes sont les écrans de nos propres défaites.
De nos propres désertions!
Etienne Lallement – 8 juillet 2024 – texte et photo

« Un Français doit vivre pour Elle! Pour Elle un Français doit mourir!«
France-Musique me réveille ce vendredi matin par ce chant guerrier!
Oui, certes, vivre ou mourir pour Elle! La France!
Mais que ce que la France? Une France géographique? Un France historique? Une France politique? Une France ethnique?
Envahie par les Huns et par les autres. Beaucoup d’autres!
Elle est un « fondu de peuples migrants ». Un compost.
Alors, qu’est ce que la FRANCE?
Qui peut s’écrier, « la France c’est Moi!!! » ?
la France, c’est moi! La France, c’est toi! La France, c’est lui, c’est nous, c’est vous! La France, ce sont eux! la France est plurielle et riche de ses pluriels.
Une certaine idée de la France? De nombreuses idées de la France s’opposent!
Mais être Français, n’est-il pas de tendre vers l’universel?
Faisons un rêve: « Mourir pour des idées, d’accord! mais de mort lente ».
La violence n’est jamais la solution, car la violence s’autorégénère.
Les derniers mots du Chant du départ sont :
« Les Français donneront au monde
Et la paix et la liberté.« .
La Paix et la Liberté par la Fraternité! Non par la violence!
Etienne Lallement – le 12 juillet 2024 – texte et photo du titre