Les p’tites boutiques

Les commerces s'étagent sur 2 ou 3 niveaux

Les commerces s’étagent sur 2 ou 3 niveaux

Créez une voie, une rue, une avenue, une impasse même en Tamil Nadu, et avant qu’un quelconque revêtement vienne viabiliser le passage, les Indiens auront élevé, de part et d’autre,  une muraille de commerces, de petits, très petits commerces. OMR et ses rémiges en est un exemple parmi beaucoup d’autres. Ce phénomène n’est-il lié qu’aux initiatives des Vaishya? Sans doute pas. Le régime des castes qui résistait depuis des millénaires, se fendille fortement déjà depuis un certain temps face aux contraintes économiques.

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Je ne saurais dénombrer le nombre de boutiques proposant des produits de PVC ou du matériel électrique, marchands de poulets ou de parapharmacie, magasins de prêt-à-porter ou salon de coiffure-massage… et les capharnaüms aux enseignes « fancy » où l’on ne répond jamais « non » à une demande. Tout ce qu’on peut imaginer pour faciliter le « petit quotidien » se trouve ici entassé du sol au plafond. Si par malheur, l’objet de votre convoitise n’est pas là, pas de problème. La réponse du commerçant est invariable: « tomorrow! ». Demain, vous l’aurez à coup sûr. Quant aux prix, ils sont adaptés à un pouvoir d’achat des plus bas.

toujours prêts à aider

toujours prêts à aider

Avec mon ami Marc, nous avons retrouvé avec un immense plaisir, le contact, tout en sympathie, avec le « petit commerçant ». Couper un tuyau de PVC en morceaux de 25 cm, couper des barres d’aluminium à des tailles diverses… Ces services ne sont même pas facturés et le billet glissé à l’employé « découpeur » nous est refusé.

La course effrénée de l’Inde vers l’Occidentalisation ne va-t-elle pas réduire à néant, cette force vive, ce pilier de l’économie indienne? L’Inde pourra-t-elle résister aux attraits du commerce sans conscience et y perdre son âme?

« Les Echos »: Un incendie ravage un entrepôt Renault-Nissan en Inde

Renault enregistre la plus forte progression des ventes de véhicules en Indes: il faut dire qu'elle partait de très bas.

Renault enregistre la plus forte progression des ventes de véhicules en Indes: il faut dire qu’elle partait de très bas.

9/05 | 20:37

Un entrepôt fournissant des pièces détachées à l’usine indienne de Renault-Nissan a été pratiquement rasé par un incendie jeudi, a déclaré une porte-parole de Nissan. (Il s’agit de Faurecia)

L’entrepôt, géré par la société japonaise Yusen Logistics , abritait des pièces détachées et des accessoires destinés au site d’une capacité annuelle de 400.000 voitures, situé non loin de Chennai, sur la côte sud-est de l’Inde….

plus sur  http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/auto-transport/actu/reuters-00520303-un-incendie-ravage-un-entrepot-renault-nissan-en-inde-565208.php

Brève 003 – Gros tirage

La presse écrite indienne est en constante progression de lectorat.

La presse écrite indienne est en constante progression de lectorat.

Notre quotidien « Le Hindu » a diffusé ses résultats de lectorat pour 2012 validés par l’IRS

Pour l’Inde entière, il tire chaque jour à                         2 164 000 exemplaires, dont pour l’Inde du sud, 1 821 000 et pour la seule région de Chennai 513 000 exemplaires. Ces chiffres sont en constante progression. Il faut dire que chaque numéro est facturé 5 roupies au lecteur, soit environ  0,07 euro.

Il ne faut pas moins de 17 imprimeries réparties sur le territoire pour en assurer l’impression.

http://www.thehindu.com/

Pourquoi nous sommes à Chennai?

La société Maerk-line, le premier transporteur mondial par conteneurs, a décidé de réunir sa logistique en un seul pays. Ainsi, plusieurs centaines de collaborateurs des 5 Continents ont été rassemblés en Inde et répartis sur 3 pôles: Mumbay (ex Bombay), Pune et Chennai (ex Madras).

Pour la compagnie, les avantages ne sont pas négligeables. Désormais, tous les services sont sous une même direction, dans un même fuseau horaire. Les responsabilités ne sont plus diluées, mais concentrées en moins de personnels. Ici l’on travaille 45 heures par semaines sans rechigner, mais il faut le dire dans un rythme anglo-saxon, histoire oblige. La masse salariale, à responsabilité égale est divisée par quatre. Internet et les nouveaux vecteurs de communication sont passés par là est désormais une partie très importante du travail peut s’effectuer à (très) longues distances et seuls les commerciaux resteront, à terme, au contact direct avec la clientèle.L’Inde est la puissance émergente qui offre le plus de liberté aux entreprises et celle-ci ne s’en privent pas. Pas plus tard qu’hier, on me donnait le chiffre de 85 entreprises françaises implantées à Chennai. Selon l’économiste John-Kenneth Galbraith, « l’Inde est une anarchie qui fonctionne » (Le Routard).

J’aurai l’occasion de revenir sur les facettes sociales, religieuses et économiques de l’Inde, pays en plein choc interne de civilisations où le Moyen-âge affronte au quotidien un XXIéme siècle qui s’occidentalise un peu plus chaque jour.

La victoire par KO de l’un ou de l’autre condamnerait l’Inde à brève échéance. L’économie tirera l’Inde de la misère. La spiritualité l’épargnera du chaos matérialiste.

à suivre…

Juste quelques formalités…

Le passage obligé pour l’expatrié débarquant à Chennai est le bureau de l’immigration.

Un petit employé grisonnant et grimaçant,  grince des consignes que sans doute lui seul comprend, mais, par paquet d’une dizaine, à chaque grincement,  nous rejoignons un bureau dont l’atmosphère est brassé difficilement par deux ventilateurs sans doute accrochés sous Mountbatten. Premier contrôle. Attention on ne quitte pas sa place sans consigne du petit fonctionnaire revêche. Pas question de passer avant son tour. Si le borborygme est incompréhensible, le langage impérieux du doigt ne laisse aucun doute. Chacun serre nerveusement les quelques dizaines de documents qui forgeront le sésame de la terre promise. Premiers recalés. Il manque un document. Ils sortent la mine sombre. Certains esquissent quelques propos acerbes vite étouffés par la cohue des prochains candidats qui se piétinent à la porte.  Personnellement nous avons confiance. L’entreprise de Béatrice constitue depuis quelques temps, ce type de dossiers par dizaines. Ils sont rodés. En effet, le premier examen est réussi et il nous est remis un jeton rouge marqué d’un « 4 ». C’est le numéro du guichet où notre dossier subira un deuxième contrôle. Il nous faut attendre. Longtemps. Enfin, nous. Il nous faut revenir mardi à quinze heures avec le certificat de l’employeur et « the form C ». Le dossier comporte le contrat de travail, mais ce n’est pas suffisant. La forme C semble inconnue à Gidéon, le responsable des expatriés de l’entreprise Maersk Line. Il faut dire que les formalités d’entrée en Inde se durcissent depuis quelques mois et les exigences, évoluent, les formalités s’inventent. Ce qui était exigé en janvier, ne suffit plus en février.

Mardi suivant à quinze, seize, dix-sept heures… Cette fois, il manque le contrat de location du lieu de résidence qui ne nous sera remis que contre la délivrance du document de l’immigration  qui nous sera délivré quand nous fournirons le contrat de location du lieu de résidence …

Lundi suivant. Après palabres. Retour à l’immigration-office. L’employé qui nous a convoqués pour nous remettre le papier qui nous autorise à séjourner et travailler en Inde pendant un an, est en « holidays », son guichet est fermé. Ses collègues ne s’empressent pas de prendre son travail. Les esprits s’échauffent, le ton monte de chaque côté des guichets. Même les Japonais de Renault-Nissan qui attendent le même document grommellent. Après plus de cinq heures d’attente dans ce bocal de l’administration sur des chaises devenues des plus inconfortables, nous obtenons notre papier qui, dans les mains de Béatrice, semble bien ridicule après tant d’efforts et de patience.

Dans quelques mois, nous recommençons : l’autorisation n’est valable qu’un an.

Heureusement  cela ne concerne par les touristes, pourvoyeurs de devises, qui, comme vous, viendrons nous visiter.

L’Inde à petits bonds (3)

« Early in the morning », nous décollons avec une heure de retard. Il a fallu subir une nouvelle séance de dégivrage. Malgré cela, nous toucherons le sol indien à l’heure précise prévue, soit 1 heure du matin après un vol sans histoire. Il fait 20°C.

Premier contact. Le contrôle des passeports et visas est effectué par une fonctionnaire en sari qui, pour simplifier sa communication verbale et garder un faciès de douanier scrupuleux, nous salue au moyen d’un petit écriteau où l’on peut lire : « Namaskar ». Cette formule de politesse peut se traduire par :  » Je salue en vous une enveloppe du divin ». Elle ne sourit pourtant pas, tamponne et découpe. Vingt mètres plus loin, nous sommes contrôlés pour savoir si nous avons été contrôlé. Le second contrôleur, nous prend une déchirure de papier qui nous a été remise par le premier contrôleur. Un escalator descendant (descendator ?), nous aspire. A moins de dix mètres de sa base, un portique et un tunnel avec tapis roulant pour contrôler les effets personnels. Imaginez un escalier mécanique de 80 centimètres de large qui absorbe en même temps les passagers de trois longs-courriers et les dégueule imperturbablement et d’un flot régulier vers le boyau aux rayons X! On se bouscule, on s’écrase, on crie, on titube, on étouffe. On a des intimités avec des gens à qui l’on a même pas été présenté. « Pardon Madame ». Enfin on arrive face à la gueule du monstre. A ses côtés trône un personnage qui n’aurait pas défiguré un film de Pagnol. L’uniforme accuse déjà quelques heures de travail. L’homme accuse aussi. Il se balance nerveusement sur les deux pieds arrières de sa chaise de fonction, éructant des consignes que personne ne comprend. Heureusement, il est polyglotte des mains. L’expression est dans le geste. Un doigt pointé vers moi dans un geste spiralé combinant les contraires, me fait comprendre que je peux garder le manteau que j’avais déjà retiré. Nous récupérons le gros de nos bagages sur les tapis roulants. Dernier contrôle. Nous sommes repoussés: nous n’avons pas rempli, ni signé, le talon qui prouve que le second contrôleur a bien récupéré le talon prouvant que le premier contrôleur à bien fait son travail! Taxi vers l’hôtel. Nous roulons dans ce qui nous parait-être, dans la lueur des phares, une autoroute. Le lendemain nous prouvera que non. Un Péage néanmoins. Une effluve nauséabonde et moite envahit l’habitacle climatisé à l’excès.

Nous atteignons l’hôtel Fortune. Difficile de dormir. Il est 19h30. Il est 22h00 au Havre.

Vers l’Inde à petits bonds (1)

Si les péripéties que nous allons vivre, ne sont pas celles d’un Marco-Polo, notre trajet n’a pas manqué d’imprévus et nous a permis de cultiver deux qualités indispensables pour qui veut aborder ce continent: la patience et l’humour. Les prémices et le voyage doivent s’accepter et se vivre comme une gestation pour une nouvelle vie, un temps d’incubation introspective.

Je renonce à la dissertation: je ferai court.

Depuis le jour de l’an, nous résidions à l’hôtel « Le Vent d’Ouest » au Havre dans l’attente des visas qui devaient arriver avant le 11 janvier. Le cinq, nous faisons un aller-retour pour partager un très amical repas avec de sympathiques têtes de noeuds  Noeux et d’ailleurs, d’ailleurs. Les visas ne seront apportés que le jeudi 17. Pour ma part, j’avais épuisé la carte du restaurant de l’hôtel.

Donc, jeudi 17 à 11h20, on annonce à Béatrice la délivrance de nos documents par l’ambassade de l’Inde. A 14h00 nos passeports et visas nous arrive de Paris. A 14h15, la navette vient nous cueillir à l’hôtel. Youssef, notre beau-fils ou presque, récupère la voiture et les dernières choses que nous ne pourrons pas emmener avec nous. Nos valises atteignent le poids maximum autorisé et nos bagages à mains pèseront lourdement durant le voyage.

La navette démarre enfin. Mais… Nous devons prendre une passagère à Saint-Romain. Bouchons pour sortir du Havre. L’adresse est imprécise. Le conducteur n’a pas le numéro téléphonique de la cliente qui heureusement est connue dans le village. Elle apprend à notre chauffeur qu’il faut aussi prendre à bord une amie à elle. Cette dernière habite dans un hameau au bout d’un chemin de terre. Elles doivent arriver pour leurs procédures d’embarquement à 18h30. La radio annonce de nombreux bouchons sur Paris. Notre conducteur renonce au périphérique et traverse la Capitale en prenant quelques risques et quelques libertés avec le code de la route. Il est sans doute un ancien chauffeur de taxi parisien. Il nous dépose, à 18h20, à la porte de l’Ibis-Roissy et repart aussitôt avec les deux co-voiturées qui espèrent ne pas rater leur vol vers la Tunisie.

A 19h30, André, le frère de Béatrice, nous cueille et nous emmène chez lui à Liverdy-en-Brie pour un repas en famille et nous ramène au milieu de la nuit. Il aura fait deux cents kilomètres pour nous avoir à sa table et nous faire partager une petite touche de bonheur familial.

Fin de la première journée de la transhumance.