Dès mes vingt ans, je me goinfrais des œuvres de Freud – nous sommes né le même jour – et de ses disciples… La suite de ma vie me fit prendre mes distances de ce qui devenait, peu à peu pour moi, une école dogmatique pour le peu « psychorigide« . J’avais déjà, auparavant, repoussé aux confins de ma conscience, la religion de mon enfance. En 2013, j’arrivai en Inde, à Chennai – naguère Madras – capitale du Tamil Nadu. Je suivais Béa dans sa migration professionnelle. Je me coulais dans la « culture indienne » : arts, philosophies, religions… Les « néo-hindouistes » – quel vilain vocable – m’attirèrent de prime abord – Râmakrishna, Vivekânanda, Ramana Maharshi, Mâ Ananda Moyî, et bien d’autres… Bien sûr, par une voie plus pragmatique, Béa et moi allions aussi à la rencontre des Indiens dans leur quotidien. Ils étaient essentiellement les membres, hommes et femmes, de l’entreprise Maersk-Line. Béatrice avait pour mission de les former aux mystères du commerce français.
En mars 2001, j’avais absorbé, mais mal digéré, la « Psychologie de l’inconscient« . Je retrouvais Carl Gustav Jung en ces premiers jours indiens par le biais de « Psychologie du Yoga de la Kundalini« . J’en restai là avec le maître allemand, ayant fort à faire avec les « maîtres autochtones ». Indigènes.
La rencontre d’un Brahmane me permis d’approfondir mon immersion en culture inconnue. Il ne devint pas mon « guru », mais me permis de fréquenter l’ashram « Ramakrishna Math« , fondé sous l’impulsion de Swami Vivekananda il ya plus de 100 ans à Chennai .
Les leçons de l’Inde me confirmèrent ce qui m’avait fortement marqué par ailleurs, que l’essentiel était « d’être en constante disponibilité d’esprit et en permanente réceptivité spirituelle ».
Il m’a fallu au fur et à mesure de l’ingestion de ses riches miscellanées, les infuser, les distiller, les digérer plus ou moins facilement, les confronter à ma propre culture, les oublier pour mieux m’enrichir : la substantifique moelle se révèle quand les textes ont disparu, dissous par les sucs de la macération intellectuelle et spirituelle. La méditation.
Après deux ans au Tamil-Nadu, les tribulations de Béa, nous firent accoster en Martinique. Notre boulimie de « contacts humains » et de « communions », ne faiblissait pas.
à suivre…
Post scriptum – « écrire »: une catharsis? une libération? peut-être. Une joie, sans aucun doute, mais une joie au forceps pour mieux se connaître soi-même. *je vais continuer de narrer cette expérience forte de vie. à bientôt!
Les références des œuvres citées sont à la fin de l’article « N’importe quoi! » aurait dit mamie 01
L’écriture peut-elle être l’outil d’une catharsis? d’une libération? peut-être.
Une joie, sans aucun doute, mais une joie au forceps pour mieux se connaître soi-même.
Depuis de nombreuses années, je me suis gavé de livres de philosophie ou religieux. Essentiellement.
La philosophie sème le doute. Il nous faut l’accepter. Il nous nous faut continuer à chercher, à écarter, à gratter. A plonger et replonger. A rebrousser chemin et repartir encore et encore. La montagne des doutes accouche des pépites de vérités…éphémères. L’être humain est un aventurier à la recherche de ce qu’il cherche par une quête sans fin.
« Laquête sans fin d’un but indéfini » est, sans doute, la mission du vivant.
Malheureusement, nous préférons jouer avec le carton, l’emballage et les rubans de notre cadeau qu’est la Vie. Nous préférons les fanfreluches à « l’Essentiel ». Un « tien » vaut mieux que l’inconnu! l’incertitude! l’angoisse!
Mais qu’est-ce que l’Essentiel.
Les vôtres et le mien diffèrent dans notre conscient. Le mien divague d’interminables errances.
L’essentiel n’est sans doute que « UN » pour tous.
Mais est-il si éloigné de nous?
Expérience par l’épreuve du vécu.
Bruay-la-Buissière. Unité de soins palliatifs Amélie Loutre. Dimanche, 21 août 2022. 16 heures 20. Alexandra, notre fille, tente de maîtriser le bras gauche de sa maman qui tente de repousser frénétiquement, des deux bras, des deux mains, je ne sais quelle vision, quel fantôme. « Vade retro! » crie le corps tout entier. Quelle aspiration? Béatrice se redresse brutalement. Les yeux s’écarquillent. Un cri étranglé. Elle tente désespérément d’aspirer une ultime bouffée d’air. Une dernière bouffée de vie. Elle s’affaisse sur le lit. Un râle. Sa poitrine se contracte. Elle exhale tout son souffle, sa vie.
Transmutation!
L’infirmière, appelée à la rescousse : « Laissons la! Elle part!« .
Béatrice, désormais sait…peut-être.
Béa n’a plus peur…sans doute.
Personne n’échappe à la mort d’un proche. C’est comme un écran de pub qui coupe un long-métrage. Avant nous n’y pensons pas ou si peu. L’irruption dans notre vie creuse un traumatisme…La reprise du « divertissement » -le « film » de notre vie – comble plus ou moins rapidement « cette interruption momentanée du programme« . La « fatalité » nous condamne à la résignation. La vie continue. Advienne que pourra!
Mais, personne n’échappe à sa propre mort.
à suivre*…
Post scriptum – « écrire »: une catharsis? une libération? peut-être. Une joie, sans aucun doute, mais une joie au forceps pour mieux se connaître soi-même. *je vais continuer de narrer cette expérience forte de vie. à bientôt!
Etienne Lallement –
texte et images – en écriture de ce texte depuis septembre 2022
Quelques médias qui ont enrichi par lecture ou audition ces quelques lignes…en plus de la lecture des « penseurs », « témoins » ou « sages hindous » cités dans le texte.
Je frémis ce matin : nos sénateurs s’affrontent sur « les bloqueurs de puberté« ? » « Qu’est-ce qu’un « bloqueur de puberté » ? « Les bloqueurs de puberté, à ne pas confondre avec les hormones sexuelles, sont des hormones de synthèse qui permettent de suspendre le développement des caractères sexuels secondaires (poitrine, voix, pilosité) relevant du genre auquel l’enfant ne s’identifie pas. ». (France Inter). Je vais creuser le sujet avant de condamner ou abonder.
Mais à première vue, la nature et la liberté semblent reculer ? Les apprentis sorciers sont au travail!
A notre descente de l’avion, le temps d’arrimer nos valises sur le toit de notre taxi neuf-places baptisé pompeusement « Grand-Starex » et nous voilà partis vers notre hôtel.
Une heure de trajet hors du temps. Très vite, la misère borde les rues. Des enfants tout sourire empoignent notre véhicule par toute aspérité. Leurs doigts de préférence agrippent le caoutchouc des fenêtres. Ils courent au rythme de notre engin englué dans les embouteillages. Leurs sourires éclatant nous insultent. L’un d’entre eux lâche prise et aussitôt un autre prend la relève bravant le danger. A l’autre flanc de notre véhicule, des mères, souvent jeunes, adolescentes, leurs bébés dans les bras tendent leurs mains suppliantes. La lassitude et la désespérance ont terni, déjà, les éclats de jeunesse qui paraient, jadis, leurs visages d’icônes. Les vierges sont devenues martyres le temps d’un coït. Notre véhicule s’éloigne. Les sourires juvéniles et maternelles s’estompent. Ils retournent à leur quotidienne grisaille attendant des hôtes plus généreux. Deux ans de vie en Indes m’ont appris que notre « générosité » doit être ciblée et discrète au risque de provoquer des querelles, des rixes, voire des émeutes autour de soi.
J’ai revêtu mon costume, ceint mes décors de « dignitaire » franc-maçon : je ne me sentais pas « à l’aise ». Malaise… Mes « ors » tremblaient, fébriles, face aux oripeaux, guirlandes indécentes, oriflammes de misère qui agitaient la rue. La pompe maçonnique peut-elle creuser un nid dans l’abject ?
La pauvreté est l’émulsifiant de la dictature. Un peuple maintenu dans la misère mange dans la main du dictateur et y abandonne sa liberté. La becqué et le verre d’eau confortent l’être dans sa condition d’esclave. Ce sont les bourgeois qui font la révolution.
A l’allumage du triangle « Lapa Masoandra » – Palais du Soleil -, le temple était décoré de 27 représentations : Dignitaires, Vénérables et Maîtres rivalisaient de « pompes ».
Après réflexions…
Le peuple malgache, comme tout autre et plus que tout autre, a besoin de la Franc-maçonnerie. Apprendre à lire et écrire, éduquer l’esprit critique… aux plus humbles. Un être qui porte un tablier d’apprenti, de compagnons, une écharpe de maître est un être sur la voie de la libération. La révolution n’est pas de notre fait, nous « l’étranger » : seul, nous incombe la « transmission ». De longs et pénibles efforts sont, seront nécessaires. Longtemps ! Avec le temps, tout arrive pour ceux qui veulent s’en donner la peine.
A nous, il appartient de donner des « impulsions », des « outils » : pas plus !
Madagascar aux Malgaches. L’Art Royal pour tous.
Nous rentrons de tenue : notre véhicule contourne un homme couché sur la chaussée. Il est reniflé par des chiens. Il est vivant. Encore. Notre hôtel est à quelques mètres.
Au risque de déplaire,
Texte et photo- Etienne Lallement – le 9 avril 2024
Pour Louise-Marie, pour Pierre-Yves, pour tous ceux qui se battent dans l’ombre et la lumière, pour ceux qui se battent pour eux, ceux qui se battent pour les autres. Ceux qui se battent pour tous…pour ceux qui abandonnent la lutte!
Pour eux tous, nous avons griffé de nos regards la pierre du sacre en quête du beau, du fort, du sage.
Nous avons reçu l’éblouissement de la pierre qui parle sous la caresse de la lumière, celle qui éblouit, celle qui chuchote. Celle qui se tait. Cette pierre qui se révèle à l’être réceptif, à l’humain disponible aux effluves de la transcendance.
De la Banque-de-France peut-il émerger une fable initiatique, une onction philosophique, une immolation libératrice? Purificatrice?
L’œuvre de Yannick Haenel dégangue.
412 pages libératrices de préjugés.
Banquier as-tu du coeur? Mieux! Notre banquier peut être un poète! Pire: un philosophe! Non de ceux qui débitent les citations comme ils respirent, mais de ceux qui vivent de leurs propres pensées. De leurs rêves. De leurs utopies. Charger un « jeune diplômé » des dossiers de surendettement dans le béthunois était une gageure, un défis, une façon de se libérer d’une « patate brûlante » dont personne ne veut.
Mais, ici, une seule étincelle met le feu aux poudres de la conscience prédisposée. Mais, n’est-ce qu’un roman?
Pourquoi planter le décor à Béthune? L’auteur avait été sollicité pour participer à une « mise-en-œuvres » au sein des anciens bureaux de la Banque-de-France devenus lieu de culture: « Lab-Labanque », église désacralisée de l’argent-dieu.
De ce façonnage, de cette arrivée dans la gare dont les abords « avait l’allure d’une ville fantôme », dans « ce pays de pauvres », allait se libérer « un livre ». L’auteur écrit lui-même dès les premières pages: « En toute occasion, j’attends ce trouble qui déclenche les romans. ». « Troubles », il y eu. De cette première impression, venant crever le rempart des préjugés, viennent s’immiscer et prendre une place majeure « les Compagnons d’Emmaüs » et surtout les « Charitables ».
La Charité peut-elle être une vertu cardinale des prêtres de l’argent-divin immolant, juste ce qu’il faut, « le pauvre », surtout surendetté? Le pauvre sans dette est une calamité pour le secteur bancaire. Le pouvoir sur autrui vient de ce qu’il doit.
Ce livre concentre pensées philosophiques, sociales, psychologiques, passionnelles, charnelles, économiques, politiques… avec juste un zest d’érotisme.
Un dosage subtile qui m’a passionné, moi qui ne lit jamais de roman à moins qu’un ami me l’offre!
Merci Marco!
Yannick Harnel : « Le Trésorier-payeur » collection « Infini » chez Gallimard
Postface:
Ce livre m’a donc été offert par mon ami Marco après qu’il eut écouté l’émission de France-Inter et les échanges de l’auteur Yannick Haenel avec l’animatrice Laure Adler. Heureusement, je n’avais pas écouté l’émission avant la lecture. Cela aurait bridé mon intellect et limité mon imagination. Si vous avez décidé de lire le livre, n’écoutez pas. Si vous hésitez de lire, alors écoutez à vos risques et périls.
En mars 2018, je visitai par curiosité suscitée par l’ouï-dire, une boutique qui, elle-même, se surnomme « l’Oasis de la Connaissance » : Ananda. Dès notre arrivée en Martinique, je m’étais passionné pour certains des écrits de Patrick Chamoiseau. Au centre de la boutique trônait une pyramide de livre: « La matière de l’absence« .
A cette époque, le deuil ne faisait pas encore l’essentiel de mon quotidien. Le deuil nous frappe tous un jour ou l’autre. Si l’attaque peut torturer, anéantir… bientôt, le temps tire son voile analgésique. Peu à peu, nous faisant avec. Nous faisons sans. Heureusement.
Une lecture peut nous aider à passer le creux de la vague en suscitant des réflexions…nous préparer à la séparation.
Ici, il s’agit d’un dialogue de l’auteur et de sa sœur lors la disparition de « Man Ninotte ». Leur mère. La mère. « Mère universelle »!
L’auteur nous invite à l’exploration des coutumes et des rites qui accompagne le deuil dans les Antilles. Il nous entraîne sur la trace des relations complexes entre le monde des exploiteurs et et des exploités. La dichotomie entre le « Noir » et le « Blanc ». Il élargit son exploration à l’origine de l’Humanité.
Les seuls évènements humainement universels sont la naissance et la mort.
C’est en considérant ces deux extrêmes que l’Être Humain invente ses croyances et ses cultures.
Echos aux vœux pour 2022 émanant de Jacques, Jean-Marie, Patrick, Françoise, Hélène, Bernard, Eliane, Marie-Hélène, Stephan, Lisette, Mireille, Annie, Guillaume, Jean-Claude, Dominique et tous les autres… Gylna portait l’ultime estocade votive dans les dernières heures de janvier. Je ne retiens les prénoms que des derniers messages arrivés, de ceux qui déployaient quelques lignes. Le plus prolifique des quelques trois-cent-cinquante correspondants, nous gratifiait de deux pages! Vous comprendrez qu’il m’est impossible de répondre à tous individuellement.
En fait, il faut dire que ,de plus en plus, les messages se limitent à des animations sur les réseaux sociaux aussi chatoyantes qu’exubérantes en explosions pétaradantes. Nous avons même reçu le même feux d’artifice vingt sept fois! Record de ce début d’année! Par contre, nous n’avons reçu qu’une seule fois un feu d’artifice sous forme d’éclosions accélérées de fleurs. Merci Annie.
« Artifices » serait-il le mot le plus caractérisant de notre civilisation en 2022?
Par habitude, pudeur, discrétion, par peur même, chacun d’entre vous utilise le support de son choix, Messenger, WhatsApp, mail ou téléphone avec ou sans vidéo délaissant l’espace dévolu sur le blog. Rien de ce genre dans la boite aux lettres désespérément vide au portail de la maison. Mais que deviennent les éditeurs de cartes-postales et nos amis les facteurs en cette période d’intenses échanges? Sont-ce des victimes collatérales de plus d’un progrès galopant?
La verve épistolaire déployée me confirme une fâcheuse tendance à la « déprime« . « Déprime » amorcé depuis quelques années et toujours en accélération. En macération! Force est de constater que notre époque se complait de « copier/coller », noyant trop souvent la pensée individuelle en un marécage glauque générateur de remugles indifférenciés. A respirer ces effluves, la tête me tourne. Le nauséeux étouffe la fragrance. Mais soyons conscient qu’un seul fruit pourri rend insupportable le panier tout entier. Dix fruits sains ne sauveront pas la réputation du même panier.
Le nœud du drame est là. Le bonheur est moins contagieux, moins évident, moins communiquant que le malheur et la haine?
Et pourquoi donc?
Dans la course effrénée de la vie, les « optimistes » sont l’essentiel du « peloton » de nos correspondants. En toute discrétion. En trop de discrétion. Par gêne? Par peur? Mais la question doit se poser: optimisme sincère ou optimisme « forcés »? Émile Coué de la Châtaigneraie a toujours des adeptes!
Si ma propre missive initiale a pu paraître « pessimiste« , mon alerte se limite à l’état d’esprit de mes contemporains et non à la vie. La vie est la vie. La vie est vie. Depuis la nuit des temps, sans faillir!
D’Auvergne, sous la plume d’un Jacques et de sa muse Maryvonne, mes propos sont qualifiés de « jouissifs » et de « parler vrai« . « Jouissifs » flatte mon ego. « Parler vrai » m’interpelle. Un autre Jacques me remercie d' »écriretout haut ce que nous sommes nombreux à penser confusément, sans savoir le formuler, ou plutôt sans vouloir le clamer avec honnêteté aussi clairement. ».
Pour vivre heureux, faut-il vivre caché? L’être heureux n’a-t-il pas le droit de témoigner de son bonheur, de rayonner? La peur de perdre « notre petit bonheur » nous fait-elle nous ceindre de sombres remparts? La crainte de l’autre ou la volonté de l’ignorer ne nous transforment-t-elles pas en tortues promptes à se caparaçonner? Lenteur et prudence du timoré font de lui le gibier de prédilection du prédateur.
Paradoxe supplémentaire, s’il en fallait, le bonheur rend parfois honteux celui qui le possède.
Jean-Marie se sent tel un « être pestiféré dans sa retraite [qui] observe avec une épouvantable lucidité ce qui se passe dans mon cher pays. La rancœur qui suinte de tout côté […] . Un monde complètement dingue, anthologie de la maladie mentale […] Je ne désespère malgré tout pas de l’Homme. ».
Ces derniers propos peuvent résumer l’amplitude de l’ensemble de vos messages. J’y reviendrai en conclusion.
« Souffre que je ne réponde pas pareillement. Je vous embrasse « fraternellement » et ce mot résonne chez moi car il émane d’un lieu où l’écho est infini.« … […] « Que cela ne nous empêche pas d’espérer. »
« Ne réponde pas pareillement« !. Bien heureusement! Il appartient à chacun de s’exprimer selon sa personnalité. Fi de plagier le correspondant ou de copier une forme épistolaire qui nous est étrangère. Dans toute correspondance, soyons « nous-même ». La volubilité n’est pas toujours signe de « qualité » d’écriture ni, surtout même, signe de « sincérité ». Dans les échanges, la sincérité prime surtout. Sur tout! Trois lignes peuvent l’emporter sur trente page. (Laissez ici l’ignoble que je suis battre sa « coulpe »sans rougir). Le mot « fraternité » me réjouit venant « d’un ami fidèle ». L’efficience de ce mot ou plutôt de la réalité qu’il est censée représenter possède la capacité de changer la face du monde. Mais… notre époque le voit s’atrophier comme « peau de chagrin » chez les « Cassandres ». Les beuglements démago-politiques de tout bord semblent vouloir sa perte alors même qu’ils en revendiquent les valeurs! Hypocrisie! « Narcisse et Ego » sont le couple infernal de notre époque hypermédiatisée. Même les hérauts de la « fraternité sacralisée » dont nous sommes sont gangrénés. « Alerte! On ENTRE en profane…«
Plus optimiste, l’une d’entre-vous, perçois « des signes de partage, amour, amitié, lumière, espérance« . Tout n’est donc pas perdu si nous sommes capables de « percevoir » des qualités universelles qui ne pourront vivre, survivre que si nous les portons comme des réalités de vie. De nos vies!
Un couple de nos amis nous souhaite « Une santé en inox!« . Toute expression de la vie, philosophique, mentale, sentimentale, professionnelles ou religieuse ne peut s’épanouir qu’adossée à la « bonne santé »! L’équilibre philosophique, mental, sentimental, professionnel ou religieux doit concourir au « capital santé » et à la vitalité qui permettra de faire face à la maladie. Cette « quête d’équilibre » doit être une priorité de l’éducation.
D’autres envois sont plus concis, mais tout aussi vivifiant: « Santé! Santé! Santé! Que 2022 soit explosif« . Nous prenons cet appel au sens le plus positif. Cette Annie n’a rien d’une terroriste mais prône « l‘explosion de bonheur, de paix et d’amour!«
Un couple de « nordistes », envisage pour nous « des rencontres, des découvertes, amour et bonheur partagé.« . Voilà sans doute des composants essentiels de la « recherche d’équilibre« . Vivre par l’autre au travers de l’autre. L’équilibre personnel ne peut se concevoir que dans la quête d’osmose dans l’environnement humain. Là aussi, il faudra aller à l’encontre des « vociférateurs-semeurs-d’angoisse » qui prêchent l’ostracisme, la xénophobie et le repli identitaire.
Une amie « très chère » du midi scrute dans le retro « les êtres chers, les amis véritables » qui nous laissent désormais continuer la vie sans eux. Du moins physiquement…[« A d’autres dimensions Domi!« ] En effet, « l’année(2021) a creusé des trous irréparables. ». Faisant fi des réseaux sociaux elle prend le temps d’écrire à chacun des « amis triés sur le volet« . Les mots « Je vous aime, vous me manquez! mettent un point d’orgue à notre émotion en ce temps de convenances polies, impersonnelles ou intéressées. Elle suspend son trait par « Vivons le mieux du monde! Paix! Amour!« . Qu’ajouter de plus vibrant?
J’en terminerai avec les citations avec Guillaume qui souhaite de « s’épanouir pleinement, croquer la vie à pleine dents. Il ne tient qu’à nous de faire de 2022 une merveilleuse année. L’important, c’est qu’il y ait le moral!« . Conclut-il.
En conclusion, laissez-moi vous présenter mes « intuitions », tentatives explicatives de cette désespérance insidieuse « qui crève les écrans ». Ecrans qui masquent les chausse-trappes qui piègent
notre chemin…
En 70 ans de ma propre vie, j’ai pu constater une nette progression de la qualité de vie. Dans les années 50/60, période de reconstruction d’après-guerre, des bidons-villes cernaient nos métropoles urbaines. Très peu de familles disposaient de téléphones, de télévision, de toilettes dans les habitations, de salle de bain….Réfrigérateurs, machines à laver le linge, à laver la vaisselle étaient les vedettes du salon des arts ménagers et alimentaient les scoop de l’information mais pénétraient doucement, très doucement les demeures françaises les plus aisées. Les Français consommaient essentiellement « français ». Les informations étaient contrôlées par le pouvoir. Le pouvoir envoyait nos pères, nos frères, en Algérie pour une guerre qui n’en portait pas le nom mais qui endeuilla bon nombre de familles. [près de 25 000 morts, dont 15 500 au combat ou par attentat, 65 000 blessés et 485 disparus]. Combien de combattants rentrèrent traumatisés?
Puis tout s’accéléra dans les années 70. Les progrès de la technologie partirent en flèche, laissant à la traîne l’éducation qui n’avait pas le temps de s’adapter. Les offres de consommation explosèrent en quantité. Les produits disparaissaient noyés sous les rêves entretenus, noyautés par les chaînes de la commercialisation.
La vie devenait l’art d’assouvir ses rêves matériels!A tout prix!
Ce tableau – ci dessous – n’a pas de valeurs absolues. Imaginons que le « temps » s’écoule de la gauche vers la droite sur une période équivalant à la vie moyenne d’un humain (France). La ligne brisée représente l’évolution de la « qualité de vie ressentie » au sens le plus large du terme. La ligne rouge est l’évolution « lissée » de la qualité de vie ressentie sur la totalité de la vie de cet humain.
Ce graphique ne possède pas de valeurs absolues, ni en abscisse, ni en ordonnée.
Flèche « C »: le jeune enfant dans toute son innocence découvre la vie et ne peut la valoriser qu’au contact de ses parents et de ses éducateurs. L' »ambiance » de la prime jeunesse conditionnera à vie.
Dès l’adolescence, l’esprit critique fera surface avec ses angoisses et ses révoltes. Le conditionnement de « l’être » sera encore l’effet de l’environnement humain dont le cercle ne cessera pas de s’étendre. Puis, rapidement, notre culture de communication à outrance amplifiera l’ouverture aux « mondes conditionnés ». De plus en plus conditionnés!
L’âge adulte (pic 1 du graphique). A ce stade, ayant vécu une période de « progrès », le jeune adulte constatera une régression dans sa perception de la vie. Cette perception étant « dans l’air du temps », c’est la majorité d’une génération qui méconnaitra progressivement l’espérance et se réfugiera dans les soins palliatifs de la surconsommation tout azimut. L’inanité sera loi.
L’âge adulte (pics 2, 4, 6 du graphique). Ayant atteint un point critique de la descente aux enfers, cette génération « donnera un coup de pied au fond de la piscine » qui lui permettra de remonter en direction de la surface. (flèches A et B).
Depuis la nuit des temps, « l’esprit religieux », « la foi » tenaient lieu de coup de pied. Il faudra désormais suppléer à sa défection pour trouver une nouvelle énergie. Une nouvelle « spiritualité »? Sous quelle forme?
Toute la vie de « l’individu » et, par delà, de la « collectivité » sera faite de « hauts et de bas ».
Actuellement, nous nous sentons en régression. L’évolution « des valeurs » nous alerte, nous angoisse. Il ne s’agit qu’une courte vue de l’esprit car nous réfléchissons à l’aune de notre seule existence très limitée dans le temps. A notre insu, le progrès de l’Humanité est en marche. Cela se paiera par la chute plus ou moins prononcée de notre civilisation. Les Egyptiens, les Grecs, les Mayas, les Romains…Ces civilisations ont plus ou moins disparues mais nous en sommes les héritiers « culturels ». Héritiers d’une spiritualité désenfumée. Les pyramides, leurs temples, les momies, les œuvres d’art et les écrits même ne sont qu’épiphénomènes. L’héritage est immatériel et intemporel. A nous de l’enrichir pour que, peu à peu, très lentement mais sûrement, en transmettant notre expérience, l’Humanité érige une « Ethique », un « art de vivre ensemble », une « science du bonheur ».
A l’échelle de la Vie, nous ne pouvons qu’avoir confiance.
A notre petite échelle temporelle, le désespoir ne peut-être que de mise, à moins que …
Que les êtres heureux se lèvent et proclament leur bonheur à la face du monde!
Et nous verrons bien qui sont les plus nombreux!
Béatrice & Etienne Lallement – janvier/février 2022 – Saint-Joseph – Heureux en l’Ile de La Martinique