Eau pourquoi? Eau pour qui?

Avril 2013 – à quelques 300 ou 400 mètres de notre immeuble, la population fait la queue pour se procurer de l’eau amenée par camion et versée dans un conteneur de quartier. A ce moment, la température « à l’ombre » dépasse allègrement les 40°C. L’eau est dans une cuve métallique en plein-soleil! Il ne faut pas perdre de temps et tirer au plus vite l’élément vital.

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Au sommet de la colline où fut assassiné l’apôtre saint Thomas, le plus important lieu de pèlerinage chrétien en Inde, les passants se précipitent pour s’abreuver de l’eau qui s’échappe d’une fuite d’un camion citerne. Ici, nulle ombre. La température dépasse les 50°C.

Eau...si peu

Boire sa honte jusqu’à la lie!

Chaque jour, quelques femmes qui connaissent, au quotidien, ces problèmes vitaux viennent arroser nos pelouses pour qu’elles soient toujours bien vertes et quelques hommes s’affairent à entretenir la qualité de l’eau de nos piscines!

France – Inde… naguère

P1150717Devoir de mémoire : phase 1

Je suis né, j’ai vécu longtemps et travaillé dans le nord de la France près de Béthune et d’Arras dans le département du Pas-de-Calais. Il existe, au coeur de cette région, un monument à la gloire de l’Armée des Indes qui voit chaque année se dérouler une cérémonie du souvenir. Chaque année, cette cérémonie se fait plus discrète. Plus humble. Chaque année, les blessures de la guerre 1914-1918 se diluent dans le temps, s’effacent des mémoires. Dans cette région qui fut dévastée par plusieurs années de folie guerrière, le gouvernement britannique conserve et entretient religieusement et à grands frais, les témoignages de pierre d’un autre âge, l’âge de mes grands-parents, l’âge des ancêtres de mes petits-enfants : ces derniers n’en connaitront ni l’histoire, ni même les noms.

Ce monument, dressé dans la campagne de la Flandre française, est situé à Richebourg, au lieu-dit la Bombe. Il a une superficie de 3280 m2 . Il est dédié à la mémoire des tués et disparus des unités Indiennes.

Le mémorial a été inauguré le 7 octobre 1927. L’architecte est Sir Herbert Baker (un des créateurs du Delhi moderne).

P1150719Quelques lignes estraites des journaux de l’époque de son inauguration :

Compte rendu du Réveil du Nord dans son édition du samedi 8 octobre 1927 :

 « Pour rendre hommage et perpétuer le souvenir de l’héroïsme des troupes des armées de l’Inde qui combattirent sur notre sol durant la guerre, le gouvernement impérial anglais a fait ériger, sur un coin du territoire de Richebourg-l’Avoué, à quelques centaines de mètres de la commune de Neuve-Chapelle, un gigantesque monument, des plus importants que nos alliés aient érigé sur notre sol. Ce monument d’une architecture toute spéciale a l’aspect d’un forum flanqué de deux pavillons surmontés d’arcades et d’une colonne de dix sept mètres portant l’étoile des Indes. Chaque côté, deux énormes tigres, symboles religieux hindous. »

Quelques personnalités présentes : Lord Birkenhead, secrétaire d’État des provinces indiennes ; lord Witterton, sous-secrétaire ; lord Crewe, ambassadeur d’Angleterre à Paris ; le maharadjah de Kapurthala ; le romancier Rudyard Kipling, Lady Smith, le général Fabiau Worck et de nombreux officiers généraux et subalternes de l’armée anglaise.

« Ces personnalités, suivies de leur suite (sic), se rendirent de bonne heure à Neuve-Chapelle pour recevoir et saluer le détachement d’officiers hindous, représentant tous les régiments de leur pays, venus en uniforme, rendre hommage à la mémoire de leur compatriote et frères d’armes. » .

Auparavant avait eu lieu une cérémonie intime des personnalités et du détachement de soldats indiens à l’intérieur du monument.

P1150718Les discours : « C’est le général sir Claude Jacob qui ouvre la série des discours ; il s’exprime en anglais. Après avoir salué à nouveau les personnalités présentes, il fait l’historique des combats auxquels participèrent les soldats des colonies indiennes qui venus des régions les plus lointaines ont vaillamment fait leur devoir et versé leur sang pour la cause du droit et de la liberté. Le maharadjah de Karpurthola, vêtu d’un original costume indien et coiffé d’un turban, lui succède. Il s’exprime également en anglais. Il dit que les indiens sont fiers d’avoir contribué à repousser le tyrannique envahisseur et d’avoir aidé à la victoire du droit. ».

Le maréchal Foch parle à son tour des troupes indiennes qui, comprenant plus d’un million d’hommes, combattirent sur le front français et aux Dardanelles.

« C’est à Neuve-Chapelle que les troupes indiennes participèrent à la première offensive. Au bout de quelques jours de combats, elles refoulèrent les troupes de l’envahisseur, supérieures en nombres et en matériel, firent de nombreux prisonniers et reprenaient le territoire de Neuve-Chapelle. Leur exemple de courage exalta le moral. Il était juste qu’un mémorial soit élevé en l’honneur de ceux qui contribuèrent si vaillamment à obtenir la victoire. Venus des régions chaudes sur la terre froide du Nord, les soldats indiens ont permis de libérer nos régions envahies. Nous garderons le souvenir de leur exemple. »

 

Le Télégramme du Pas-de-Calais et de la Somme, donne également un compte rendu de l’inauguration dans son édition du 8 octobre 1927 :

« L’inauguration du mémorial de Neuve-Chapelle.

L’aide de l’Empire des Indes. Le lieutenant général Anderson, ancien commandant de l’armée des Indes, monte le premier à la tribune. Il rappelle qu’il y a treize ans, le vœu émis par le roi d’Angleterre, que les Indes participent à la défense de l’Empire, avait reçu de ce joyau de la couronne beaucoup plus qu’on pouvait espérer. 35.000 hommes de troupes d’infanterie, cavalerie et sapeurs, venaient renforcer le corps expéditionnaire anglais. Le général fait ressortir combien ces hommes de toutes races, de toutes langues, et de toutes religions, firent du bon travail pendant quinze mois, de Givenchy-lès-la-Bassée à Festubert, et dit que les glorieux morts , rappellent à ceux qui survivent, leur devoir de loyauté.

Le maharadjah de Kapurthala, après avoir remercié l’Imperial War Graves Commission de la création du monument, dit que son pays n’a pas de raison plus grande d’être fier que celle d’avoir servi la grande cause. Il cite quelques détails inédits de l’organisation de l’armée des Indes, loue le sacrifice de ceux qui sont morts, et il termine ainsi : « Vaillante fut leur vie, que douce leur soit la paix par-delà les tombes ».

Lord Birkenhead. Il fait l’éloge de ceux qui ont tout donné pour la gloire de leur pays, n’ayant rien de plus à offrir que leur vie. « Ceux que nous célébrons, dit-il, ont souffert noblement de trois manières. Des milliers de milles les séparaient de leur propre pays, ils combattaient au milieu de peuples qu’ils ne comprenaient pas toujours et pour une civilisation qui n’était pas la leur. Ils combattaient dans un climat auquel ils n’étaient pas habitués, climat qui leur devenait un ennemi de plus et non le moindre. Ceux qui sont morts combattaient dans une querelle dont les raisons échappaient à leur compréhension.Combien de très humbles soldats pensaient au village lointain, tranquille, sans menace, riant au soleil brûlant et se demandant pour quelle insaisissable raison, une divinité inconnue les avait jetés dans cette fournaise »

Les noms inscrits sur le mémorial sont classés par unités. Ils sont 4.847.

 

Devoir de mémoire : phase 2

Arrivant à Chennai en janvier dernier, j’ai commencé à explorer votre pays qui devient le mien pour deux ans.

Parmi mes nombreuses découvertes,  j’ai visité le « Victory War Memorial » à l’extrémité nord de Kamarajar Salai : je ne fus qu’à moitié surpris de trouver marqués dans la pierre : Arras et French Flanders.

A plus de 8 000 kilomètres de distance, les pierres dressent un pont du souvenir. Elles agitent en nos mémoires les flammes d’un sacrifice commun. Elles crient « plus jamais ça ». Elles écrivent un appel, un hymne à la Paix Universelle.

Sauront-elles convaincre ?

http://memoiresdepierre.pagesperso-orange.fr/alphabetnew/r/richebourgindien.html

http://www.lavoixdunord.fr/region/l-hommage-aux-soldats-indiens-hie…

Alliance Française de Madras (Chennai) – Une belle discrète mais, Ô combien, efficace.

Copie de P1160560

Le 13 juillet dernier, le Consul de France, Pierre Fournier et la Consule Honoraire Raja M. Kausalya Devi étaient accueillis au sein de l’ « Alliance Française of Madras » (sic) par le conseil d’administration, l’équipe d’encadrement, les personnels et les élèves de l’établissement pour célébrer le 60ème anniversaire de l’association de Chennai.

En 1953, Chennai s’appelait encore Madras et l’Alliance Française prit donc le nom qu’elle a conservé depuis. C’est est « une association franco-indienne à but non-lucratif qui a pour mission d’enseigner la langue Française en proposant des cours de français à tous les publics de Chennai et du Tamil Nadu grâce à ses antennes de Trichy, Coimbatore et Madurai. L’Alliance est notamment un point de rencontre entre la culture Française et Indienne. Elle a aussi pour mission de mieux faire connaitre la culture Française, les cultures francophones et de favoriser la diversité culturelle en mettant en valeur toutes les cultures.”.

Le Consul Pierre Fournier souligne l'importance de la mission de l'Alliance Française

Le Consul Pierre Fournier souligne l’importance de la mission de l’Alliance Française

La tâche accomplie depuis sa création est remarquable. Des milliers d’élèves sont venus apprendre la langue et la culture de notre pays. L’année dernière, ils étaient près de 3 000 élèves répartis su 6 niveaux de langue. D’après l’encadrement, elle veut rester discrète, encore actuellement, par manque de moyens humains, logistiques et financiers. Il est vrai que l’essentiel de ses subsides provient d’entreprises françaises partenaires et, dans ses propos, Pierre Fournier ne manqua pas de saluer l’engagement, entre-autres, de Michelin dans cette mission.

 L’Alliance Française de Madras recherche des livres neufs pour les mettre à la disposition des élèves:

1)      les plus jeunes ont 10 ans et se tournent avec plus de facilité vers les bandes dessinées pour découvrir le Français. Parmi les thèmes les plus recherchés : Astérix, Tintin, Boule et Bill, Spirou, Lucky Luke… mais bien sûr des textes français d’origines. (pas de BD américaines traduites)

2)      des œuvres de la littérature française traduites en anglais.

Revenant en France début septembre, je pourrai faire office de convoyeur.

étudiants de la langue et culture française par passion

étudiants de la langue et culture françaises par passion

“J’aime la France!” : étant intervenu dans une classe de niveau 3 pour parler du 14 juillet en France, à la fin de l’entretien, je me permis cette question: “Pourquoi apprenez-vous le Français?”. En effet, je m’étonnais qu’autant de jeunes indiens investissent une part non négligeable de leur maigre temps libre pour l’étude de notre langue. Les réponses furent unanimes: “Parce que nous aimons la langue et le pays!”.

ll existe 16 Alliances Françaises en Inde (Ahmedabad, Bangalore, Bhopal, Chandigarh, Chennai, Goa, Hyderabad, Jaipur, Karikal, Kolkata, Mahe, Mumbai, New-Delhi, Pondichéry, Pune et Trivandrum) et 1 au Népal.

« Depuis sa création en 1884, l’Alliance Française de Paris a aidé les Alliances Françaises élargir leur réseau dans le monde entier. En Juillet 2007, son statut a été modifié et il est devenu la Fondation Alliance Française. Cette fondation est officiellement reconnue comme une organisation à but non lucratif et représente le référent moral et juridique des Alliances Françaises dans le monde entier. » […]

La Fondation est financée conjointement par le ministère français des Affaires étrangères et le ministère de l’Education nationale qui contribuent à son budget et à la gestion de son effectif. Douze collaborateurs permanents travaillent à la Fondation. Son conseil d’administration est composé de personnalités de renom comme Hélène Carrère d’Encausse, secrétaire perpétuel de l’Académie française, écrivain Eric Orsena, le journaliste Bernard Pivot. Ses sponsors, CIC-Banque Transatlantique, les Laboratoires Pierre Fabre, le Cordon Bleu, Total, constituent une école active. Ses principaux bailleurs de fonds, parmi lesquels se trouve Pierre Moussa, fondateur de Paribas, ont également un siège là-bas.

Pour en savoir plus, vous pouvez visiter le site Web de la Fondation Alliance Française: www.fondation-alliancefr.org/

Alliance Française de Chennai : http://madras.afindia.org/fr/qui-sommes-nous/dgaf

LE RÉSEAU SOCIAL DES ÉTUDIANTS DE L’ALLIANCE FRANÇAISE DE MADRAS      http://french-collegeroad.ning.com/

L’Inde malade de son sexisme envers les filles

Etienne s’interroge:

J’ai beau lire et relire les « grands textes » des cultures, des philosophies et des religions Indiennes, mais je n’y trouve que des leçons dont la sagesse et la simplicité auraient dû éclairer depuis longtemps notre Occident si imbu de ses « richesses » et si prompt à vouloir les imposer par tous les moyens… Et pourtant dans les écrits indiens, je cherche la « Femme » ou plus simplement la femme, celle du quotidien, notre alter-ego, le complément indissociable de l’homme. Le Ying-yang ne serait-il, ici, qu’une vue de l’esprit, l’élucubration d’un sage-alibi, un symbole en en trompe-l’œil?
Les mots de Christine Ayagam sont révélateur de la réalité au quotidien de la vie des femmes indiennes. Comment autant de sagesse millénaire peut-elle coexister avec tant de barbarie? Comment un pays qui porte des femmes aux plus hautes fonctions politiques, peut-il encore accepter cet état de fait?
La culture chrétienne a fait reposer sur les épaules des femmes, le « péché originel » et, sous ce prétexte, la déconsidérer et la complexer pendant des siècles. Eve a-t-elle son pendant dans la culture indienne? Quelle faute expient-elles au quotidien?

L’Inde: le choc des civilisations

Comment l'Inde se sortira de ce combat de Titans?

Comment l’Inde se sortira de ce combat de Titans?

Ce ne sont pas quelques mois en Inde qui me permettent une analyse de la situation du pays. Aurais-je encore dix années de présence que je ne serais jamais qu’un observateur l’œil rivé du mauvais côté de la lorgnette. Néanmoins, je me risque d’apporter quelques réflexions à partir de cette photo qui me semble riche en symboles.

La photo : Nous sommes sur OMR, une double voie rapide de vingt-trois kilomètres coupant le sud de la région de Chennai en deux. Cette voies est destinée à la circulation des véhicules à moteur et est limitée – théoriquement – à 40 km/h. Des passerelles, réparties inégalement, permettent aux piétons de franchir la chaussée.

Regardez cette femme en habit traditionnels au centre de la photo. Elle traverse en remontant face au flot des véhicules. Arrivée sur le muret central qui sépare les deux voies, elle se retournera pour affronter la marée mécanique qui coule en contresens. Pour moi, cette femme symbolise l’Inde traditionnel confronté au XXIème siècle. Ce pays qui revendique 9000 ans d’existence  est confronté  à une lutte titanesque.  Regardant vers l’Occident avec envie, il met toute son énergie à copier le modèle qui lui semble porteur d’avenir. Mais à quel prix? Doit-il renoncer à sa Culture, à ses presque cent siècles de vie? Cette tradition, je la compare à cette vielle femme affrontant, à contresens, la circulation au péril de sa vie dans l’indifférence générale. Le jour de la prise de vue, elle a atteint son but. Mais en sera-t-il de même demain et après-demain? L’Inde doit-elle enterrer ce qui la bâtit, doit-elle renier ses fondations? Désormais, les hommes s’habillent à la mode européenne ou américaine. Personnellement, j’étonne les indigènes avec mes chemises indiennes. Désormais, les temples qui dominaient, il y a peu, leurs quartiers, sont écrasés par les tours de plus en plus nombreuses et imposantes des entreprises ou des logements collectifs. Le pays qui sera bientôt le plus peuplé au monde reniera-t-il ses dieux? Les pratiques religieuses y sont encore très vivantes, mais pour combien de temps? La loi de l’économie et des marchés va-t-elle balayer les lois divines dans ce pays champion de la tolérance des croyances et des idées?

Regardez cette moto sur la gauche: Sur la route, celui qui a la chance d’avoir une automobile est roi. Mais combien plus nombreux roulent en deux roues. La famille au complet se transporte en deux roues. Sur des engins en plus ou moins bonne santé mécanique, il n’est pas rare de voir des groupes de quatre personnes. Pour suivre le mouvement du progrès à tout prix, la prise de risques est maximale. On demande aux usagers de porter la casque. Les campagnes portent leurs fruits: on voit de plus en plus des conducteurs casqués, mais la femme assise derrière est uniquement protégé d’une tresse de fleurs dans les cheveux. Pour les enfants… rien.

Regardez ces jeunes sur la droite: Un jeune motocycliste est tombé en panne; Certains se sont arrêtés pour lui porter secours. Mais, ils ne se mettent pas à l’abri d’autre côté du muret: d’autres véhicules en tout genre y circulent et ils n’y seraient sans doute pas plus en sécurité. Conséquence des temps modernes, il faut toujours aller plus vite, au péril même de sa vie et de celle de sa famille et des autres. Il est vrai que l’Indien ne porte pas sur la vie, le même regard qu’un occidental.

L’Inde saura-t-elle conjuguer les richesses du passé et celles du présent pour composer un avenir qui modèlera l’Avenir de la Planète toute entière?

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Un miracle de pierre: Mahäbalipuram

Depuis notre arrivée au Tamil Nadu, cela a été notre premier éblouissement tant le travail de l’homme à magnifier la pierre atteint ici des sommets.

Ici tout est pierre et sur cette pierre a été construit un royaume. La pierre sous le maillet et le ciseau, et surtout sous le talent, raconte un histoire au plus grand des lettrés autant qu’aux plus humbles, aux esprits lus plus simples qui ne savent ni lire ni écrire. Ce livre de granit et parfois de marbre, buriné aux VIIéme  et VIIIème siècles, nous conte l’histoire des rois, des guerriers, des commerçants, des mendiants. Nous conte l’histoire des fous, nous conte l’histoire des sages. Nous conte l’histoire des dieux. Cette mémoire de roc par son chant lapidaire célèbre les rapports de l’Homme et de l’Univers.

Ici rien n’est rapporté. Même les sculptures internes des temples sont taillées directement dans le roc.

pour en savoir plus: http://whc.unesco.org/fr/list/249/

Sorcellerie

La presse écrite indienne est en constante progression de lectorat.

La presse écrite indienne est en constante progression de lectorat.

Je lis depuis deux jours sur mon eBook un livre de 1904 intitulé: « La magie dans l’Inde antique » (édition gratuite Cultura). Point n’est besoin de remonter à l’antiquité pour rencontrer la magie. Ce matin, 26 avril 2013, un article du « Hindu » titre : »Un devin lacéré à mort par un groupe de cinq personnes à Choolai. » [….] Selon la police, [la victime] pratiquait la divination et la sorcellerie. […] Le sorcier est soupçonné par son voisinage d’avoir causé le suicide de deux personnes de son quartier.

nous avons nourri les oiseaux…

« nous avons nourri les oiseaux » ou comment sauvegarder ses traditions malgré tout.

Nous avons remarqué dès notre installation dans l’immeuble que chaque matin des motifs ornaient les seuils des appartements occupés par des familles indiennes. Ces dessins  sont faits d’une poudre blanche très volatile. Le passage et les courants d’air mettent moins d’une journée pour effacer ces œuvres éphémères.

Notre amie Sahana nous a dévoilé la clé du mystère. L’habitat en appartement est une notion récente dans la vie des Indiens. Ce dessin

nous avons nourri les oiseaux

nous avons nourri les oiseaux

est un message qui signifie : « nous avons nourri les oiseaux ». Mais encore. La coutume veut que la famille, dès le matin, partage le petit-déjeuner, puis madame fait son ménage et le termine en jetant sur le seuil de la demeure les miettes du premier repas de la journée. A ce moment, les oiseaux se précipitent pour la becquée. C’est le signal que désormais la maison est en ordre et que ses occupants peuvent accueillir les visiteurs.

Les longs couloirs de nos immeubles n’accueillent pas les oiseaux et il serait mal-venu de jeter les restes du repas dans le passage. Alors pour perpétrer la tradition et signaler aux visiteurs potentiels qu’ils peuvent être accueillis, la maîtresse de maison, au gré de son inspiration, dessine chaque matin avec de la farine ce « mandala » du bon accueil.

entrée en matière…(03) dans le Temple

thiruneermalai_perumal_temple2Le temple où j’ai été conduit et celui de Thiruneermalai. Ce nom signifie la montagne entourée d’eau(?). Cet édifice fait partie d’un ensemble de 108 temples désignés sous l’appellation de Desams Divya. Ils sont tous consacrés à Vishnu ou ses avatars. Ces lieux de culte ont été célébrés par 12 poètes: les Alvars.

Les Alvars, en tamoul « ceux qui sont immergés en Dieu », étaient des saints et poètes tamouls de l’Inde du Sud, qui vivaient entre les VIème et IXème siècles en adhérant à la « dévotion émotionnelle » ou bhakti envers Vishnu et Krishna, dans leurs chants extatiques.(wikipedia)

Cela nous permet de situer la construction avant ou durant cette période.

Quand Thirumangai, l’un des Alvars, a visité ce temple, la colline a été entouré par l’eau et il a dû attendre six mois pour obtenir le darshan du Seigneur d’où le nom Thiruneermalai (Neer – eau?). L’ endroit où Thirumangai a séjourné pendant son attente est toujours connu comme Thirumangai Alwarpuram.

Le sanctuaire intérieur du temple hindou est appelé Garba griha (habitation de l’embryon). Le sanctuaire est situé au centre du temple, et sa seule ouverture est face à l’est. Les plus anciens sanctuaires hindous étaient des dolmens, pierre plate, dalles verticales et horizontales formant une pièce carrée au centre d’une borne murale. Les dieux les plus importants, Moolavar sont nichés au centre des temples. Ainsi que les images qui les entourent , ils sont précisément situés aux points correspondant aux énergies qu’ils représentent sur ​​le plan magique.

 

Entrée en matière, de plain pied (02)

Nous franchissons le portique de l’enceinte grise presque noire. Seul le soleil à son zénith sait tirer quelques lueurs de la pierre sombre érigée en muraille. Nous nous dirigeons vers la droite. Un escalier de rocs taillés nous élève vers un premier temple. Notre guide nous fait enjamber la marche de seuil. Elle est ferrée et cloutée sur toute sa longueur. Péniblement, la lumière du dehors éclaire l’espace réduit. Sur notre droite, une espèce de cellule bardée d’un croisillon métallique enferme quelques statuettes et vestiges lapidaires. Au fond du vestibule, deux femmes prient, collées à une grille identique, un dieu qui semble se cacher dans un recoin. Nous tournons à gauche. Une main me pousse dans le dos et me voilà le premier d’une procession de sept pèlerins.  Sans doute la même main m’écarte sur la droite du couloir. Quatre d’entre-nous se serrent, alignées sur la gauche. Nous nous figeons. Mes yeux s’habituant à la pénombre, je commence à distinguer, dans l’exiguë pièce suivante, une statue à la face noire fleurie de colliers multicolores. De la gauche, surgit un prêtre à la carrure imposante, torse nu, jupe blanche. Le front est blanchi de deux coulées parallèles. Les gestes sont gracieux. Une mélodie imprécatoire s’exhale de sa bouche dont les lèvres bougent à-peine. Il promène dans l’espace, de gestes lents et mesurés, une lampe à huile. La lumière vacillante nous révèle, par parcelles, l’objet de son culte et les rend aussitôt à l’obscurité dévorante du saint-des-saints.  Depuis l’apparition de l’officiant, tous nous avons les mains jointes à hauteur du sternum. Ayant abandonné son fanal, il vient vers nous et nous distribue, à chacun, une touffe d’herbe que nous serrons entre nos mains jointes. Retour aux prières. Il revient bientôt vers nous et verse dans nos mains tendues en coupelles, de l’eau dont nous buvons une gorgée puis aspergeons notre tête et notre face. Retour aux prières. Il revient une dernière fois vers nous et nous remet, encore une fois, de l’herbe que, cette fois, nous mangeons.. Une dernière prière. Nous quittons le boyau des dévotions.

Je demande à notre guide quelques explications sur ce que nous venons de vivre. Il veut nous faire rencontrer l’officiant. Malheureusement ce dernier ne parle ni Français, ni Anglais.Dommage.

Nous sortons dans la cour écrasée du soleil de midi. Face à nous, un homme prie face à une imposante statue qui domine toute la cour. Il finit sa dévotion d’un contournement dextrogyre de la pierre sculptée. Je monte quelques marches et me dirige vers un autre petit temple et y rencontre un prêtre qui me débite, à toute vitesse et en Anglais, les débuts immémoriaux (?) de son culte et de son temple. Sa logorrhée m’échappe quelque peu. Beaucoup même. Mais l’heure n’est pas aux questions: il est 12h30. L’homme se retourne et ferme d’une grosse clef de fer, l’accès de son lieu de culte, tout en me précisant qu’il serait de retour à 16h00. Il espère, sans doute que je l’attende. Peine perdue, la mobilisation de mon chauffeur, de mon guide et de Mamadou ne me permettent pas cette liberté. Je reviendrai.

Depuis, j’ai fait quelques recherches fructueuses, mais il vous faudra patienter quelque peu.

à suivre

http://chennai-temples-avdevan.blogspot.in/

http://divyadesam.com/hindu/temples/chennai/tiruneermaialai-temple.shtml

http://goo.gl/maps/CO3UF

https://maps.google.com/maps?hl=fr&tab=ll