Religions…

Les admirateurs de Gandhi se font photographier près de son buste dans l'entrée de la maison.

Les admirateurs de Gandhi se font photographier près de son buste dans l’entrée de la maison.

Je citais dans un article précédent les paroles de Vivekananda sur l’acceptation de toutes les religions. Le Mahatma Gandhi va lui même encore plus loin dans ses propos tenus face à ses confrères des « International Fellowships of Reconciliation » en 1928.

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« Après une longue étude et une longue expérience, je suis venu à la conclusion qu 

1°) toutes les religions sont vraies

2°) toutes les religions ont en elles quelque erreur

3°) […] Ma vénération pour d’autres fois est la même que pour ma propre foi. […] L’objet des Fellowships doit être d’aider un Hindou à devenir un meilleur Hindou, un Musulman de devenir un meilleur Musulman, un Chrétien de devenir un meilleur Chrétien. ».

Non seulement, les « grandes » religions. Interrogé sur l’animisme, il répondit:« […] je ne puis sentir qu’il me soit inférieur ». […]Une fourmi peut-elle désirer que sa propre connaissance et expérience soient accordées à l’éléphant? et vice et versa?… Priez plutôt que Dieu donne à votre ami la plus pleine lumière et connaissance, non pas nécessairement celles qu’Il vous a données.

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Propos rapportés par Romain Rolland dans : « La vie de Vivekananda et l’évangile universel » – Stock –

Ci dessous : Maison où résida le Mahatma Gandhi de 1917 à 1934 à Bombay (actuelle Mumbai)

Société Théosophique: L’ombre d’une belle idée

La théosophie mérite mieux que le linceul de la poussière du temps.

La théosophie mérite mieux que le linceul de la poussière du temps.

1971. J’ai 20 ans. Je reviens d’une colonie de vacances. Sur le trajet, une perforation de l’estomac me vide de la moitié de mon sang et me cloue dans l’inactivité pendant un an. Dans ce laps de temps, j’accumule les lectures. Entre autres, je m’abonne, en pré-édition, à une collection de livres reliés: « Histoire des idées, des héros, des sociétés de la France secrète et de l’Occident.

Deux ouvrages vont, particulièrement, retenir mon attention: « La Franc-maçonnerie » et « La Théosophie ». J’ouvrirai le premier 14 ans plus tard. Le second, je le relis 42 ans après.

En effet, à l’occasion de la mission professionnelle de Béatrice en Inde, scrutant la carte de la région de Chennai, les noms de Madras et surtout Adyar me sautent aux yeux et réveillent en moi le souvenir d’une ancienne lecture.

L’auteur, Jacques Lantier, dans son préambule, m’interpelle par ses mots: « Qu’est-ce que la théosophie? La théosophie groupe l’ensemble des théories qui prétendent mener les hommes à la sagesse, en recherchant Dieu dans la vie intérieure, et la vérité éternelle dans l’enseignement commun à toutes les religions. ».

L’histoire se déploie ensuite sur près de trois cents pages. Malheureusement cette belle aventure s’étiole, rapidement après la mort de ses deux fondateurs, par des affrontements d’idées, d’ego, et toutes ces petits misères humaines qui ont miné les plus grandes civilisations.

Alors, de temps en temps, j’accompagne quelques amis pour flâner, rêver, méditer dans le grand jardin de la société théosophique. La faune et la flore y sont exceptionnelles. Les constructions résistent mal pour la plupart aux assauts du temps. Quand une porte d’ouvre, elle s’écarte sur les vestiges d’un autre siècle essayant, sans doute, de retenir quelques fantômes.

A Adyar, la société théosophique est une belle décrépite attendant le baiser d’un prince.

Qui réveillera ce jardin d’Eden en somnolence?

http://www.theosophie-adyar.com/

http://www.editionsadyar.com/

Éthiques et toc!

Kanchipuram - Ekambareshvara Temple

Kanchipuram – Ekambareshvara Temple 

Ethique.

Intervenant devant des étudiants, la question a été posée par l’un d’entre-eux: « Qu’est-ce qui vous a frappé le plus depuis votre arrivée en Inde? ». Ce à quoi, j’ai répondu qu’ayant lu les enseignements de Ramakrishna, Vivekananda, Ramana Maharshi et d’autres, je m’étonnais que les Hindous ne tiraient pas une éthique, un art de vivre, une science du bonheur des paroles et des exemples de vie de leurs maîtres à penser. Depuis mon arrivée, force m’était de constater que nous étions à cent lieux de ces beaux principes, ne serait-ce qu’aux chapitres de l’égalité de hommes, de l’égalité des hommes et des femmes, des rapports de l’homme, avec la nature… Par ailleurs, contredisant la voie du renoncement, le consumérisme semble devenir la nouvelle religion de l’Inde.

Un seul m’a répondu : « Pourquoi l’Occident ne suit-il pas les enseignements de Jésus? »

et toc!

Chennai - église Saint Andrew

Chennai – église Saint Andrew

Heureuse Année 2014!!!

... tu connaitras l'univers et les dieux!

… tu connaîtras l’univers et les dieux!

Il y a bien longtemps, les grecs gravaient au fronton du temple de Delphes :

« Connais-toi, toi-même et tu connaîtras l’univers et les dieux ».

Les penseurs hindous des XIX et XXème siècles ne disaient pas autre chose.

Dans son enseignement du Jnâna-Yoga, Ramakrishna (1836-1886) commence par cette phrase : « Connaissez-vous vous-même et alors vous connaîtrez Dieu. ».

Ramana Maharshi (1879-1950), à toute personne qui l’interrogeait autant sur les mystères de l’univers que sur des questions les plus personnelles, enseignait que le chemin le plus facile pour obtenir la réponse à toutes nos questions et obtenir la délivrance, consiste à se demander, « Qui suis-je ? ».

Alors, pour cette année 2014, souhaitons nous de rechercher sans crainte, « qui nous sommes » et porter aux autres la considération et  le respect que mérite chaque être humain, sans jugement et sans haine malgré les différences qui nous séparent par la naissance, l’ éducation, la culture et la personnalité.

Au contraire, puisons dans cette différence, la chance de notre évolution. L’autre est le reflet de nos bonheurs et de nos angoisses inavouées.

Pour 2014, trouvons « nous » dans l’autre, trouvons dans l’autre, l’essence de notre bonheur, de notre équilibre et, résultante de cette quête, trouvons la santé de l’esprit, du coeur et du corps.

Nous vous embrassons bien affectueusement

Etienne & Béa

Mariage Indien, Mariage Hindou

Ce que nous appelons « Amour » entre peu dans la formation des couples Hindous. La caste, la religion, l’astrologie, le choix des parents sont déterminant dans les épousailles indiennes. De nombreux époux se sont connus le jour des noces. Se retrouver dans la couche de quelqu’un que l’on vient juste de vous présenter doit être assez traumatisant. Peu à peu, au contact des occidentaux et sous l’influence des médias, télévision et cinéma, les mentalités changent, mais surtout en milieu urbain.

Ce n’est pas le cas de Rakesh et Sangeetha qui travaillent dans la même société, Maersk-Line. De ce fait, nous avons ouvert une parenthèse dans nos vacances au Kerala pour participer à la cérémonie.

« La cérémonie du mariage se fait différemment par les Hindous vivant dans des régions différentes et parlant des langues différentes. Mais, si le rite le plus important qui fait parti de tout mariage hindou effectué dans n’importe quelle région est appelé Saptapadi, c’est-à-dire faire sept pas ensemble, avec Agni (le feu) comme témoin. La dite cérémonie contient des mantras qui signifient que les mariés prennent les sept pas ensemble pour la coopération mutuelle et sont ainsi déclarés « amis« . » (L’Hindouisme pour tous – Dr Ramachandrasekhar et T.S;Srinivasan – édition GIRI).

La ville des Paons

Au VII et VIIIème siècles, Chennai pas plus que Madras n’existaient. Mylapore qui désormais est un des quartiers les plus animés de la capitale du Tamil-Nadu, était une bourgade et un port maritime important de la dynastie des Pallava. Ceux-ci développèrent également le port de Mahabalipuram un peu plus au sud.

Mylapore est le nom moderne de Mayilapura qui signifie « la ville des paons ». Ce nom évoque la légende selon laquelle Parvati, l’épouse du dieu Shiva, se serait transformée en paonne pour l’adorer. Le temple actuel a été construit au XVIème siècle, après la destruction par les Portugais du lieu de culte originel.

Mahatma Gandhi

Statue sur Marina Beach à Chennai

Statue sur Marina Beach à Chennai

Aujourd’hui 2 octobre, c’est l’anniversaire de la naissance de Gandhi.

Mohandas Karamchand Gandhi est né le 2 octobre 1869

« Young world », supplément pour les enfants du quotidien « The Hindu » met en exergue, ce matin, cette phrase du Mahatma :

« Vis comme si tu devais mourir demain, étudie comme si tu devais vivre éternellement. »

Il est mort assassiné le 30 janvier 1948 à l’âge de 78 ans à New-Delhi

http://en.wikipedia.org/wiki/Mohandas_Karamchand_Gandhi

L’Inde malade de son sexisme envers les filles

Etienne s’interroge:

J’ai beau lire et relire les « grands textes » des cultures, des philosophies et des religions Indiennes, mais je n’y trouve que des leçons dont la sagesse et la simplicité auraient dû éclairer depuis longtemps notre Occident si imbu de ses « richesses » et si prompt à vouloir les imposer par tous les moyens… Et pourtant dans les écrits indiens, je cherche la « Femme » ou plus simplement la femme, celle du quotidien, notre alter-ego, le complément indissociable de l’homme. Le Ying-yang ne serait-il, ici, qu’une vue de l’esprit, l’élucubration d’un sage-alibi, un symbole en en trompe-l’œil?
Les mots de Christine Ayagam sont révélateur de la réalité au quotidien de la vie des femmes indiennes. Comment autant de sagesse millénaire peut-elle coexister avec tant de barbarie? Comment un pays qui porte des femmes aux plus hautes fonctions politiques, peut-il encore accepter cet état de fait?
La culture chrétienne a fait reposer sur les épaules des femmes, le « péché originel » et, sous ce prétexte, la déconsidérer et la complexer pendant des siècles. Eve a-t-elle son pendant dans la culture indienne? Quelle faute expient-elles au quotidien?

ACTU INDE

La société indienne réserve un sort particulièrement peu enviable aux femmes. Beaucoup moins nombreuses que les hommes, elles sont discriminées à la maison comme au travail. Et les avortements comme les infanticides deviennent un problème d’ampleur nationale.

Ambika descend de son 4×4 dernier cri, elle remonte ses lunettes de soleil et attrape son petit garçon joufflu de 4 ans, assis derrière avec sa grand-mère. Elle l’embrasse tendrement et l’assoit sur ses genoux pour déguster un fresh lime soda (boisson citronnée) à la terrasse du Taj Hotel à New Delhi. Avoir une fille? «Jamais!», certifie-t-elle tout en caressant les cheveux de son bébé. Pourquoi? «Mais ce serait la plonger dans un enfer dans lequel elle aurait du mal à survivre!», s’exclame-t-elle.

La famille d’Ambika habite Greater Kailash, le quartier des nouveaux riches indiens dans le sud de Delhi. Ici se côtoient médecins, avocats, enseignants d’universités, ingénieurs, tous issus des familles les…

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L’Inde: le choc des civilisations

Comment l'Inde se sortira de ce combat de Titans?

Comment l’Inde se sortira de ce combat de Titans?

Ce ne sont pas quelques mois en Inde qui me permettent une analyse de la situation du pays. Aurais-je encore dix années de présence que je ne serais jamais qu’un observateur l’œil rivé du mauvais côté de la lorgnette. Néanmoins, je me risque d’apporter quelques réflexions à partir de cette photo qui me semble riche en symboles.

La photo : Nous sommes sur OMR, une double voie rapide de vingt-trois kilomètres coupant le sud de la région de Chennai en deux. Cette voies est destinée à la circulation des véhicules à moteur et est limitée – théoriquement – à 40 km/h. Des passerelles, réparties inégalement, permettent aux piétons de franchir la chaussée.

Regardez cette femme en habit traditionnels au centre de la photo. Elle traverse en remontant face au flot des véhicules. Arrivée sur le muret central qui sépare les deux voies, elle se retournera pour affronter la marée mécanique qui coule en contresens. Pour moi, cette femme symbolise l’Inde traditionnel confronté au XXIème siècle. Ce pays qui revendique 9000 ans d’existence  est confronté  à une lutte titanesque.  Regardant vers l’Occident avec envie, il met toute son énergie à copier le modèle qui lui semble porteur d’avenir. Mais à quel prix? Doit-il renoncer à sa Culture, à ses presque cent siècles de vie? Cette tradition, je la compare à cette vielle femme affrontant, à contresens, la circulation au péril de sa vie dans l’indifférence générale. Le jour de la prise de vue, elle a atteint son but. Mais en sera-t-il de même demain et après-demain? L’Inde doit-elle enterrer ce qui la bâtit, doit-elle renier ses fondations? Désormais, les hommes s’habillent à la mode européenne ou américaine. Personnellement, j’étonne les indigènes avec mes chemises indiennes. Désormais, les temples qui dominaient, il y a peu, leurs quartiers, sont écrasés par les tours de plus en plus nombreuses et imposantes des entreprises ou des logements collectifs. Le pays qui sera bientôt le plus peuplé au monde reniera-t-il ses dieux? Les pratiques religieuses y sont encore très vivantes, mais pour combien de temps? La loi de l’économie et des marchés va-t-elle balayer les lois divines dans ce pays champion de la tolérance des croyances et des idées?

Regardez cette moto sur la gauche: Sur la route, celui qui a la chance d’avoir une automobile est roi. Mais combien plus nombreux roulent en deux roues. La famille au complet se transporte en deux roues. Sur des engins en plus ou moins bonne santé mécanique, il n’est pas rare de voir des groupes de quatre personnes. Pour suivre le mouvement du progrès à tout prix, la prise de risques est maximale. On demande aux usagers de porter la casque. Les campagnes portent leurs fruits: on voit de plus en plus des conducteurs casqués, mais la femme assise derrière est uniquement protégé d’une tresse de fleurs dans les cheveux. Pour les enfants… rien.

Regardez ces jeunes sur la droite: Un jeune motocycliste est tombé en panne; Certains se sont arrêtés pour lui porter secours. Mais, ils ne se mettent pas à l’abri d’autre côté du muret: d’autres véhicules en tout genre y circulent et ils n’y seraient sans doute pas plus en sécurité. Conséquence des temps modernes, il faut toujours aller plus vite, au péril même de sa vie et de celle de sa famille et des autres. Il est vrai que l’Indien ne porte pas sur la vie, le même regard qu’un occidental.

L’Inde saura-t-elle conjuguer les richesses du passé et celles du présent pour composer un avenir qui modèlera l’Avenir de la Planète toute entière?

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