Religions…

Les admirateurs de Gandhi se font photographier près de son buste dans l'entrée de la maison.

Les admirateurs de Gandhi se font photographier près de son buste dans l’entrée de la maison.

Je citais dans un article précédent les paroles de Vivekananda sur l’acceptation de toutes les religions. Le Mahatma Gandhi va lui même encore plus loin dans ses propos tenus face à ses confrères des « International Fellowships of Reconciliation » en 1928.

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« Après une longue étude et une longue expérience, je suis venu à la conclusion qu 

1°) toutes les religions sont vraies

2°) toutes les religions ont en elles quelque erreur

3°) […] Ma vénération pour d’autres fois est la même que pour ma propre foi. […] L’objet des Fellowships doit être d’aider un Hindou à devenir un meilleur Hindou, un Musulman de devenir un meilleur Musulman, un Chrétien de devenir un meilleur Chrétien. ».

Non seulement, les « grandes » religions. Interrogé sur l’animisme, il répondit:« […] je ne puis sentir qu’il me soit inférieur ». […]Une fourmi peut-elle désirer que sa propre connaissance et expérience soient accordées à l’éléphant? et vice et versa?… Priez plutôt que Dieu donne à votre ami la plus pleine lumière et connaissance, non pas nécessairement celles qu’Il vous a données.

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Propos rapportés par Romain Rolland dans : « La vie de Vivekananda et l’évangile universel » – Stock –

Ci dessous : Maison où résida le Mahatma Gandhi de 1917 à 1934 à Bombay (actuelle Mumbai)

Je garderai mon coeur ouvert…

Vivekananda - 1863-1902

Vivekananda – 1863-1902

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je n’aime pas abuser des citations qui toujours sorties de leurs contextes, ne veulent plus dire grand chose sinon pour le « voleur de mots » dans le contexte de sa propre existence.

Mais « l’exception à la règle » me permet de retenir ce passage du Jnana-yoga » de Vivekananda (1863-1902).

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« Notre mot d’ordre sera donc d’admettre et non pas d’exclure. Non pas seulement tolérer, car la soi-disant tolérance est souvent un blasphème et je n’y crois pas. Je crois qu’il faut admettre le point de vue des autres. Pourquoi serais-je tolérant? Tolérer signifierait que je crois que vous êtes dans l’erreur et que je veux bien vous laisser vivre. N’est-ce pas blasphémer que de penser que vous et moi conférons à notre prochain le droit de vivre? J’accepte toutes les religions qui qui ont existé dans le passé et j’adore Dieu avec chacune d’elles, quelle que soit la forme sous laquelle elles L’adorent. 

J’irai à la mosquée du musulman; j’entrerai dans l’église du chrétien et je m’agenouillerai devant le crucifix; j’entrerai dans le temple bouddhique et j’y prendrai refuge dans Bouddha et dans sa loi. J’irai dans la forêt et m’assiérai pour méditer aux côtés de l’hindou, quand il cherche à voir la Lumière qui illumine tous les cœurs.

Non seulement, je ferai tout cela, mais encore je garderai mon coeur ouvert à toutes les religions qui pourront venir plus tard. ».

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 Je ne connais pas de mot qui caractérise cette vision de la vie, ou peut-être ne serait-elle pas la définition ultime du mot « Laïcité« ?

 

Éthiques et toc!

Kanchipuram - Ekambareshvara Temple

Kanchipuram – Ekambareshvara Temple 

Ethique.

Intervenant devant des étudiants, la question a été posée par l’un d’entre-eux: « Qu’est-ce qui vous a frappé le plus depuis votre arrivée en Inde? ». Ce à quoi, j’ai répondu qu’ayant lu les enseignements de Ramakrishna, Vivekananda, Ramana Maharshi et d’autres, je m’étonnais que les Hindous ne tiraient pas une éthique, un art de vivre, une science du bonheur des paroles et des exemples de vie de leurs maîtres à penser. Depuis mon arrivée, force m’était de constater que nous étions à cent lieux de ces beaux principes, ne serait-ce qu’aux chapitres de l’égalité de hommes, de l’égalité des hommes et des femmes, des rapports de l’homme, avec la nature… Par ailleurs, contredisant la voie du renoncement, le consumérisme semble devenir la nouvelle religion de l’Inde.

Un seul m’a répondu : « Pourquoi l’Occident ne suit-il pas les enseignements de Jésus? »

et toc!

Chennai - église Saint Andrew

Chennai – église Saint Andrew

Kolam : le mandala éphémère au féminin pluriel

Dessins d'ombre et de lumière

Dessins d’ombre et de lumière

Qu’y-a-il de plus triste qu’un parking souterrain dans un immeuble collectif?

En cette fête de « Republic Day », loin des parades, défilés et discours officiels, les femmes de nos immeubles ont organisé un concours de Kolam. Chacune de équipes participantes s’est vue attribuer la même surface grisâtre de parking pour réaliser son oeuvre éphémère.

Le Kolam est une forme de peinture qui est tracée à même le sol à l’aide de poudre de riz, de la poudre de craie ou de roche blanche, complétées souvent de poudres de couleurs. C’est une tradition du Tamil Nadu, du Karnataka, de l’Andhra Pradesh, de la plupart des régions du Kerala et certaines parties de Goa et Maharashtra. Cet art populaire est aussi pratiqué en Indonésie, en Malaisie, en Thailande et quelques autres pays.

Un Kolam est un dessin aux traits géométriques composé de boucles tracées autours d’une base de points.

En Inde du Sud, il est largement pratiqué par les femmes. Ces dessins sont pensés apporter la prospérité au foyer. Chaque matin, dans le Tamil Nadu, des millions de Kolam son dessinés au seuil des maison ou des appartements avec de la poudre de riz blanche.

Cette oeuvre n’est pas que décorative. Dans les temps anciens, les Kolams de farine de riz arrêtaient les fourmis au seuil du logement en leur fournissant leur nourriture quotidienne. Ils invitaient, également, les oiseaux et autres petites créatures à manger, accueillant ainsi la faune domestique à partager le quotidien: une façon de célébrer la coexistence harmonieuse de tous les êtres vivants avec l’espèce humaine.

C’est un signe d’invitation à tous d’entrer dans la maison pour y recevoir le meilleur accueil. Est invitée aussi Laksmi, la déesse de la prospérité et de la richesse.

Les modèles varient à la sensibilité de chacune, mais partent tous d’une trame composée de points et se déploient en tracés géométriques fermés de manière à empêcher symboliquement les mauvais esprits de pénétrer à l’intérieur des formes, donc de pénétrer dans l’intérieur du logement.

Heureuse Année 2014!!!

... tu connaitras l'univers et les dieux!

… tu connaîtras l’univers et les dieux!

Il y a bien longtemps, les grecs gravaient au fronton du temple de Delphes :

« Connais-toi, toi-même et tu connaîtras l’univers et les dieux ».

Les penseurs hindous des XIX et XXème siècles ne disaient pas autre chose.

Dans son enseignement du Jnâna-Yoga, Ramakrishna (1836-1886) commence par cette phrase : « Connaissez-vous vous-même et alors vous connaîtrez Dieu. ».

Ramana Maharshi (1879-1950), à toute personne qui l’interrogeait autant sur les mystères de l’univers que sur des questions les plus personnelles, enseignait que le chemin le plus facile pour obtenir la réponse à toutes nos questions et obtenir la délivrance, consiste à se demander, « Qui suis-je ? ».

Alors, pour cette année 2014, souhaitons nous de rechercher sans crainte, « qui nous sommes » et porter aux autres la considération et  le respect que mérite chaque être humain, sans jugement et sans haine malgré les différences qui nous séparent par la naissance, l’ éducation, la culture et la personnalité.

Au contraire, puisons dans cette différence, la chance de notre évolution. L’autre est le reflet de nos bonheurs et de nos angoisses inavouées.

Pour 2014, trouvons « nous » dans l’autre, trouvons dans l’autre, l’essence de notre bonheur, de notre équilibre et, résultante de cette quête, trouvons la santé de l’esprit, du coeur et du corps.

Nous vous embrassons bien affectueusement

Etienne & Béa

Mariage Indien, Mariage Hindou

Ce que nous appelons « Amour » entre peu dans la formation des couples Hindous. La caste, la religion, l’astrologie, le choix des parents sont déterminant dans les épousailles indiennes. De nombreux époux se sont connus le jour des noces. Se retrouver dans la couche de quelqu’un que l’on vient juste de vous présenter doit être assez traumatisant. Peu à peu, au contact des occidentaux et sous l’influence des médias, télévision et cinéma, les mentalités changent, mais surtout en milieu urbain.

Ce n’est pas le cas de Rakesh et Sangeetha qui travaillent dans la même société, Maersk-Line. De ce fait, nous avons ouvert une parenthèse dans nos vacances au Kerala pour participer à la cérémonie.

« La cérémonie du mariage se fait différemment par les Hindous vivant dans des régions différentes et parlant des langues différentes. Mais, si le rite le plus important qui fait parti de tout mariage hindou effectué dans n’importe quelle région est appelé Saptapadi, c’est-à-dire faire sept pas ensemble, avec Agni (le feu) comme témoin. La dite cérémonie contient des mantras qui signifient que les mariés prennent les sept pas ensemble pour la coopération mutuelle et sont ainsi déclarés « amis« . » (L’Hindouisme pour tous – Dr Ramachandrasekhar et T.S;Srinivasan – édition GIRI).

J’ai été prier…

Nous franchissons la porte du temple et pénétrons dans "Hare Krisna Land"

Nous franchissons la porte du temple et pénétrons dans « Hare Krisna Land »

J’ai été prier… ou plutôt, j’ai été partager la ferveur des hindous et des autres, puisque ici aussi, pas de discrimination bien que les chrétiens et plus encore les musulmans sont rares. Ceux qui, chacun de leur côté, s’arrogent la « Vérité » unique, entre difficilement, sinon en touristes, pour s’incliner aux pieds des déclinaisons de Brahman l’Indicible et Inimaginable.

D’abord, dans la cour, nous déposons nos chaussures dans un immense vestiaire en plein-air contre la remise d’un jeton de plastique numéroté. Puis  purification par l’eau. Lavage des pieds, des mains, certain ondoient le visage avant de pénétrer l’espace sacré. Un long serpent de pèlerin ondule déjà depuis plusieurs heures, sans heurt et sans bousculade. Chacun écarquille les yeux et découvre les statues polychromes du panthéon hindou: les déités, les avatars, les saints réduits à la grandeur humaine pour la compréhension pour tous des mystères védiques. Formidable livre d’images qui raconte l’histoire « multimillénaire » d’une sagesse qui accepte parmi ses héros divins, Jésus et Mahomet et bien d’autres encore. « Il n’est qu’un Dieu » et les voies et moyens pour l’atteindre sont  multiples et restent encore à découvrir. Nul ne détient la Vérité parfaite, personne n’est dans l’erreur absolue.

120 roupies (1,41 euro) pour les 920 pages du pivot littéraire de la pensée indienne

120 roupies (1,41 euro) pour les 920 pages du pivot littéraire de la pensée indienne

Un prêtre nous propose le Bagavad-gitâ, pilier des croyances indiennes. Il nous en coûte 120 roupies (1 euro et quarante cents) pour un livre soigneusement relié de près de 1 000 pages. Mais l’Hindouisme ne pratique aucun prosélytisme. Achète qui veut. Notre achat, nous vaut de recevoir de l’officiant, un collier de fleurs et une rose.

Derrière nous, dans un lieu balisé, un « devotee » s’effondre de tout son long dans un namaskar vibrant où les huit contacts corporels touchent ensemble le sol consacré en signe d’humilité sous le regard bon-enfant d’un Ganesh méditatif et d’un Hanuman figé dans sa gesticulation sacrée. La foule déploie sa procession tout autour du temple, se disperse et reste quelques instants, méditative, profitant quelques instants de cet havre de paix et de sérénité.

Ayant retrouvé leurs chaussure où ils les avaient laissées, enfin pour ceux qui en possèdent, les fidèles rentre chez eux pleins d’une foi ravivée.